13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 12:38

Les Echos  12 mars 2013  

En Bretagne, chez Gad et Doux à peine 10% des salariés licenciés ont retrouvé un emploi pérenne

Plus d’un an après la fermeture de l’abattoir de Gad la quête d’un emploi est difficile pour les salariés licenciés en dépit d’un arsenal de mesures d’accompagnement impressionnant et d’une mobilisation des professionnels de l’agro-alimentaire local. Chez Doux seulement 10% des 353 personnes licenciées ont retrouvé un emploi fixe.

Manifestation de salariés de Gad - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Manifestation de salariés de Gad - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

 

Pas facile pour les salariés licenciés de chez Doux et Gad de rebondir. Les chiffres sont cruels. Pour l’ abattoir de porcs du groupe Gad qui a fermé ses portes l’an dernier, « sur les 661 personnes dont on a la charge, 43 sont désormais en CDI soit à peine 5% du total », indique Sébastien Tillon du cabinet Altédia choisi pour trouver des solutions de reclassement. Il est vrai que sa mission d’accompagnement a démarré seulement en novembre dernier. Une trentaine de consultants d’Altédia sont sur le terrain au quotidien pour aider l’ex-personnel de Gad. Ils sont épaulés par Adventia, un autre cabinet de ressources humaines. 52 salariés suivent une formation qualifiante de plus de 300 heures pour devenir boucher, employé de plate-forme logistique... et 19 occupent un poste en CDD long de plus de six mois.

Pour les autres, il n’y a pas à ce jour de réelle perspective. Les équipes de cellule de reclassement installée à Lampaul Guimiliau, là où a été fermé l’abattoir de porcs du groupe Gad, tentent de mettre les petits plats dans les grands pour aider ces chômeurs. 200 d’entre eux ont cependant manifesté en décembre dernier leur mécontentement car ils se trouvent mal ou pas assez accompagnés. Pourtant, outre Altédia, une équipe de Pôle Emploi est en permanence sur place. Les personnes sont « peu mobiles » constate Sébastien Tillon. Rares sont celles qui acceptent de se déplacer à plus de 50 kilomètres de leur lieu de résidence. Elles sont souvent en « difficulté financière » et hésitent à quitter leur commune, voire à envisager de vendre leur pavillon pour s’installer ailleurs.

3,5 millions versés par Doux pour le reclassement

Chez Doux, le recul est plus important puisque les licenciements ont été effectués il y a maintenant 18 mois, mais les résultats ne sont guère plus probants. D’après Jean-Marc Thépaut du syndicat CFDT qui effectue un pointage précis « seulement 10% des 353 personnes licenciées des établissements du volailler Doux situés dans le Morbihan ont retrouvé un emploi pérenne dans l’agroalimentaire, la grande distribution ou la logistique. Le pourcentage est quasi identique dans tous les autres sites du groupe » qui s’est séparé de plus de 1.000 salariés en 2013. Face à la faiblesse des résultats, une « cellule de post Contrat de sécurisation professionnelle » a été créée en janvier dernier. Elle est pilotée par le cabinet Catalys Conseil qui a jusqu’à l’été pour améliorer la situation dans tous les sites concernés de Doux. Catalys Conseil dispose d’une partie des 3,5 millions d’euros versés par Doux pour le reclassement. « Nous avons besoin de temps pour repositionner les salariés sur des bassins d’emplois difficile » reconnaît Katell Lefeuvre chargée du dossier Doux chez Catalys Conseil

En agglomérant l’ensemble des cas, Nadine Crinier, directrice régionale de Pôle Emploi Bretagne estime que pour Doux, le reclassement est de 39,4%, un pourcentage qui prend en compte tous les types de contrats, CDI, CDD courts et longs, temps partiel... Elle insiste sur « le comportement citoyen » des dirigeants de la région qui cherchent à recruter en priorité des « personnes licenciées de Doux et de Gad ». Une bourse à l’emploi dans l’agro-alimentaire a été ouverte par Pôle Emploi. La préfecture de Bretagne vient d’en donner les premiers résultats : 1123 offres ont été collectées et 1023 ont été pourvues. Ces chiffres sont à relativiser puisque plus de 300 propositions de postes concernent Gad qui a renforcé son seul abattoir encore existant de Josselin dans le Morbihan.

Le Pacte d’avenir pour la Bretagne signé en décembre dernier par le Premier ministre Jean-Marc a prévu un arsenal de mesures d’urgence. Chaque sous-préfet concerné est chargé de coordonner les acteurs pour prospecter et d’accompagner les projets des entreprises en développement . Une enveloppe de 12,5 millions d’euros sous forme de prêt est libérée par BPIfrance pour aider les PME des territoires fragilisés. Les possibilités de micro-crédit vont également être renforcées. Les besoins vont être importants car le 31 mai prochain, le groupe Marine Harvest entame sa restructuration. Il va fermer ses deux usines bretonnes de transformation de saumons, près de 400 emplois vont être supprimés.

Stanislas du Guerny

 

 

 

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Published by Aurore Boréale
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ArMenBreizh 18/03/2014 13:36

A décharge on peut constater qu'il y a plus de 500 personnes en formation sur les 680 licenciées. Sont elles toutes terminées ? Quels étaient les objectifs initiaux de ces formations ? mobilité ?
reconversion ? création d'entreprise ? perfectionnement ? mise à jour ? etc.

A priori, il est naturel de penser qu'avant chaque formation un plan d'action a été mis en place vers un objectif personnalisé. Tout le travail d'un cabinet d'outplacement se trouve ici, avec la
création d'un "réseau" à même de favoriser le retour à l'emploi des ex salariés de Doux. Qui vérifie que les moyens adéquats ont bien été mis en place ? d'expérience je dirais la DRH de Doux
collégialement avec les IRP. Mais sont ils en capacité aujourd'hui de faire ce travail ? ont ils de l'expérience en ce domaine pour le faire ?

Pas grand chose dans l'article mentionné dans le post de m. abhervé à ce sujet, dommage. Y compris sur ce qui est sous entendu par un outil mal adapté de pôle emploi ? même si on s'en doute un peu
pour le pratiquer au quotidien, des précisions auraient été les bienvenues, ne serait ce que pour identifier la teneur des dégâts !

Michel Abhervé 15/03/2014 09:41

Dans Ouest France

"Doux : Que sont devenus les ex-salariés du volailler ?"

"En début d'année, la CFDT avait interrogé par courrier 142 ex-salariés morbihannais de Doux. « Ils nous disent se sentir seuls dans leurs recherches avec un outil de placement Pôle emploi mal
adapté », soulignait le syndicat. Une tragédie sociale qui ponctue les errements économiques d'une entreprise biberonnée aux subventions européennes. Et qui n'a pas voulu ou su se diversifier à
temps."

sur
http://www.brest.maville.com/actu/actudet_-doux-que-sont-devenus-les-ex-salaries-du-volailler-_fil-2511480_actu.Htm?abo=698441&serv=19&utm_source=newsletter&utm_medium=email_interne&utm_campaign=lettre_information_maville&utm_content=actualite&xtor=EPR-300-[lettre_information_maville]-20140315-[actualite]-698441@2

Jean-Pierre NGUYEN 14/03/2014 23:35

Bonsoir à toutes et à tous,

Pour avoir en portefeuille des ex-LU virés il y a plus de dix ans par le groupe Danone (en situation extraordinairement bénéficiaire pour les actionnaires touchant des dividendes majorés), seuls 10
% ont retrouvé un emploi et parfois à 50 % de leurs anciens salaires.

Bonne chance aux bretonnes et bretons travaillant dans l'agro-alimentaire,

Jean-Pierre NGUYEN

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