16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 22:50

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Le Monde  16 avril 2014  (Sandrine Blanchard)

Aurélie Filippetti intervient en faveur des intermittents

Aurélie Filippetti prend à nouveau la défense  des intermittents du spectacle. Interrogée, mercredi 16 avril sur Radio Classique, la ministre de la culture a assuré que la disposition concernant les délais d'indemnisation – prévue dans l'accord sur l'assurance-chômage signé samedi 22 mars entre les partenaires sociaux (à l'exception de la CGT et de la CFE-CGC) – allait être « corrigée ».  

Cette mesure, qui modifie le « différé », c'est-à-dire le délai entre le moment où une personne termine son contrat et celui où elle perçoit ses allocations chômage, est « une faute », « une erreur », « une mesure inacceptable en l'état », a insisté la ministre. « Si l'accord n'a pas été ratifié, c'est parce que des discussions sont encore en cours pour remédier à ce problème particulier », a-t-elle expliqué en précisant que « le ministre du travail, François Rebsamen, avait conscience du problème ».

    Véronique Descacq, numéro deux de la CFDT et négociatrice de l'accord sur l'assurance-chômage, ne décolère pas : « Aurélie Filippetti parle à tort et à travers et ferait mieux de laisser les partenaires sociaux travailler. L'Unedic, ce n'est pas ses affaires ». Selon la syndicaliste, « la règle du différé n'a rien de scandaleux, ni d'inéquitable, il y a juste peut-être quelques situations à régler. La ministre est sous influence et épouse la cause de la Coordination ». Cette dernière, ainsi que la CGT-Spectacle, contestent depuis plusieurs jours cette nouvelle disposition estimant qu'elle touche les plus bas salaires et réclament que l'ensemble du texte ne soit pas agréé par le ministère.  

 

UNE MOBILISATION PRÉVUE AU PRINTEMPS DE BOURGES

 

« Tant mieux si le différé est modifié, mais la méthode ne va pas car elle relève d'un déni de démocratie, de négociations de couloir auxquelles nous ne sommes pas associés », regrette Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT-Spectacle. A quelques jours d'une nouvelle mobilisation des intermittents, prévue vendredi 25 avril à l'occasion du Printemps de Bourges, « Aurélie Filippetti essaie d''éteindre l'incendie », estime-t-il.

« La stratégie de la ministre s'apparente à du toilettage avant les festivals et les risques de perturbation ; le problème de fond n'est pas le différé mais que le protocole de 2003 soit reconduit et que les propositions du Comité de suivi n'aient pas été étudiées », considère, de son côté, Samuel Churin, porte-parole de la Coordination des intermittents. Il rappelle que François Rebsamen avait signé dimanche 9 mars, avant de devenir ministre du travail, le texte des propositions alternatives du Comité de suivi.

    Des discussions sont actuellement en cours entre le patronat et les syndicats pour qu'un texte remanié aboutisse en fin de semaine. Reste à savoir comment sera réorganisé le délai d'indemnisation, le Medef refusant que la modification entraîne des surcoûts. L'accord du 22 mars est censé dégager 165 millions d'économies grâce au différé mais aussi grâce au plafonnement du cumul allocation chômage/revenus d'activité et à la hausse du taux de cotisations. « Cet accord est insupportable dans son ensemble : on ne peut pas faire des économies sur le dos des chômeurs en période de crise. Le différé n'est qu'un épiphénomène. Le surcoût de cotisation, par exemple, va faire beaucoup de mal aux petites compagnies », insiste Samuel Churin.  

Les intermittents avaient reçu, vendredi 4 avril, le soutien de nombreux directeurs de centres dramatiques nationaux, de metteurs en scène, de comédiens et de cinéastes demandant à la ministre de ne pas agréer l'accord. Il n'est pas certain que la simple révision du différé calme la « colère » des intermittents

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Published by Aurore Boréale
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commentaires

Léon ne lâche rien 23/04/2014 20:13

Communiqué du 23 Avril 2014-04-23 et texte non lu à l’action.

Nous sommes ici chômeurs, précaires, intérimaires, intermittents, avec ou sans papiers, car nous sommes solidaires de nos camarades postiers en grève depuis 85 jours.

Notre lutte pour les droits sociaux nous concerne tous.
Quand La Poste ne pérennise pas ses contrats courts, elle précarise les salariés.
Nous connaissons depuis longtemps la réalité de l’emploi discontinu. Cette discontinuité est en train de devenir la norme pour les salariés de tous les secteurs d’activité, mais imposée, subie.
Lorsque plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé, le patronat peut exercer une pression sur les salariés dits « stables », pour leur imposer une flexibilité accrue, avec le chantage habituel
: « C’est çà ou le chômage ! »

Nous devons refuser que les politiques patronales de la peur dégradent les conditions d’emploi et détruisent les droits sociaux !

De plus, en tant que citoyens, nous défendons la notion de service public et quand on précarise les salariés de la poste, on précarise le service public.

Vous, membres de la direction de La Poste, vous êtes les garants d’une entreprise publique. Vous ne pouvez pas vous comporter comme n’importe quel patron de multinationale, vous vous devez d’être
un modèle d’employeur.

Comme nous demandons au gouvernement d’être le garant de la justice sociale en n’agréant pas les accords d’assurance chômage du 22 Mars, nous vous demandons d’être garant de conditions d’emploi et
de travail décents.

La direction de La Poste, par ses vigiles, a bloqué les entrées et nous n’avons pas pu la rencontrer. En revanche nous avons rencontré la police. La centaine de cadres obligés d’attendre devant
l’entrée, a été choquée de la violence de la dispersion de la manifestation.

Conclusion : Pour La Poste, quand on veut des droits on est : « persona non grata ».


Ce que nous défendons, nous le défendons pour tous.

Sdine 23/04/2014 10:32

Puis je conseiller le livre de Mathieu Grégoire "Les intermittents du spectacle, enjeux d'un siècle de luttes" (LA DISPUTE-Travailetsalariat)?
Et aussi l'intervention du même Mathieu Grégoire à l'Ass. Nationale le 20/12/12 "Le déficit des annexes 8 et 10 des intermittents n'existe pas" ?
http://www.ies-salariat.org/spip.php?article145
La liberté d'expression, y compris dans l'anonymat des forums façon café du commerce, d'accord, mais quand on ne sait pas de quoi on parle, on est facilement à côté de la plaque, c'est à dire hors
sujet.

Marcel 18/04/2014 10:22

Ce qui est significatif, c'est que les pouvoirs publics parlent d'une erreur à "corriger", comme si ça avait été un bug dans un système informatique. Une bonne leçon pour les gens en difficulté qui
voudraient se mobiliser comme les intermittents : il suffit aux gens qui nous gouvernent d'appuyer sur un bouton pour que tout refonctionne comme de raison.

Jacques Heurtault 18/04/2014 01:39

le moins que l'on puisse en dire, c'est que la division s'installe ... Au fait, doit-on dire "s'installe" ou bien "se révèle"? Perso, je penche pour la deuxième formulation!

Krymsky 17/04/2014 23:09

Merci Aliénor pour ce morceau d'anthologie de manipulation de langage ! toujours plus forts ! Un bijou.
Pour une fois que les cotisations des employeurs augmentent...sont pas contents !
Moi j'ai dit connivence ?

Aurore-Boreale@orange.fr

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