4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 00:23

 

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Le Monde  3 février 2014 (JB Chastand) 

Le naufrage du marché des cabinets de placement 

Les soupçons d'irrégularités ne sont pas les seules difficultés que rencontre C3 Consultants, qui prétend être le leader français des opérateurs privé de placement (OPP), avec près de 600 salariés. Selon les informations du Monde, son président, Thierry Frère, a annoncé vendredi 31 janvier en comité d'entreprise, qu'il allait mettre lundi 3 février en cessation de paiement C3 Atlantique, le navire amiral du groupe – constitué en tout de quatre sociétés.

    En procédure de conciliation depuis septembre, l'entreprise devrait être placée sous redressement judiciaire le 5 février par le tribunal de commerce de Nantes. M. Frère refuse de s'exprimer sur le sujet, mais selon un cadre du groupe, l'entreprise afficherait un endettement proche des 9 millions d'euros. Spécialisée dans le suivi des chômeurs, notamment pour Pôle emploi, C3 Consultants a grossi rapidement en rachetant successivement plusieurs de ses concurrents en faillite, comme CLAF ou le cabinet Initiative.  

Deux entreprises qui ont fait l'objet de sanctions de la part de Pôle emploi pour leur non-respect du cahier des charges. Pour payer les OPP, Pôle emploi réclame des preuves que les entretiens ont bien eu lieu. « Nous avions 200 chômeurs à suivre, alors que cela ne doit normalement pas être plus de 60. Les dossiers faisaient l'objet de truandages avec des fausses dates d'entretiens ou des fausses signatures de chômeurs », raconte une ancienne conseillère d'Initiative, dont le patron, Franz Rubichon, a été embauché par C3 après le rachat.

   

COÛT TOTAL DE 300 MILLIONS D'EUROS POUR PÔLE EMPLOI

   

Le Monde s'est procuré plusieurs courriers de consultants de C3 envoyés à l'inspection du travail pour dénoncer des pratiques similaires. «Faire signer les chômeurs pour des rendez-vous qu'ils n'ont pas eu en les menaçant de radiation est courant, défend une déléguée syndicale de C3, sous couvert d'anonymat. Mais je dois avouer que les salariés collaborent dans leur majorité, soit parce qu'ils tiennent à leur poste, soit parce qu'ils se disent que c'est le juste retour des choses parce que les cahiers de charges ne permettent pas de vivre décemment. »

Un conseiller raconte notamment que les dossiers d'Initiative récupérés pas C3 font actuellement l'objet de traitement pour être facturés à Pôle emploi : « Beaucoup ont des anomalies de date et ne sont pas facturables. Nous réécrivons les comptes-rendus des autres pour les rendre présentables. »

Le marché des OPP a explosé depuis 2007 et le début du recours aux entreprises privées par l'ANPE et l'Unedic. En 2012, 240 000 chômeurs sont passés par un organisme privé, pour un coût total de 300 millions d'euros pour Pôle emploi. L'organisme a ouvert une grande consultation cet hiver avant de lancer ses nouveaux appels d'offres pour remplacer ceux attribués en 2011 qui arrivent à terme d'ici la fin de l'année.

La logique de la direction est de réduire le recours à ces OPP, dont les résultats en termes de retour vers l'emploi ne sont pas meilleurs que Pôle emploi, selon les études de l'organisme. Le naufrage économique de plusieurs gros acteurs du secteur plaide également en ce sens.

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Published by Aurore Boréale
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commentaires

Jacques Heurtault 07/02/2014 10:09

Ayant été recruté afin de participé à la mise en oeuvre de "la modernisation de l'ANPE", j'ai, bille en tête, agi, à ma façon, dans cette direction! Impeccable logique ...

Je n'avais donc pas à "comprendre" mes collègues ... C'était à eux de prendre acte qu'il fallait oeuvrer à la modernisation de l'ANPE.

Mal m'en a pris! Je n'ai pas compris que c'était la plus grande partie pour ne pas dire la quasi totalité du "grand corps malade" ANPE qui était atteint, de la base au sommet!

D'où le hiatus que j'ai vécu pendant l'essentiel de ces années.

Marie 07/02/2014 08:39

je n'ai pas été recalée...moi mais j'ai attendu d'avoir de la bouteille et de connaître le poste de conseiller à fond
de manière à savoir comment me comporter avec mes collègues et ne pas être une vielle conne (je pense "un vieux con").D'un rien tu as toujours l'habitude JH de faire une généralité et très souvent
aux dépends des collègues. C'est lassant! Je vais cesser à nouveau de nous lire....

Jacques Heurtault 06/02/2014 19:36

exact! Les conseillers principaux avaient rarement bonne presse ... La plupart des conseillers avaient les conditions de diplômes requises pour postuler comme conseillers principaux. Mais tous ceux
qui, après avoir été reçu comme conseillers tentaient le concours externe de conseiller principaux étaient systématiquement recalés ...
Pourquoi?

Marie 06/02/2014 13:14

Et non! 10 ont bien suffit pour impressionner la candidate au simple poste de conseiller que j'étais, tu sais celui qui va à tous les charbons.
Et il n'y avait que du "beau" monde si je puis dire DDA(s), autres grands pontes RH et la DRA, zéro syndicat..., . Je l'ai su longtemps après ne connaissant personne à l'ANPE mais par contre
j'avais derrière moi de longues et multiples expériences en entreprises diverses et variées en sus d'un parcours en FAC en parallèle. Participer aux recrutements n'est pas de tout repos
contrairement à ce que tu penses et il ne faut pas forcément être affilié à un syndicat ni être doté d'une queue de vache dans la main .
des cossards , il s'en trouve partout et à tous les niveaux. Les conseillers principaux avaient rarement bonne presse autant que je me souvienne

Jacques Heurtault 06/02/2014 10:27

Concours, pour ce qui me concerne! A l'époque c'était pour recruter des "Conseillers principaux"? Ca s'appelait comme ça. L'annonce parue dans Le Monde disait, à peu près ceci : "Dans le cadre de
sa politique de modernisation, l'ANPE recrute ... etc... Pour empêcher les candidats de postuler à la fois aux postes de conseillers et aux postes de conseillers principaux, les deux concours
avaient lieu le même jour!

10 personnes dans le jury? "Ils" auraient dû en mettre au moins 20 ... Tant qu'à faire!
Veux-tu que je te dise pourquoi il y en avait autant?
Deux raisons :
- Participer à un jury, c'est l'assurance de ne pas recevoir de demandeurs d'emploi pendant tout la duré des jurys.
- Il fallait aussi s'assurer que toutes les sensibilités syndicales soient "représentées" afin que le "SNU-ex-CFDT" ne fasse pas, seul, la loi! (et sur ce dernier point, ne vient pas me dire que ce
n'est pas vrai!).

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