14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 18:44

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AFP  14 novembre 2014

Le désarroi des conseillers de Pôle Emploi mis en relief dans un documentaire naturaliste

Paris, 14 nov 2014 - Avec "Pôle Emploi, ne quittez pas!", en salles mercredi, la documentariste Nora Philippe met en relief les effets dévastateurs de "la bureaucratisation des relations humaines", qui accable autant les conseillers de l'agence que les chômeurs.
Le film, tourné en immersion dans une agence Pôle emploi de Seine-Saint-Denis pendant trois mois au printemps 2013, montre, sans commentaire ni interview, le quotidien de quarante agents face à 4.000 demandeurs d'emploi.  

Leur mission, quasi impossible: "faire du chiffre", et "trouver du travail là où il n'y en a pas", résume la réalisatrice.  

"Je voulais aller derrière le guichet", explique la documentariste, qui a choisi d'utiliser une équipe cinématographique (cadreur, perchiste) plutôt que des caméras cachées traquant le dérapage. Un refus du sensationnel revendiqué par Nora Philippe qui cite le sociologue Pierre Bourdieu: "Le fait-divers fait diversion". 

Résultat: 110 heures de rushes résumées en 1H20, où la caméra, qui a su se faire oublier, capte des instants de vie et la violence sourde du chômage.  

"La violence est multiple", explique Mme Philippe. "C'est celle de l'impuissance et de la marginalisation", énumère-t-elle, s'emportant contre la "stigmatisation" des chômeurs. "En trois mois, je n'ai jamais vu de gens dans cette situation qui jubilent en s'en mettant plein les poches", affirme-t-elle. 

Une première version du film, amputée de 20 minutes, avait été diffusée sur la chaîne LCP en novembre 2013, causant l'ire de la direction de Pôle Emploi, qui avait pourtant collaboré à la réalisation. 

Une projection privée devant les conseillers qui avaient pris part au tournage avait été décommandée à la dernière minute. Nora Philippe, qui voulait s'expliquer auprès des agents, avait trouvé portes closes à l'agence.  

Un porte-parole de Pôle Emploi avait alors expliqué au Monde que "la direction régionale et la directrice de l'agence (s'étaient) senties trahies par la réalisatrice après avoir vu son film", justifiant l'annulation de la séance par crainte de "la réaction" des conseillers "vis-à-vis de Mme Philippe si elle était présente".  

Une version vivement contestée par la réalisatrice, qui évoque "un moment douloureux". "Ils m'attendaient avec du pop-corn dans l'agence. Ces personnes ont été terrorisées, il y a eu des pressions", affirme-t-elle. 

- 'Trop de demandeurs, pas assez de ressources' - 

Si certaines scènes montrent l'insensibilité du traitement réservé à certains demandeurs, le film humanise les conseillers, pris en tenailles entre un marché de l'emploi sinistré et des directives inapplicables. 

Épuisés par les "chamboulements informatiques", la "paperasserie" et une gestion des rendez-vous incompréhensible, ils ne demandent qu'à rencontrer les demandeurs d'emploi. 

"Soit on ne reçoit pas les travailleurs, soit on les voit en groupe", explique la directrice de l'agence dans le film. "Trop de demandeurs, pas assez de ressources", constatent les conseillers.  

Dans cette nouvelle mouture, la réalisatrice a ajouté quelques scènes mettant en avant les usagers, des "moments d'humanité, bouleversants et complexes". 

Comme ce chômeur qui voit sa formation annulée à cause d'un retard administratif, l'empêchant de partir travailler à l'étranger comme prévu. "Je suis de banlieue, je n'ai pas de vécu. Ça aurait été l'occasion de vivre quelque chose", dit-il dépité.  

Pour Mme Philippe, la "bureaucratisation des relations humaines" fait des victimes des deux côtés du guichet. "Ils viennent généralement du même milieu. Les employés de Pôle Emploi ne sont pas des nantis", remarque-t-elle. 

Un constat que la documentariste étend au-delà de l'agence. "Le film parle à toutes les personnes qui travaillent dans d'énormes structures de service public - comme l'hôpital, l'Education nationale - où l'on applique sans réfléchir des techniques de management brutales", conclut-elle.


LA BANDE-ANNONCE: https://vimeo.com/107142147

 

LE DOSSIER DE PRESENTATION: ICI

LES SEANCES: ICI

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 22:13

LES ECHOS  12 novembre 2014

Pôle emploi va étendre le suivi de chômeurs par Internet
 

 

L’offre «100 % web» de Pôle emploi sera étendue dès 2015. Elle permettra aux chômeurs d’effectuer leur rendez-vous par webcam. L’expérimentation a été concluante et des garde-fous sont prévus. Mais des syndicats craignent un service au rabais visant à compenser le manque de moyens humains de Pôle emploi.

Bienvenue au Pôle emploi 2.0 ! Dans le cadre de sa refonte du suivi des chômeurs, lancée l’an passé, l’opérateur mise de plus en plus sur le numérique et s’apprête à franchir un nouveau pas à forte portée symbolique : dès l’an prochain, des chômeurs pourront, sur la base du volontariat, être suivis uniquement via Internet, sans jamais se rendre dans leur agence. Le dispositif, baptisé « 100 % web » et testé depuis février dans onze agences, sera lancé dans cinq régions en janvier puis déployé dans tout le pays d’ici à fin mars. Sa généralisation a été annoncée la semaine dernière, dans le cadre de la présentation par le gouvernement d’une batterie de mesures de simplification administrative pour les particuliers. 

Une batterie de services accessibles en ligne

Le dispositif sera ouvert aux chômeurs jugés assez autonomes dans leurs recherches. A ce titre, il ne concernera pas les demandeurs d’emploi en accompagnement dit « renforcé ». Concrètement, les mails remplaceront les courriers, les rendez-vous se feront par webcams interposées et une batterie de services seront accessibles en ligne : chat avec son conseiller pour des questions immédiates, possibilité de demander à être rappelé, modules d’aides à la recherche (faire un CV, etc.), alertes sur les offres d’emploi... Charge au chômeur d’être équipé d’un ordinateur adéquat - une connexion haut débit sera nécessaire et le service ne sera pas accessible depuis un téléphone portable ou une tablette.

La forme de la relation changera, mais pas le fond  : les droits et devoirs des chômeurs resteront les mêmes. Rater un rendez-vous par webcam ou ne pas répondre à un mail pourront par exemple entraîner une radiation temporaire. Le chômeur suivi par Internet pourra à tout moment demander à bénéficier d’un rendez-vous en agence ou à revenir à un suivi classique, non dématérialisé. Ces garde-fous, et le point clef du volontariat, ont rassuré certains syndicats, comme la CFDT et la CFTC, qui ont donné leur aval au dispositif. Le bilan d’étape de l’expérimentation se veut aussi encourageant : plus de 9.000 chômeurs se sont portés volontaires et très peu ont ensuite demandé à sortir du dispositif. « Ils apprécient de gagner du temps et de s’épargner des trajets », indique Bernie Billey, déléguée centrale CFDT Pôle emploi. La quasi totalité des 91 conseillers qui ont assuré le suivi par Internet ont aussi jugé l’expérimentation encourageante. Dans sa logique actuelle de spécialisation des tâches, Pôle emploi va développer, là aussi sur la base du volontariat, des équipes spécialisées sur le suivi web.

La crainte d’un « accompagnement virtuel »

Reste que la mesure fait aussi grincer des dents. « Sous couvert de simplifier et de moderniser, le suivi 100 % web est avant tout un moyen de gérer le manque de moyens humains à Pôle emploi », dénonce ainsi Jean-Charles Steyger, du SNU Pôle emploi (FSU), opposé, comme la CGT, à la généralisation. Il craint qu’on force la main à certains chômeurs et que le suivi dématérialisé ne « se transforme en accompagnement virtuel » et « démonétise le travail des conseillers »« C’est le risque si on confie aux conseillers web des portefeuilles trop gros. Il faudra y être très vigilant », insiste aussi la CFDT.

A ce stade, Pôle emploi n’avance pas d’estimation du nombre de chômeurs qui pourraient être concernés et évoque un objectif cible d’une centaine de demandeurs d’emplois par conseiller, comme lors de l’expérimentation.

Derek  Perrotte



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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 11:17

20minutes 8 novembre 2014 

Une ex-députée européenne raconte ses premiers pas à Pôle emploi sur Facebook

C’est l'histoire d'une demandeuse d’emploi un peu particulière. Sandrine Bélier est une ancienne députée européenne Europe Ecologie Les Verts. Sans travail depuis sa défaite aux dernières élections, elle a raconté sur Facebook sa première visite à Pôle emploi, «un moment un peu déroutant», estime-t-elle.

Mon inscription à Pole Emploi : un moment un peu déroutant... En résumé et pour faire court : Un peu stressée, et piteuse à mon arrivée au centre de Pole emploi... J'avais préparé papiers d'identité, dossier, etc. La conseillère de pole emploi se plonge rapidement dans mon dossier. Elle relève la tête : "vous avez fait quoi entant que députée européenne, excusez moi, ma question est peut-être stupide...". Moi : "Non"... un peu décontenancée, je marque un premier silence et je lui demande si mon dossier est complet. Elle s'y replonge et pendant ce temps en 4 ou 6 minutes, je brosse rapidement 5 ans de mandat. Elle marque une pause : "mais vous n'allez pas arrêter la politique? vous allez vous représentez?". Moi : " Et bien d'abord, là maintenant, je cherche un emploi... et puis les prochaines européennes sont en 2019, dans 5 ans, les législatives, dans 3 ans, cela me laisse le temps d'y penser...". Elle : " il n'y a pas d'élections avant?'. Moi : après un silence... "si" et puis je reprends "mais avant, je souhaite trouver un emploi et enrichir mon expérience professionnelle". Elle : " si vous trouvez, vous me prenez avec vous?". Moi : silence... " oui si vous me trouvez le job aux conditions énoncées" (sourire). Elle : " cela ne devrait pas arriver, non je ne pense pas mais si cela arrive, je pars avec vous". Moi : Nouveau silence qui se prolonge (il faut avouer que j'ai été surprise par l'accueil et le traitement plutôt chaleureux...). Elle : " je voterai EELV la prochaine fois"... Moi : "merci"... S'en sont suivies les recommandations d'usage, la carte de demandeur d'emploi, la possibilité de demander le RSA à partir de janvier 2015, etc... L'entretien est fini, elle se lève pour me saluer et m'adresse encore un mot de soutien. Je suis repartie, un peu sous le coup de la surprise de cet accueil que j'ai apprécié humainement alors que j'imaginais ce moment tellement difficile, au point de le reculer de mois en mois,;-) C'est fait!

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 21:16

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Le Parisien 6 novembre 2014

Hollande sur TF1 : ce qu'il faut retenir des annonces sur l'emploi

Un nouveau contrat aidé pour les chômeurs de plus de 60 ans


Sur le plateau de TF1, François Hollande a annoncé, jeudi soir, la mise en place d'un nouveau contrat aidé pour les chômeurs seniors. Il s'adresse aux personnes de plus de 60 ans qui ne disposent pas de toutes leurs annuités. Ces dernières pourront prétendre à un contrat aidé, financé par l'Etat, qui s'ajoutera à  l'Allocation de solidarité spécifique (ASS) ouverte aux chômeurs de plus de 50 ans en fin de droit.

«Je ne peux pas accepter qu'une personne de 60 ans vive avec 500 euros par mois. Soit les entreprises prennent des seniors car vous apportez à l'entreprise tout ce que vous avez appris de la vie. Pour les personnes qui ont leur droit à la retraite, elles auront une prestation pour aller jusqu'à la retraite. Et pour les autres, un contrat aidé en plus de l'ASS, l'allocation de fin de droit», a déclaré François Hollande.

Avant de faire cette proposition, le président de la République est revenu sur le chômage des seniors, en progression de 11% sur an, à une vitesse deux fois supérieure à celles des autres tranches d'âges. «Il y a 800 000 personnes de plus de 50 ans au chômage. Il y a un million de personnes au chômage depuis plus de deux ans», a précisé le chef de l'Etat. 

Pour lutter contre le chômage des seniors, le gouvernement avait lancé en mars 2013 les contrats de génération qui permet aux entreprises de toucher des aides publiques à hauteur de 8000 euros par an en échange de l'embauche d'un jeune et du maintien dans l'emploi d'un senior. L'objectif de 75000 contrats la première année et 500000 sur la durée du quinquennat est loin d'avoir été atteint. Seuls 31000 contrats de génération ont été signés à ce jour.



15.000 emplois d'avenir «verts» pour les moins de 25 ans

Le président de la République a annoncé la création de 15.000 emplois d'avenir supplémentaires dans le cadre de la loi énergétique. Ces contrats aidés seront ouverts aux jeunes de 16 à 25 ans en situation de chômage sans condition de diplôme. Pour créer ces 15.000 emplois, François Hollande souhaite s'appuyer sur la loi de transition énergétique.

«Il y a les enjeux de la rénovation énergétique, du climat. C'est un grand enjeu pour le monde, avec la loi sur la transition énergétique qui est en train d'être discutée. Nous aurons besoin de personnes. Avec cette loi, on va créer 15 000 emplois d'avenir sans condition de diplôme», a expliqué le chef de l'Etat.

Ces «emplois verts» ne seront pas réservés aux seules collectivités territoriales. «Pour les emplois verts où la France doit être le premier pays en terme d'efficacité énergétique, ce doit être les entreprise qui doivent les proposer», a déclaré le président de la République. Fin octobre 2014, le gouvernement avait annoncé qu'il créerait 150.000 contrats aidés supplémentaires en 2015 dont 15.000 emplois d'avenir pour un coût total de 200 millions d'euros.

En juin, le ministre du Travail François Rebsamen avait déjà annoncé une rallonge supplémentaire de 20.000 emplois d'avenirs, portant leur nombre à 170.000 fin 2014. Avec les 15.000 nouveaux emplois annoncés par le gouvernement -et François Hollande ce soir- ce chiffre devrait passer à 185.000. La promesse du candidat Hollande, qui ambitionnait en 2012 d'en créer 150.000, est donc plus que tenue.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 21:04

 conseillere pole emploi

Sur le blog de Michel Abhervé  4 novembre 2014

A force d’annoncer le redéploiement des salariés de Pôle emploi, il ne va plus y avoir de place pour eux dans les agences

François Rebsamen déclare à propos de Pôle emploi « A budget constant, l’atteinte de ces objectifs va nécessiter une mise en oeuvre progressive mais surtout des gains d’efficience et une meilleure utilisation des effectifs et donc des redéploiements »

 Cette déclaration nous donne l’occasion de redevenir sur les annonce ssuccessives de redéploiemnt de sobjectifs de Pôle emploi au profit du terrain. Xavier Bertrand l’avait annoncé pour justifier la suppression de 2 000 emplois (voir 2 000 conseillers de Pôle Emploi vont être redéployés. D’où viennent-ils ?), Michel Sapin l’avait annoncé pour accompagner la création de 2 000 emplois,

Pourtant les échos convergents remontant des agences montrent que ce redéploiement ne s’est que très exceptionellement traduit pas des retours en agence de salariés travaillant dans les diverses directions territoriales, lesquelles semblent avair à peu de choses près conservé leurs effectifs

On espère en tous cas un état des redéploiements annoncés avant que ne s’engage le nouveau redéploiment annoncé âr François Rebsamen si on veut pouvoir mesurer la réalité de ce nouveau redéploiemnt annoncé, et nous permetter d’actualiser cet articleSeulement un salarié de Pôle emploi sur sept se consacre au suivi et à l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

En tous cas la disparition de l’indicateur la ” Part des effectifs consacrés au suivi et à l’accompagnement des demandeurs d’emplois”.  dans les documents accompagnant le Projet de Loi de Finances 2015 n’aide pas à suivre la réalité de ce redéploiement et conduit à s’interroger sur leur effectivité (voir Pôle emploi : dans le PLF 2015 des indicateurs qui n’indiquent pas grand chose)

Dans les agences où la conception intiale qui visait à ce que les conseillers n’aient pas de bureau attitré, et s’installent là où il y a une place, continue à peser, on pourrait se demander où vont pouvoir travailler les salariés redéployés. a moins qu’on ne considère que ce n’est qu’une annonce qui ne sera pas plus suivie d’effet que les précédentes !

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 20:50

 

chut

1er Novembre 2014 sur l'excellent site "Pole m'emploie"

link

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 23:10

MIROIR SOCIAL  3 novembre 2014

  • Jacky Lesueur MASFIP

350 000 emplois non pourvus, une extrapolation grossière pour un usage abusif


Que représente le chiffre de 350 000 emplois non pourvus et pourquoi n’est-il en aucun cas une preuve du manque de motivation des chômeurs à retrouver un emploi, comme l’a avancé François Rebsamen, ministre du Travail et de l’Emploi ?

 

Les chiffres du marché du travail

21 millions de recrutements par an en France  : 3 millions en CDI, 4 millions en CDD de plus d’un mois, 14 millions en CDD de moins d’un mois.

126 000 offres non pourvues, faute de candidats, en 2012 à Pôle emploi.

274 000 offres non pourvues pour d’autres motifs : inexpérience des recruteurs, inadéquation entre l’offre et les compétences requises, pourvoi du poste en interne, recrutement extérieur à Pôle emploi, constitution illégale d’un fonds de CV, à utiliser ultérieurement, par le biais d’offres fantômes, déconnexion entre le poste et le salaire proposé.

Hadrien Clouet,(*) chercheur au Centre de Sociologie des Organisations  a bien voulu répondre aux questions de Mathieu Lapprand, journaliste à FoHebdo, qui nous autorisé à reprendre pour les lecteurs de Miroir Social, l'essentiel de cet interview.

Question : Sur quelles données s’appuie le ministre pour affirmer que 350 000 offres d’emploi ne seraient pas pourvues ?

Hadrien Clouet : En 2012, Pôle emploi dénombrait 126 000 offres non pourvues faute de candidats. Or l’organisme gère environ un tiers des offres d’emploi. Ce chiffre vient donc du triplement du nombre d’annonces de Pôle emploi sans candidats. Mais il s’agit de la fourchette haute et d’une extrapolation grossière car les employeurs confient à l’établissement les offres les plus compliquées et qui s’adressent à un public éloigné du marché du travail.

Quelle est la durée moyenne constatée pour pourvoir une offre d’emploi ?
Hadrien Clouet :

 Selon le chercheur Marc-Antoine Estrade, pourvoir un CDI ou un CDD de plus de six mois nécessite en moyenne cinq semaines ; pour un CDD de moins d’un mois, deux semaines. Tout marché du travail connaît des offres d’emploi non pourvues le temps qu’elles le soient. Il y a une durée incompressible de recrutement entre le dépôt d’une offre et la sélection d’un candidat. Par ailleurs, l’augmentation des contrats précaires accroît le nombre de procédures de recrutement et donc les offres d’emploi non pourvues.

Si l’on considère ce chiffre de 350 000 emplois non pourvus comme valable, que représente-t-il au regard de l’ensemble des embauches ?
Hadrien Clouet :

Une part infime. Hors intérim, on compte chaque année 21 millions de recrutements en France. Ce chiffre représente donc moins de 1,7 % des recrutements. Et signifie a contrario que plus de 98,3 % des offres trouvent preneur.

Ces offres non pourvues font donc partie du flux normal sur un marché du travail.

Exploiter ce chiffre de 350 000 emplois non pourvus comme preuve d’absence de motivation des chômeurs n’est donc absolument pas pertinent.

En outre, le fait qu’il existe des offres non pourvues est plutôt une bonne nouvelle dans la mesure où cela montre également que les demandeurs d’emploi ne sont pas prêts à travailler à n’importe quelles conditions, voire à des conditions clairement abusives. -

(*)Hadrien Clouet est doctorant au Centre de Sociologie des Organisations (CSO / CNRS-Sciences Po). Spécialiste des marchés du travail français et allemand, il prépare une thèse sur les politiques d’accompagnement à Pôle emploi.

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 16:34

 

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AFP  28 octobre 2014

Pour Rebsamen, Pôle Emploi doit faire « plus et mieux » à budget constant
Pour le ministre du Travail, l’organisme doit mieux utiliser ses effectifs. La subvention accordée sera stable en 2015.

« Plus et mieux », c’est l’objectif assigné par le ministre du Travail, François Rebsamen, à Pôle emploi, un objectif que l’opérateur doit remplir, à « budget constant », par une « meilleure utilisation des effectifs ».

Interrogé en commission de l’Assemblée sur le budget pour 2015, François Rebsamen a indiqué que la subvention accordée au service public de l’emploi serait stabilisée à 1,519 milliard d’euros. « Cet objectif de stabilisation du budget de Pôle emploi est ambitieux (...) Il implique que Pôle emploi fasse plus et mieux », a-t-il estimé. Cet « enjeu » est au coeur de la négociation de la nouvelle convention tripartite Etat-Unédic-Pôle emploi pour la période 2015-2017, qui « sera signée avant la fin de l’année », a-t-il ajouté.

Le ministre a détaillé devant les députés les « recommandations » qu’il a adressées au directeur général de Pôle emploi, Jean Bassères. L’opérateur public devra notamment « consacrer plus de temps et mieux outiller les conseillers pour améliorer le diagnostic et l’adaptation de l’accompagnement aux personnes » et « anticiper le déclenchement effectif de cet accompagnement », avec « une part accrue de publics en accompagnement renforcé ».

Pôle emploi est aussi invité à « développer » son dispositif d’accompagnement global, pour « accroître sa capacité à prendre en charge des personnes ayant des difficultés sociales ». Lancé en janvier, ce mode de suivi conjugue l’accompagnement de Pôle emploi avec les compétences sociales des départements (logement, santé...), mais ne concernait au 1er juillet que 904 demandeurs d’emploi dans sept départements. « L’objectif, c’est 60 départements d’ici à juillet 2015 », indique le ministre.

Enfin, Pôle emploi doit « développer le service à distance », « renforcer sa capacité à identifier les publics qui décrochent » ou encore « améliorer son offre de service « entreprises » en spécialisant des équipes dédiées ». « A budget constant, l’atteinte de ces objectifs va nécessiter une mise en oeuvre progressive mais surtout des gains d’efficience et une meilleure utilisation des effectifs et donc des redéploiements ». En septembre, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a atteint le nouveau record de 3,43 millions.



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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 15:28

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Dans les 50 mesures annoncées par le gouvernement, 3 concernent Pôle emploi, dont le développement de conseillers dédiés aux entreprises

30 octobre 2014 extrait du document officiel

 

"Faciliter les recrutements via Pôle emploi

27. Offrir aux employeurs la possibilité de déposer une offre d’emploi rapidement et simplement

Les entreprises pourront déposer leur offre en un clic,en langage naturel sans contrainte de recherche dans les référentiels métiers et compétences, avec une ergonomie simplifiée, une aide possible à la rédaction et des informations sur le marché du travail afin que l’employeur puisse situer son offre.

Echéance : 2015

28. Faciliter la recherche par compétences

La recherche par compétences permet à l'employeur d'élargir le champ de son processus de recrutement à des candidats issus d'autres métiers et de mieux tenir compte de leurs expériences passées dans son choix.Cela améliore la satisfaction des besoins des employeurs et peut accroître la mobilité vers des métiers en tension.

Echéance :2015

29. Développer le conseil aux entreprises

Des conseillersseront prioritairement dédiés aux entreprises ce qui permettra d'améliorer le service rendu en faisant plus pour celles qui en ont le plus besoin,notamment les plus petites.

Echéance :1er semestre 2015

 

LE DOCUMENT: TEXTE INTEGRAL

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 17:55

 

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Anne de Bretagne

 

OUEST FRANCE  24 octobre 2014

La Plaine-sur-Mer (44). Séminaire grand luxe pour Pôle emploi

Une dizaine de dirigeants régionaux ont séjourné cette semaine à l’Anne de Bretagne, un double étoilé Michelin de La Plaine-sur-Mer (44).

C’est un hôtel quatre étoiles face à la mer, estampillé Relais et châteaux. Avec piscine extérieure chauffée, court de tennis et dégustation œnologique. Dans les cuisines officie un chef avec deux étoiles au guide Michelin. « Le lieu idéal pour vos séminaires d’exception », se targue le site internet de l’établissement Anne de Bretagne à La Plaine-sur-Mer.

C’est ici que Pôle emploi a organisé cette semaine un séminaire d’un jour et demi pour le comité de direction des Pays de la Loire. Choquant ? Pas du tout, selon le service communication de la direction régionale. « Le choix des établissements répond à un strict cahier des charges. Nous mettons en concurrence les établissements avant de les choisir. Cela reste un séminaire de direction ; nous ne faisons donc pas au moins-disant mais au mieux-disant. »

« Exemplarité »

Sur le site de l’hôtel, le forfait « séminaire » avec déjeuner, dîner, mignardises, chambre et location de la salle est affiché « à partir de 290 € par personne »« Un tarif ensuite négocié », assure Pôle emploi, sans pour autant en donner le montant. Selon nos informations, treize chambres auraient été ainsi réservées pour le séminaire, dont plusieurs suites.

« L’une des valeurs de Pôle emploi est l’exemplarité, réagit Jean-Charles Steyger, délégué syndical FSU de Pôle emploi. À une époque où des agences manquent d’ordinateurs, où seulement 50 % des chômeurs touchent des allocations, ces dépenses interrogent, forcément. » Pour ce représentant syndical, avant la fusion de l’ANPE et des Assedic, les séminaires de ce type étaient plutôt organisés dans des salles louées aux collectivités.

« Avec la fusion, une culture émanant du privé est apparue dans nos fonctionnements. Avec des séminaires de ce type dans des lieux luxueux. En 2012, nous avons écrit une lettre en demandant davantage de transparence sur les dépenses de fonctionnement. Nous attendons toujours. »

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Aurore-Boreale@orange.fr

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  • : Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
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La convention tripartite Etat-UNEDIC-Pôle emploi

 

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Rapport sur la sous-traitance    

 

 

 

 

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Le rapport Iborra sur le SPE (texte intégral)

 

PE-copie-2

 LE BUDGET 2013 DE POLE EMPLOI

 

 

 

 

 

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Utile et pratique 

 

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    texte intégral (gratuit)

 

 

Ce livre est dédié aux agents de Pôle emploi et à ceux qu’ils accompagnent chaque jour.

  (Christian Charpy)

 

 

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La Convention Collective Nationale

 

 

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Histoire de l'Assurance Chômage (VIDEO INA)


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