5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 05:00

 

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Les Echos  23 avril 2013


L'Inde, le pays où le chômage n'existe pas…

 

Bienheureux le pays où l'on ne compte pas les chômeurs. Sauf que ne pas disposer de thermomètre n'empêche pas d'avoir la fièvre.

On imagine sans peine à quel point le gouvernement français (et bien d'autres) en rêverait : échapper au traumatisme mensuel des chiffres du chômage parce qu'ils ne sont pas calculés… C'est la situation qui prévaut en Inde où l'on ne connaît pas le taux de chômage et où la question est à peu près absente du discours politique ou médiatique.

En cherchant bien, à dire vrai, on trouve un taux de chômage officiel, calculé… tous les cinq ans sur la base d'une collecte de chiffres à l'échelle du pays, le National Sample Survey. Les derniers chiffres remontent aux douze mois allant de juillet 2009 à juin 2010, et font état d'un taux de chômage pour l'Inde de 3 %. Un chiffre tellement faible que les économistes lui accordent une crédibilité nulle…

L'absence de données sur une composante aussi essentielle s'explique par plusieurs facteurs. « Historiquement, il n'y a eu aucun effort pour collecter ces informations parce que l'on pensait que l'agriculture absorberait toute la main-d'oeuvre », raconte Rajat Kathuria, directeur général du think-tank économique Icrier. Ensuite, dans les économies émergentes les notions d'emploi et de chômage peuvent être brouillées. « Quand il y a une vaste économie informelle, le chômage n'est pas un critère très pertinent, expliquait le vice-président du Plan, Montek Singh Ahluwalia, dans une conférence, on peut très bien continuer à s'occuper de sa ferme ou de sa boutique alors que son revenu s'est effondré. » Une idée exprimée un peu différemment par l'économiste Rajiv Kumar, ancien secrétaire général de l'organisation patronale Ficci : « Il y a une vieille plaisanterie : en Inde, personne n'a suffisamment de moyens pour se permettre d'être au chômage ! » En l'absence de toute indemnisation, quand il faut nourrir sa famille, on trouve toujours un job occasionnel, aussi misérable soit-il, si bien que l'oisiveté totale est rare. Troisième raison, enfin : la complexité de la collecte des données dans un immense pays de 1,2 milliard d'habitants. Il n'en demeure pas moins que l'indisponibilité de mesure fiable « est une honte pour les économistes, je plaide coupable ! », lance Rajiv Kumar, pour qui cette absence est d'autant plus dramatique que l'emploi « est le plus gros problème auquel nous sommes confrontés ! ».

La réalité du terrain est en effet très éloignée du plein-emploi. Le vrai problème, affirme Denis Medvedev, économiste de la Banque mondiale à Delhi, « c'est le sous-emploi qui est très élevé : les gens travaillent-ils assez d'heures ? Gagnent-ils un revenu suffisant ? » Les anecdotes abondent sur le chômage réel : tel économiste évoque les innombrables hommes assis à ne rien faire dans les rues des petites villes et des villages ; tel autre raconte comment des instituts de formation en province engagent des diplômés de l'université comme enseignants pour 4.000 roupies par mois (56 euros), parce que ces jeunes ne trouvent rien d'autre. Le mois dernier, le recrutement de 1.500 employés par SBI, plus grosse banque du pays, a suscité 1,7 million de candidatures… Au total, il y aurait donc bien un très gros problème de sous-emploi dans le pays, que l'on peut aussi appréhender via l'énorme proportion de travailleurs « indépendants », évaluée à 51 % du total par la Banque mondiale.

A défaut de chiffres sur le chômage, ceux sur les créations d'emplois ne laissent pas d'être inquiétants. Une étude du think-tank Institute of Applied Manpower Research affirme qu'après avoir créé 60 millions d'emplois entre 2000 et 2005, l'économie indienne n'en a plus créé que 2,8 millions entre 2005 et 2010. Soulignant que la chute des effectifs dans l'agriculture (normale au stade de développement de l'Inde) a été entièrement absorbée par la construction (emplois précaires et sans qualification), l'institut estime que, a contrario, l'industrie a détruit 5 millions d'emplois entre 2005 et 2010 après en avoir créé 12 millions les cinq années précédentes. Ce qui amène l'IAMR à affirmer que « la croissance phénoménale enregistrée par l'Inde durant les cinq dernières années (2005-2010) a été une croissance sans emploi ».

Le caractère très spectaculaire de ces chiffres conduit certains économistes à douter de leur fiabilité, mais pas de la réalité des tendances. Le « Rapport sur l'économie » établi par le ministère des Finances déplore que « trop de grandes entreprises profitables préfèrent utiliser du personnel temporaire ou des machines plutôt que des salariés formés pour des emplois à long terme ». De fait, les grandes entreprises ne cessent d'augmenter la proportion de leur personnel intérimaire ne bénéficiant d'aucune prestation sociale, par opposition aux salariés de plein exercice. Résultat : 93 % des Indiens qui travaillent le font dans un cadre « informel », c'est-à-dire sans assurance santé, retraite ou autre. Ce qui s'expliquerait notamment par des lois sociales extraordinairement protectrices pour ceux qui ont la chance de bénéficier d'un statut : par exemple, aucune entreprise de plus de 100 salariés ne peut effectuer un licenciement sans l'autorisation de l'administration, ce qui relève de la mission impossible.

Nombre d'experts estiment que d'ores et déjà le taux réel de chômage est peut-être de l'ordre de 20 %. Or la population indienne continue à augmenter et ce sont 10 à 12 millions de nouveaux emplois qu'il faudra créer chaque année, un million par mois… Et si l'Inde n'y parvient pas ? « On dit souvent que les Indiens se satisfont de peu mais c'est une vision romantique, affirme Rajat Kathuria. Les attentes sont aussi fortes ici qu'ailleurs. J'ai peur de ce qui peut se passer. » Pas une si bonne idée que ça, l'absence de thermomètre…

Patrick de Jacquelot

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 23:17

 

Nantes

Photo d'archives: Le ministre, le DG et le DR le lendemain du drame de Nantes

 

Michel Sapin et Jean Bassères auditionnés (séparément) par la Commission d'information de l'Assemblée Nationale sur le Service Public de l'Emploi


Vidéo Sapin

 

Vidéo Bassères

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 20:42

 

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Comme je l'avais indiqué dans un article du 29 mars Une prime pour les agents de Pôle emploi ? , la Direction Générale refuse toute augmentation salariale pour 2013, et propose une prime "one shot" non reportable sur les années suivantes. On en sait aujourd’hui un peu plus sur les propositions de la DG:

Cette prime serait versée  à tout agent de statut public ou privé de Pôle emploi, y compris les CDD et les contrats aidés, présents au 30 juin 2013 et ayant 9 mois d’ancienneté à cette date..

Le montant de cette prime serait supérieur pour les employés et agents de maîtrise (460 euros) que  pour les cadres (400 euros). Ce montant serait proratisé en cas de travail à temps partiel.

Le versement de cette prime serait subordonné à la signature des organisations syndicales représentant au moins 30% du personnel. Cette clause est considérée comme un "chantage" par certaines organisations syndicales qui revendiquent une augmentation générale des salaires et non une prime.

(Sources  concordantes)


 

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 22:49

 

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Le député Christophe Guilloteau

 

maliactu.net  1er mai 2013

L’armée française a mis la main sur des documents de Pôle Emploi dans les caches des islamistes au nord du Mali.

«On paie les gars qui nous tirent dessus», s’est esclamé Christophe Guilloteau, député UMP, membre de la Commission de défense de l’Assemblée nationale Française.

«Vous savez ce que nos soldats ont découvert dans les caches des islamistes, au beau milieu du massif des Ifoghas, dans le nord du Mali ?» demande Christophe Guilloteau, sourire en coin…

«Peut-être les fusils, les missiles sol-air ou encore les mortiers que la France avait généreusement distribués en 2011 aux insurgés libyens pour détrôner Mouammar Kadhafi ?», lui répond-on.

«C’est le cas, sourit Christophe Guilloteau. Mais ce n’est pas tout ».

« En fait, ajoute le député, ils sont tombés sur des circulaires vierges de Pôle Emploi dans les caches des islamistes. »

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 22:22

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 21:38

 

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AFP  30 avril 2013

Plus de fins de CDD, moins de licenciés: le nouveau visage des chômeurs indemnisés

Plus d'un chômeur indemnisé sur deux a perdu son emploi après une fin de CDD ou de mission d'intérim, quand seuls 10% sont victimes d'un licenciement économique: une étude de l'Unédic présentée mardi "interroge les stéréotypes" et montre combien le chômage reflète l'hétérogénéité du marché du travail.
Dans cette étude, l'organisme paritaire examine à la loupe les caractéristiques et les trajectoires des 2,4 millions de chômeurs indemnisés à la fin de l'année 2011 (sur 4,8 millions d'inscrits à Pôle emploi).

Ces derniers touchent en moyenne 1.055 euros net par mois, soit 69% de leur salaire net antérieur, un taux qui se situe dans la "fourchette haute en Europe", a souligné Pierre Cavard, directeur des études et des analyses, lors d'une conférence de presse.

M. Cavard estime que cette étude "bat en brèche certaines idées reçues": "on parle beaucoup des fermetures de sites, des plans sociaux dans l'industrie, mais en réalité, seuls 10,8% des chômeurs indemnisés sont des licenciés économiques", fait-il valoir.

Ainsi, la majorité des allocataires (51%) se sont inscrits à Pôle emploi après une fin de CDD ou de mission d'intérim, reflet de la "dualité croissante du marché du travail entre contrats courts et contrats longs", selon l'Unédic. Chez les jeunes, cette proportion atteint plus de 75%.

Autre symptôme de la précarisation, près d'un quart (23,2%) des allocataires travaillaient à temps partiel avant de perdre leur emploi.

Conséquence de ces mutations: le nombre de demandeurs d'emploi en "activité réduite" - qui travaillent à temps partiel, en intérim ou en CDD et sont à la recherche d'un emploi au cours du même mois - a explosé : ils représentent chaque mois 1,2 million de chômeurs, soit la moitié des indemnisés, contre... 100.000 en 1991.

Près d'un chômeur indemnisé sur quatre a un bac+2

Avant de pousser la porte de Pôle emploi, 32% des allocataires ont été victimes d'un licenciement, dont seulement 10,8% d'un licenciement économique.

Ces "licencié éco" sont donc, autre surprise, aussi nombreux que ceux qui ont opté pour une rupture conventionnelle (11,4%), en hausse exponentielle depuis sa mise en place en 2008.

Autre enseignement de l'étude: les demandeurs d'emploi indemnisés perdent leur emploi en premier lieu dans le secteur du commerce, des transports et de l'hôtellerie (28,9%) et dans les activités de services administratifs et de soutien (19,4%).

En terme de diplômes, l'Unédic met en avant que 55,2% des indemnisés n'ont pas le bac. Mais près d'un quart a un niveau de bac+2, "preuve que cela ne garantit pas de ne pas passer par la case chômage", souligne Pierre Cavard.

Globalement, un quart des chômeurs indemnisés a perçu au moins un an d'allocation et rentre donc dans la case des "chômeurs de longue durée".

Forts de ces constats, les services de l'Unédic ont, pour la première fois, mis en avant six "profils types" d'allocataires qui illustrent la diversité du chômage: ceux issus du temps partiel (23,2%), les licenciés qui travaillaient à temps plein (26%), les allocataires qui ont opté pour une rupture conventionnelle ou une démission (10,6%), les fins de CDD à temps plein (20,3%), les intérimaires (13,5%) et, enfin, les intermittents du spectacle (3,7%).

Ainsi, le temps partiel concerne surtout les femmes (près de 75%) et est caractérisé par un niveau d'études faible. Les licenciés sont a contrario plus souvent des hommes, âgés et mieux indemnisés (1.366 euros
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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 17:49

 

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François Hollande aux Mureaux aujourd'hui

 

AFP  30 avril 2013

Hollande aux Mureaux pour défendre "sa boîte à outils" pour l'emploi

François Hollande s'est rendu mardi aux Mureaux (Yvelines) pour défendre sa "boîte à outils" contre le chômage, en annonçant un renforcement des dispositifs déjà mis en place par le gouvernement.

Signature d'emplois d'avenir et de contrats de génération, pacte renforçant la présence de Pôle Emploi dans les quartiers populaires, rencontre avec des habitants dans des logements sociaux, visite d'entreprise, le chef de l'Etat a décliné tout au long de son déplacement sa volonté de lutter contre le chômage, sans cacher la difficulté de la tâche.

"La seule priorité qui vaille c'est l'emploi, le seul objectif c'est l'emploi, hier (lundi) avec les chefs d'entreprises aujourd'hui avec les élus et des ministres mobilisés", a lancé M. Hollande au bas d'un immeuble du quartier populaire de Brècheville, devant des habitants chaleureux mais inquiets pour leur avenir.

"J'entends l'aspiration d'un pays à avoir confiance en lui-même (...), ce que demandent ces familles c'est de l'emploi, de l'espérance pour leurs enfants. C'est cela que nous devons donner", même si, "ça prendra du temps", a-t-il ajouté.

Un peu plus tard, les élèves de "l'école ouverte" (fonctionnant en période de vacances scolaires) du collège Jean-Vilar lui ont fait part à leur manière de cette inquiétude, en entonnant devant le chef de l'Etat un petit air : "Quand tout va mal, quand on a le moral dans les chaussettes, quand on s'inquiète du danger qui nous guette, personne ne peut nous empêcher de chanter". "C'est un hymne dans cette période", a répliqué dans une boutade le chef de l'Etat.

"La courbe du chômage ne s'inversera qu'à la fin de l'année. Déjà, peu y croient, tellement c'est difficile", a aussi reconnu le président de la République, alors que le nombre de demandeurs d'emploi a franchi en mars les 2,3 millions. Mais "nous allons y mettre toutes nos forces", a-t-il promis.

"On a souri sur la boîte à outils", mais "quand vous tombez en panne mieux vaut avoir les outils que rien du tout", a-t-il plaidé reprenant une expression utilisée lors de son intervention télévisée du 28 mars sur France 2, qui n'avait pas convaincu. Avant d'énumérer les instruments mis en place depuis un an : "pacte de compétitivité, réforme du marché du travail, création des emplois d'avenir, contrats de génération, banque publique d'investissement, loi bancaire".

Au Mureaux, où il était venu en campagne électorale en septembre 2011, M. Hollande a mis exergue plusieurs mesures spécifiques. Dans le cadre d'une convention cadre renforçant la présence de Pôle Emploi dans les quartiers populaires, il a précisé que 20% des 2.000 nouveaux CDI créés chez Pôle Emploi seront affectés à ces quartiers.

Le chef de l'Etat a aussi annoncé une augmentation des "emplois francs", permettant à des entreprises embauchant un jeune des quartiers de bénéficier d'exonérations fiscales. 2.000 emplois de ce type seront créés en 2013 dans dix agglomérations.

Enfin, il a annoncé que "les clauses d'insertion allaient être généralisées pour l'ensemble des marchés publics". Ce dispositif permet à des entreprises pratiquant une politique d'insertion d'être prioritaires pour décrocher des marchés publics.

M. Hollande, qui n'avait pas fait de déplacement dans le pays depuis sa visite dans son fief de Tulle, le 6 avril, quatre jours après les aveux dévastateurs de Jérôme Cahuzac, a assuré qu'il restait "en dialogue permanent avec les Français".

A la fin de la visite, il a pris un bain de foule, ce qui a permis à une centaine de personnes de l'acclamer. "C'est la première fois qu'un président vient nous voir", a lancé un habitant.

Le chef de l'Etat était accompagné de deux ministres : François Lamy (Ville) et Benoît Hamon (Economie sociale et solidaire), tous deux élus de la banlieue parisienne.

 

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 15:51

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Photo archives Aurore Boréale

De l'art de développer de nouvelles compétences

 

IndiceRH  26 avril 2013

La formation professionnelle des demandeurs d’emploi en 2011 : baisse de 4 % des entrées en formation

En 2011, 566 000 demandeurs d’emploi sont entrés en formation (-4,5 % par rapport à 2010). Ces stagiaires ont suivi 648 000 formations, soit une baisse de 4 % du nombre de stages effectués.

 

Les régions ont financé les coûts pédagogiques de 57 % des stages débutés en 2011 et leurs actions ont été, pour 52 % d’entre elles, destinées aux jeunes en insertion. Pôle emploi a financé 20 % des stages, l’État 9 % tandis que les autres financements ont été assurés par les stagiaires eux-mêmes (5 %), des Opca et des Opacif (6 %), l’Agefiph, des collectivités territoriales autres que les régions (3 %). En 2011, Pôle emploi a financé 15 % de stages de plus qu’en 2010 et 52 % de plus qu’en 2009.

Tous financeurs confondus, les formations débutées en 2011 ont duré en moyenne 4,4 mois. Les stages financés par Pôle emploi, qui visent davantage à répondre à des besoins immédiats des entreprises, sont beaucoup plus courts (2,4 mois en moyenne) et ceux financés par l’État ou les régions plus longs (respectivement 4,6 mois et 4,7 mois).

Sur l’ensemble de l’année 2011, les demandeurs d’emploi ayant débuté une formation représentent 20,3 % du nombre moyen de chômeurs au sens du BIT sur l’année, soit 0,7 point de moins qu’en 2010.

 

Tous les chiffres (DARES avril 2013)


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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 19:11

 

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Extrait du projet d'accord senior

 

"Par ailleurs, Pôle emploi réfléchit à la mise en place du télétravail. Celui-ci  permet une organisation et/ou une réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information dans laquelle, un travail qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de Pôle emploi, est effectué hors de ces locaux de façon régulière. Cette possibilité fait l’objet d’une expérimentation dans le cadre du plan stratégique « Pôle emploi 2015 ». Les conclusions et suites de cette expérimentation seront prises en compte afin d’étudier, dans le cadre d’une démarche de prévention des situations de lassitude au travail les modalités de mise en œuvre pour des agents séniors. 

 

En fonction des décisions prises à l’issue de l’expérimentation, les signataires conviennent de se revoir pour envisager la négociation d’un avenant à cet accord sur les modalités de mise en œuvre du télétravail pour les agents séniors de Pôle emploi."

 

2011-11-14-in-bed-with-le-télétravail

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Published by Aurore Boréale - dans Pôle emploi 2015
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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 05:00

 

J'ai décidé de consacrer un article par semaine aux questions internationales. Ce sera le dimanche matin à 7H. Cette semaine, le pays qui fait l'actualité et la controverse: l'Allemagne

Aurore B.

 

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En allemand, Pôle emploi se dit ... JobCenter. Photo prise à l'Agentur fur Arbeit de Berlin

 

Le Nouvel Observateur  18 avril 2013

L'économie allemande respire, les chômeurs étouffent

Un nombre record de sanctions a été infligé aux demandeurs d’emploi en 2012. L'économie allemande va mieux, mais à quel prix pour les chômeurs !

L'économie allemande va mieux, et les chômeurs en paient le prix fort. Selon le dernier rapport statistique de l’Agence fédérale pour l’emploi, un nombre record de sanctions a été infligé aux demandeurs d’emploi en 2012 : plus d’un million, soit une augmentation de près de 11% en un an. La raison avancée par l’Agence fédérale pour l’emploi peut en faire rêver certains : l’augmentation du nombre d’emplois disponibles due à une bonne conjoncture, ainsi qu’un meilleur accompagnement des chômeurs, seraient responsables de ce pic sans précédent. Pourtant, à y regarder de plus près, la réalité est moins rose.

Selon le porte-parole du Pôle emploi allemand, le nombre de propositions faites par les agents aux chômeurs augmente en raison de la bonne santé du marché du travail. "Nous avons eu une année relativement bonne en ce qui concerne le marché du travail, analyse Paul Ebsen. Les secteurs où l’offre d’emplois a le plus progressé sont la construction mécanique, l’automobile et le secteur de la santé, avec notamment les services aux personnes âgées."

"Pauvre mais sexy"

Plus d’emplois disponibles, donc plus d’opportunités pour les demandeurs. Mécaniquement, le nombre de rendez-vous organisés pour les demandeurs d’emploi augmente, ainsi que le nombre de rendez-vous manqués. Il en va de même pour les sanctions. Géographiquement, l’Est allemand est plus touché que l’Ouest, et c’est Berlin – dont la devise est "pauvre mais sexy" – qui arrive en tête avec 4,8% de ses chômeurs affectés. Et les sanctions peuvent faire mal : en cas de rendez-vous manqué, 10% de coupe, et ce taux monte à 30% en cas de refus d’emploi ou de formation.

En moyenne, les sanctionnés ont vu leur aide diminuer de 110 euros par mois, sachant que l’allocation Hartz-IV pour les chômeurs de longue durée s’élève au départ à 374 euros. "C’est comme lorsque vous circulez en voiture, continue le porte-parole de l’Agence fédérale, il y a des règles auxquelles il faut se tenir. Si vous ne les respectez pas, vous encourrez des sanctions." "Sauf qu’une contravention ne vous met pas en danger, lui rétorque Ralph Boes, qui milite contre ce système à coups de grèves de la faim. Car il vous reste toujours de quoi vivre." De plus, les bénéficiaires de l’allocation chômage ne sont pas plus fainéants qu’en 2011. Le nombre de "clients" du JobCenter qui ont refusé un emploi ou une formation a paradoxalement reculé l’année passée.

Obliger de travailler pour 1 euro

Au-delà des chiffres, ce nombre record de sanctions met en lumière un système allemand très dur à l’égard des demandeurs d’emploi. Depuis la réforme du marché du travail et du modèle social par Schröder en 2003, l’Etat allemand compte ses sous. Il peut même contraindre certains chômeurs à travailler pour 1 euro de l’heure, dans des domaines d’intérêt public tels que la voirie, afin de ne pas perdre les allocations. Ce sont les redoutés "1-Euro-Jobs". Le postulat étant que le système doit surveiller le chômeur tout autant – sinon plus – qu’il doit l’aider. Dans ces JobCenter gérés pour certains par des communes et pour d’autres par l’Agence fédérale, les conseillers sont d’ailleurs des "managers de cas" et non des "conseillers" comme en France, gérant en moyenne 150 chômeurs chacun.

Dans cette ambiance résolument libérale, l’Agence allemande pour l’emploi vient d’annoncer un renforcement du contrôle des chômeurs malades à partir du mois d’avril. Ceux qui rateraient un rendez-vous pour raisons de santé seront contrôlés plus systématiquement, et les sanctions seront plus fortes. La consigne a même été diffusée de se montrer plus "méfiant " à l’égard des chômeurs malades en début ou en fin de semaine, ou bien "juste après les vacances".

Un durcissement de ton qui passe mal

Les libéraux de la FDP soutiennent cette ligne de sanctions renforcées. Dans un entretien à la radio Deutschland Funk, un membre de la fraction parlementaire du parti s’est même félicité d’un "système bien construit" qui permet aux citoyens de "se relever". Un durcissement de ton qui passe mal. L’association allemande des chômeurs, le Erwerbslosen Forum, a dénoncé "une nouvelle campagne de haine contre les bénéficiaires des allocations chômage" sur son site. "Ces chiffres montrent quelle place occupe aujourd’hui la dignité humaine en Allemagne ", déplore son porte-parole Martin Behrsing, qui voit dans cette politique répressive un avertissement, une manière de "mettre la pression sur tous les salariés, pas seulement les chômeurs".

Les Verts ont également tiré la sonnette d’alarme, en réclamant un moratoire sur les sanctions infligées aux chômeurs. "Il faut en finir avec cette culture de la méfiance vis-à-vis des chômeurs, insiste la députée verte Brigitte Pothmer. N’oublions pas que les sanctions ne touchent que 3% d’entre eux !" Pour autant, les Verts ne remettent pas tout le système en question, qui selon eux a eu le mérite de "fusionner l’aide sociale et les allocations chômage, permettant à un plus grand nombre d’y avoir accès."

Plus de 7 millions d’Allemands occupent un "Mini-Job"

Une statistique particulièrement intéressante permet de mieux appréhender l’état du marché du travail outre-Rhin : plus de 7 millions d’Allemands occupent ce qu’on appelle un "Mini-Job "(qui rapporte tout au plus 400 euros par mois) et un tiers d’entre eux le cumule avec un temps plein afin de s’en sortir. Le terme "Hartz-IV" résume à lui tout seul cette structure libérale - pensée sous Schröder dans le cadre de son "Agenda 2010" - et ses conséquences pour les Allemands. Il désigne l’allocation que reçoivent les chômeurs de longue durée, et tire son nom de l’un des penseurs de la réforme, Peter Hartz.

Ce mot est entré dans le langage courant, à tel point qu’il est devenu un verbe : "hartzen". Un verbe qui désigne le fait de vivre modestement de petits boulots ou d’allocations. Dans des villes pauvres comme Berlin, les "Hartzer" forment déjà une véritable communauté. "Les Français doivent savoir que Hartz-IV équivaut à un génocide, avertit Ralph Boes. Mais je suis sûr que ce système ne marcherait pas chez vous, ou alors les Français feraient la révolution !"

Alexander Abdelilah


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La convention tripartite Etat-UNEDIC-Pôle emploi

 

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Le rapport Iborra sur le SPE (texte intégral)

 

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 LE BUDGET 2013 DE POLE EMPLOI

 

 

 

 

 

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Ce livre est dédié aux agents de Pôle emploi et à ceux qu’ils accompagnent chaque jour.

  (Christian Charpy)

 

 

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La Convention Collective Nationale

 

 

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