19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 20:44

 

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AFP  19 février 2013

Pôle Emploi : des offres farfelues postées par un agent du Cher

"Cherche Magicien/magicienne capable de créer une offre d'emploi, de transformer une branche de bouleau en boulot" pour mettre ses compétences au service de Pôle emploi" : une annonce farfelue mais réellement mise en ligne sur le site de Pôle Emploi par un conseiller du Cher, déprimé...

Postes de psychologues à pourvoir "au sein de Pôle emploi, pour traiter ses agents (...) public difficile" et "pathologies lourdes": des offres d'emploi fictives à l'humour parfois grinçant ont été publiées pendant trois jours sur le site national de Pôle emploi par un conseiller, a-t-on appris mardi auprès de Pôle emploi. Les 12 offres mises en ligne vendredi par le même conseiller d'une petite agence du Cher ont été désactivées lundi, a précisé Pôle emploi à l'AFP, confirmant une information du Berry républicain.
Les réseaux sociaux s'en sont délectés. Une autre annonce proposait un poste de "Magicien/magicienne capable de créer une offre d'emploi, de transformer une branche de bouleau en boulot" pour mettre "(ses) compétences au service de Pôle emploi",avec la mention "savoir avaler des couleuvres est 1+". Carrément noire, une autre offre d'"agent/agente de sécurité incendie" pour "prévenir les risques d'embrasement" au sein du service public de l'emploi a aussi été postée le jour où, pour la deuxième fois en une semaine, un chômeur s'immolait. "Nous cherchons à comprendre ce qui a poussé le conseiller à agir ainsi", soulignait au siège de Pôle emploi une porte-parole, qui précise que le conseiller "a été orienté vers la médecine du travail", et "sera suivi et accompagné par Pôle emploi à son retour".
C'est la première fois selon Pôle emploi que de telles offres farfelues, ne résultant ni d'un piratage ni d'une erreur dans le contrôle des offres récoltées auprès des entreprises, sont volontairement mises en ligne par un conseiller.
Le conseiller n'a visiblement pas cherché à camoufler sa farce, puisque pour postuler, un lien dirigeait vers son adresse mail et que le lieu de travail mentionnait "Aubigny-sur-Nère", ville du Cher de 6.000 habitants où est également située l'agence dont ce conseiller est issu. Le conseiller est maintenant en arrêt maladie.

 

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 19:05

 

 

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LE MONDE 18 février 2013

Comment Pôle emploi veut faire gagner du temps à ses conseillers

Deux documents confidentiels envoyés aux administrateurs et aux représentants du personnel de Pôle emploi ces dernières semaines, mettent en lumière comment l'organisme compte s'y prendre pour redéployer le plus d'agents possibles vers l'accompagnement des chômeurs.  La convention tripartite, signée avec l'Unedic et l'Etat, prévoit en effet que Pôle emploi renforce de 2000 équivalents temps plein (ETP) l'accompagnement des chômeurs avant fin 2014, en faisant des économies sur les autres postes.

Ces rédéploiements devraient renforcer les 2000 CDI créés à Pôle emploi en 2012. Selon un document présenté au comité central d'entreprise (CCE) le 6 février, mis en ligne sur le site de l'Unsa, 600 ETP devraient d'abord être supprimés des fonctions support (dont 500 dans les directions régionales). 123,7 auraient déjà été redéployés en 2012 selon la comptabilité très précise de Pôle emploi.

Par ailleurs, la direction mène dans le plus grand secret des expérimentations dans deux agences (Rouen et Besançon) pour déterminer comment une meilleure organisation du travail permettrait aux agents de gagner du temps. Le document parle de 150 "irritants" détectés dans les agences. Dans la novlangue Pôle emploi, "irritant" signifie "processus qui provoque des grincements", explique Dominique Nugues, représentant Unsa Pôle emploi. Les expérimentations ont été menées sur l'accueil en agence, l'entretien d'inscription et de diagnostic (EID) et sur la prescription de formation.

Mais seules quelques unes des pistes pour réduire les "irritants" sont détaillées dans le document, présenté en CCE. De bon sens, il s'agit par exemple d'envoyer de SMS aux demandeurs d'emploi avant leur rendez-vous pour s'assurer qu'ils viennent bien ou "d'adapter le nombre de personnes à l’accueil en fonction du flux" de demandeurs d'emploi, selon le document envoyé aux administrateurs. La direction assure que l'expérimentation a permis de libérer entre 1 et 1,5 ETP dans chaque agence, de quoi dégager potentiellement jusqu'à 1350 ETP au niveau national. "Mais on a du mal à croire que c'est simplement avec les mesures présentées", résume Bernie Billey, de la CFDT, qui assure que son syndicat a demandé sans succès à connaître l'ensemble des "irritants" identifiés par la direction. Voici en tout cas les quelques "irritants" officiels, avec tous les acronymes qui vont avec. Selon le document, l'expérimentation a été étendue en février à 6 autres agences, et devrait être généralisée à partir d'avril.

 

 

Le document intégral

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 19:44

 

AFP  16 février 2013

 

Les immolations par le feu de deux demandeurs d'emploi, à Nantes mercredi et Saint-Ouen vendredi, témoignent des difficultés des chômeurs, entre 80.000 et 90.000 chaque mois, dont les droits à l'indemnisation chômage sont épuisés.

 

   Ces "fins de droits", qui ne sont plus couverts par l'assurance chômage, 98.000 personnes en décembre 2012, représentent près d'un tiers (30%) des sorties d'indemnisation, une proportion stable depuis trois ans et égale à celles qui retrouvent un emploi.

 

   Sur un an, entre août 2011 et août 2012, leur nombre a progressé de 7,2%. Cette augmentation est comparable à l'augmentation des demandeurs d'emploi, selon l'Unédic, l'organisme gérant l'assurance chômage.

 

   La hausse tient aussi en partie au fait que de plus en plus de demandeurs d'emploi entrent au chômage avec des droits plus courts, donc plus rapidement épuisés, souligne l'Unédic.

 

   Les personnes inscrites après une fin de CDD ou un contrat d'intérim ont droit à une indemnité de quelques mois seulement. La longueur de l'indemnisation dépend de la durée de travail antérieure à la perte d'emploi.

 

   Une durée minimale de 4 mois de travail (122 jours ou 610 heures de travail) dans les 28 derniers mois est exigée pour les chômeurs de moins de 50 ans (36 mois pour les autres) pour prétendre à des droits.

 

   La période d'indemnisation est ensuite égale à la durée de cotisation, dans la limite de 2 ans pour les moins de 50 ans (3 ans pour les personnes plus âgées). Près de 70% des chômeurs indemnisés fin 2011 avaient des droits ouverts supérieurs à un an.

 

   Pendant cette période, un chômeur peut cumuler un petit revenu d'activité avec son allocation, recalculée chaque mois en fonction du revenu déclaré.

 

   Dans le cas du chômeur nantais, celui-ci n'était plus indemnisé depuis fin novembre 2012. Il avait retravaillé au cours des derniers mois mais Pôle emploi refusait de rouvrir ses droits. Selon Pôle emploi, le chômeur n'avait pas déclaré une mission d'intérim effectuée en décembre. Et dans ce cas, la sanction est que la période n'est pas prise en compte.

 

   Lorsque les droits au chômage sont épuisés, des aides d'Etat peuvent ensuite prendre le relais, sous certaines conditions (d'âge ou de ressources notamment). L'Allocation de solidarité spécifique avait été proposée au chômeur nantais.

 

   Ainsi fin décembre 2012, 402.900 demandeurs d'emplois recevaient l'ASS (de 477 euros au maximum), la principale allocation, soit 26.700 de plus qu'un an plus tôt. Certains chômeurs seniors ont aussi droit à une allocation faisant la jonction avec la retraite. En outre, plus de 700.000 autres demandeurs d'emplois bénéficiaient à la même date du Revenu de solidarité active (RSA).

 

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Le Monde  16 février 2013

Le nombre de chômeurs en fin de droits a bondi en 2012

Difficile de savoir de combien exactement le nombre de chômeurs en fin de droits a bondi en 2012, tant les chiffres sont confus selon les sources qui les fournissent.

Selon Pôle emploi, la part des chômeurs indemnisés a stagné autour de 41 % en 2012, alors qu'elle est montée jusqu'à plus de 55 % dans les années 2000. Pire, en décembre, le nombre de chômeurs indemnisés ne progressait que de 5 % sur un an, alors que le nombre de l'ensemble des demandeurs d'emploi avait bondi de 10 % dans le même temps. Sur les 5 millions d'inscrits à Pôle emploi, seuls 2,2 millions perçoivent ainsi une indemnité chômage.


 BOND DE L'ACTIVITÉ PARTIELLE


Mais l'Unedic se veut plus rassurant. L'organisme qui gère l'assurance-chômage calcule en effet de son côté un "taux de couverture", qui prend en compte à la fois les chômeurs indemnisés et ceux ayant trop travaillé pour percevoir une allocation. Selon ces chiffres, le nombre de chômeurs couverts par l'assurance-chômage atteignait ainsi 63 % fin 2011, un chiffre qui est resté relativement stable au cours de la crise, selon l'organisme.

L'Unedic estime que, si l'indemnisation recule, c'est d'abord en raison d'un bond de l'activité partielle des chômeurs. Au-delà de 110 heures travaillées dans le mois, un chômeur n'a plus le droit à une indemnité chômage, tout en restant inscrit sur les listes. En juin 2012, 603 160 chômeurs avaient ainsi trop travaillé pour être indemnisés, un chiffre record et qui a progressé fortement depuis le début de l'année.


98 000 PERSONNES EN DÉCEMBRE


Reste que le nombre de chômeurs en fin de droits a bien explosé en 2012. En décembre, 98 000 personnes sont arrivées au bout de leurs droits à indemnisation, alors qu'en 2011 ce chiffre ne dépassait pas les 90 000 par mois, selon l'Unedic. Le nombre de chômeurs bénéficiaires des minima sociaux a également explosé bien plus vite que le nombre total des chômeurs.

Il y a eu 14,4 % de bénéficiaires de l'allocation spécifique de solidarité (ASS) et 13,3 % de bénéficiaires du RSA de plus en un an. Deux allocations qui plafonnent à 470 euros par mois pour une personne seule et se traduisent bien souvent par une brutale perte de revenu pour les chômeurs concernés.


 "PAS DE STATISTIQUES FIABLES"


La direction de Pôle emploi s'abrite derrière cette confusion de chiffres pour ne pas s'exprimer sur la réalité de la hausse des fins de droits. "Nous n'avons pas de statistiques fiables sur l'indemnisation", avance-t-on. A cette confusion s'ajoute l'extrême complexité des règles d'indemnisation, qui ne facilitent pas toujours la vie des chômeurs. Djamal Chaab, le chômeur qui s'est immolé à Nantes, n'avait pas compris pourquoi il ne pouvait pas percevoir son indemnisation, malgré le fait qu'il estimait avoir assez travaillé.

Autre écueil : les dossiers de constitution de demandes de l'ASS et du RSA ne sont pas plus simples. Pour obtenir l'ASS, il faut ainsi retracer ses dix dernières années de carrière et retrouver toutes les pièces justificatives qui vont avec. Pour le RSA, Pôle emploi renvoie les bénéficiaires potentiels vers les conseils généraux ou les CAF. Dans les deux cas, les procédures peuvent durer plusieurs mois, alors qu'elles concernent des chômeurs qui sont à l'euro près.

 

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L'EXPANSION  15 février 2013

 

Gros plan sur l'explosion du nombre des chômeurs en fin de droits

 

La tentative de suicide d'un chômeur en fin de droits à Saint-Ouen braque une nouvelle fois les projecteurs sur la montée du chômage de longue durée et celle des exclus du système d'indemnisation. Le principaux chiffres à retenir.

 

Après l'immolation par le feu d'un chômeur de 42 ans en fin de droits devant le Pôle Emploi de Nantes, la tentative de suicide similaire à Saint-Ouen d'un homme se disant dans la même situation met en lumière l'explosion du nombre de demandeurs d'emploi exclus du régime d'indemnisation.

Près d'un chômeur sur deux n'est pas indemnisé

A la fin décembre, plus de 4,6 millions de personnes pointaient à Pôle emploi, dont 3,1 millions sans aucune activité. Deux catégories en hausse respectivement de 10% et de 8,8%. Mais tous ces demandeurs d'emploi ne sont pas indemnisés. En décembre dernier, près de 2,3 millions de personnes recevaient une allocation chômage, soit une hausse de 5,1% sur un an deux fois moins rapide que la hausse globale des chômeurs. Autrement dit, si on y ajoute les chômeurs dispensés de recherche d'emploi, près d'un chômeur sur deux (47,8%) n'est pas indemnisé.

80 à 90 000 personnes par mois perdent leurs droits


Chaque mois, entre 80.000 et 90.000 allocataires en moyenne ne sont plus couverts par l'assurance-chômage car leurs droits sont épuisés. Le nombre de chômeurs en fin de droits a ainsi progressé de 7,2% en 2012. Pour l'Unédic, ces sorties sont dues au fait que de plus en plus d'entre eux entrent avec des droits chômage plus courts, et donc plus rapidement épuisés. "La conjoncture étant mauvaise, elle permet peu de reprise d'emploi, l'arrivée en fin de droits est donc plus courante", souligne-t-on.

A la crise, s'ajoute aussi un manque d'accompagnement dispensé par Pôle Emploi en raison d'un manque d'effectifs. Les agents sont débordés. "En France, les conseillers Pôle Emploi ont deux fois plus de personnes à accompagner qu'en Angleterre ou en Allemagne" précise Sophie Bonnaure, déléguée général de Solidarités Nouvelles face au Chômage.


Près de 2 millions de chômeurs longue durée


La situation n'est pas près de s'améliorer. Le chômage de longue durée a explosé (+12,5%) en 2012 à 1,96 millions de personnes inscrites depuis plus d'un an à Pôle emploi. Soit près de 39% des demandeurs d'emploi. Parmi eux, 500.000 sont au chômage depuis trois ans ou plus.


Que deviennent les chômeurs en fin de droit ?


Il y a trois cas possibles. Soit, la personne bénéficie de l'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) si elle justifie cinq ans d'activité salariée au cours des dix années précédant la fin de son contrat de travail.

Soit, le demandeur d'emploi n'est pas éligible à l'ASS mais perçoit le Revenu de Solidarité Active (RSA) : 483,24 euros pour une personne seule et n'exerçant aucune activité. Le passage de l'indemnisation au revenu minimum se traduit donc par une importante baisse de revenu.

Soit, le chômeur ne remplit aucune des conditions pour accéder à un minima social : à savoir s'il est âgé de moins de 25 ans ou si son foyer dépasse les plafonds du revenu. La personne se retrouve alors sans ressources propres. "Quand on n'a ni le droit à l'ASS, ni au RSA, on n'est rien du tout !" souligne Jean-François Kiefer, secrétaire national de CGT chômeurs.


Quelles solutions ?


Tout passe évidemment par une reprise de l'activité. Mais un meilleur accompagnement des demandeurs d'emploi tout au long de leurs recherches est nécessaure. "Il faut des moyens financiers pour recruter plus d'agents, estime ainsi Sophie Bonnaure. Les entretiens avec les chômeurs sont trop courts, parfois ils se font par téléphone ou e-mail. Et, il faut du temps. Redonner confiance à la personne, s'assurer qu'elle ne se désocialise pas et l'écouter à l'occasion de rencontres régulières, sont les éléments indispensables pour aider un chômeur"..

Un sentiment partagé par Philippe Berhault, secrétaire général adjoint de la CFDT-PSTE : " Il faut s'occuper des demandeurs d'emploi dès le démarrage ! Pour cela, il faut du renfort sur place afin de mieux cibler les besoins des personnes. Je crois à la vertu de l'accompagnement mais il faut donner les moyens aux agents ".


Quelles perspectives pour 2013?


L'Unédic ne prévoit que 7.300 demandeurs d'emploi indemnisés supplémentaires, mais s'attend à un afflux de 185.500 chômeurs sans activité de plus. En incluant les demandeurs d'emploi ayant une activité réduite, l'assurance-chômage prévoit une hausse totale de 234.900 inscrits. Le taux d'indemnisation pourrait donc encore baisser.

 

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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 08:04

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(Un peu d'humour dominical malgré l'actualité tragique)

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 18:09

 

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En tête du cortège, les amis et la famille

 

AFP  16 février 2013

 

Suicide/Pôle emploi: hommage à Nantes

Deux cents personnes, parmi lesquelles sa veuve, qui a mis en cause la froideur de l'administration, ont défilé samedi à Nantes en hommage au chômeur qui s'est mortellement immolé par le feu mercredi devant une agence Pôle emploi de la ville.

Nicole, veuve de Djamal C., un Algérien de 42 ans, a souligné combien son mari était "honnête et droit". Les familles françaises et algériennes de Djamal "unissent leurs souffrances ensemble pour essayer de faire avancer les choses par rapport à une administration qui a perdu toute humanité", a-t-elle ajouté.

"Les gens qui viennent à Pôle emploi, ils ont déjà soit une précarité, soit une sensibilité à fleur de peau. Si on leur dit vous n'avez pas le droit (...) c'est ça qui a fait déborder le vase. Il était peut-être fragilisé en ce moment, mais il n'était pas dans cet état-là", a-t-elle affirmé.

"De là-haut, il a des choses à faire et, moi aussi, je vais en faire pour que, justement, ça ne se reproduise plus, que des gens dans cette situation n'agissent plus comme ça", a-t-elle martelé.
Djamal C. s'est suicidé par le feu mercredi à la mi-journée après l'avoir annoncé dès la veille à Pôle emploi et à certains médias, mais en déjouant la surveillance mise en place devant l'agence pour tenter de l'en empêcher.

Le ministre de l'Emploi, Michel Sapin, venu sur place le soir-même, avait jugé que "tout a(vait) été fait" pour l'en empêcher et dédouané Pôle emploi de toute responsabilité. De son côté, le président François Hollande avait exprimé "une émotion particulière" au lendemain du drame, alors qu'il effectuait une visite en Inde.

Le 11 février, cet Algérien en situation régulière de 42 ans s'était vu signifier que, faute d'avoir déclaré à Pôle emploi du travail effectué fin 2012, il devrait rembourser les allocations trop perçues et que ces heures travaillées ne lui ouvriraient pas de droits à indemnisation. Cette "double peine", prévue par la réglementation, a été aussitôt dénoncée par la CGT.

 

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Cette nuit devant l'agence de Nantes-Est

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 17:09

 

OUEST FRANCE  15 février 2013

Drame de Nantes. Pôle Emploi encore sous le choc

 

Après l'immolation d'un demandeur d'emploi désespéré devant une agence Pôle emploi à Nantes, le malaise se fait sentir chez les salariés. Plusieurs soutiens leur ont été apportés, jeudi.


Visite d'un ministre


En visite à Nantes, dans le cadre de son tour de France de la solidarité, Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée en charge des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, s'est arrêtée, jeudi, à la direction régionale de Pôle Emploi.

Objectif : dialoguer avec la direction et les syndicats après la mort d'un chômeur désespéré, mercredi matin. L'agence devant laquelle ce quadragénaire s'est immolé est restée fermée. « Tout le symbolisme de cet acte est très dur. Le contre coup est extrêmement difficile, confiait, jeudi, une employée de l'agence qui a reçu le chômeur lundi. Je n'ai pas de responsabilité, je le sais, mais c'est un événement qui fait remonter beaucoup de choses. Je suis très entourée, heureusement... »

« Je suis venue leur dire qu'ils n'avaient aucune responsabilité dans ce qui s'est passé, explique la ministre. C'est un drame humain et un drame plus global de la misère. Ici, tout a été fait... » La ministre a ajouté : « J'ai fait part de mon soutien aux salariés. Quand la pauvreté progresse, ce sont eux qui sont au front : les travailleurs sociaux, les agents de Pôle Emploi... »


« Le service se déshumanise »


Au-delà du drame personnel qui s'est joué à Nantes, les salariés de Pôle Emploi mettent en cause un système de gestion des demandeurs d'emploi qui laisse de moins en moins de place à l'humain.

L'un d'eux détaille ainsi sa journée de travail : accueil physique ou téléphonique des chômeurs, entretiens d'inscription en 50 minutes chrono et gestion d'un « portefeuille » pouvant contenir jusqu'à 500 demandeurs d'emploi à accompagner.

« Depuis la fusion de l'ANPE et des Assedic, un conseiller doit tout maîtriser, de l'inscription à l'indemnisation, en passant par la formation du demandeur d'emploi... » À cause du trop grand nombre de dossiers confiés à un seul agent et d'une pénurie d'effectifs, le système aboutit « à une mise à distance du demandeur d'emploi (mail, téléphone, renvoi vers le site de Pôle Emploi...) » Conséquence : une dégradation des relations avec les conseillers dans les agences.


Jocelyne RAT.

 

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Manifestations de solidarité devant l'agence de Nantes-Est

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 19:01

 

maville.com (Nantes)  14 février 2013

Chômeur immolé : la ministre Carlotti à Nantes, les syndicats veulent du concret

"Ici tout a été fait", expliquait ce jeudi, en début d'après-midi Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion devant la direction régionale de Pôle emploi.

Paraphrasant de fait Michel Sapin, le ministre du Travail et de l'emploi venu à Nantes dès hier soir apporter son soutien aux agents de Pôle emploi.

"Un métier extrêmement difficile" (ministre)

La ministre Carlotti a déchargé ces derniers de "toute responsabilité" dans le suicide de ce chômeur en fin de droits, estimant : "S'il y a une responsabilité, elle est collective : c'est la situation de la pauvreté dans ce pays ; que nous voulons faire reculer."

Ajoutant, avant d'entamer la 1ère étape de son "Tour de France de la solidarité" : "Je donne aux salariés tout mon soutien. Ce sont eux qui sont au front. C'est un métier extrêmement difficile, qu'il faut absolument respecter."

"8 000 postes doivent être créés" (syndicat)

A l'image de jean-Charles Steyger, du SNU-Pôle emploi, les syndicats rencontrés ce midi par la ministre attendent désormais des mesures concrètes.

"8 000 postes doivent être créés", a-t-il affirmé, expliquant que "le nombre de [chômeurs en] fin de droits va doubler d'ici fin décembre".

Et appelant l'Etat à organiser une "Conférence nationale sur l'emploi" :

 


 

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 14:04

 

AFP 15 février14H30


Un chômeur en fin de droits d’une quarantaine d’années a tenté de s'immoler par le feu, en fin de matinée à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

Des passants sont intervenus et ont aussitôt prévenu les secours. L’homme, qui souffrre de brûlures, a été transporté à l’hôpital.

SUR RMC

Un chômeur en fin de droits tente de s'immoler par le feu à Saint-Ouen

Un chômeur en fin de droits a tenté de s'immoler par le feu, vendredi, à Saint-Ouen en Seine St-Denis, a annoncé la préfecture. Hospitalisé, ses jours ne sont pas en danger. Mercredi, à Nantes, un chômeur s'était suicidé de la sorte devant une agence Pôle emploi.

 

 

Sur BFM TV

 

Un chômeur en fin de droits âgé d'une quarantaine d'années a été hospitalisé vendredi après avoir tenté de s'immoler par le feu en pleine rue à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, a indiqué la préfecture.
    
Victime de brûlures aux premier et deuxième degrés, il a été hospitalisé à l'hôpital Saint-Louis à Paris, mais ses jours ne sont pas en danger, a-t-on précisé. Selon les premiers éléments de l'enquête, cet homme de 49 ans se serait aspergé d'essence vendredi en fin de matinée en bas d'un immeuble, avant de s'enflammer à proximité d'une école primaire, a précisé la préfecture.

 

LE PARISIEN

 

Un homme d’une quarantaine d’années a tenté de mettre fin à ses jours en s’immolant pas le feu ce vendredi en fin de matinée à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Le drame s’est déroulé rue Emile-Zola, non loin d’une école.

Des passants sont intervenus et ont prévenu aussitôt les secours. L’homme a été transporté à l’hôpital.

Il souffre de brûlures mais ses jours ne seraient pas en danger. Selon les premiers éléments, il s’agit d’un habitant de la ville qui vivrait en état de précarité. On ignore les raisons précises de son geste.


 

LE MONDE / AFP  15 février

 

 

Un homme de 49 ans se présentant comme un chômeur en fin de droits a été hospitalisé, vendredi 15 février, après avoir tenté de se suicider en mettant le feu à ses vêtements en pleine rue à Saint-Ouen, dans la Seine-Saint-Denis. Victime de brûlures aux premier et deuxième degrés, il a été transporté à l'hôpital Saint-Louis, à Paris, mais ses jours ne sont pas en danger, selon un responsable de la préfecture.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'homme se serait aspergé d'essence vendredi en fin de matinée près de son domicile, avant de s'enflammer à proximité d'une école primaire. Des passants ont appelé les secours, qui sont rapidement intervenus pour éteindre le feu et le prendre en charge. "Il a expliqué son geste par sa situation" de chômeur en fin de droits, une information non confirmée par le Pôle emploi. L'homme touchait en revanche l'allocation spécifique de solidarité, et "vivotait" après avoir fait de nombreux stages et contrats courts dans la vente. Veuf depuis 2009, il vivait seul depuis plusieurs années à Saint-Ouen.

Ce drame survient deux jours après la mort d'un chômeur en fin de droits, qui s'était suicidé de la même manière devant une antenne du Pôle emploi.  L'homme de 43 ans avait prévenu plusieurs médias locaux de son intention de se suicider pour protester contre le rejet de son dossier alors qu'il estimait avoir travaillé suffisamment d'heures. François Hollande avait exprimé après ce drame "une émotion toute particulière", tout en écartant toute responsabilité du service public de l'emploi.

 

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  Saint-Ouen: l'immeuble devant lequel le chômeur a tenté de s'immoler


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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 11:21

 

 

POLITIS  15 février 2013

Suicide à Pôle Emploi : « La responsabilité est collective »

Après le suicide d’un demandeur d’emploi, mercredi à Nantes, c’est « la refonte du service public de l’emploi » qui est en question, selon Jean-Philippe Magnen, vice-président de la Région Pays-de-la-Loire. Entretien.


Ni la police, ni les agents de Pôle Emploi, n’ont pu empêcher son geste de désespoir. Mercredi 13 février, un quadragénaire s’est immolé par le feu devant l’agence qu’il fréquentait. Demandeur d’emploi en fin de droits, il avait été reçu deux jours plus tôt pour obtenir des explications sur l’arrêt de ses allocations. Après deux entrevues, il apprend que Pôle Emploi lui demande de rembourser un trop-perçu, en raison d’une activité non déclarée qu’il a effectuée.

Le lendemain, l’homme prévient Pôle Emploi par téléphone de son intention de mettre fin à ses jours. Les policiers et les pompiers, immédiatement prévenus, se rendent chez lui. Ce dernier les rassure… pour mieux les repousser. Il prévient alors son agence Pôle Emploi et plusieurs médias locaux par mail qu’il compte se « brûler à Pôle emploi ».

« Aujourd’hui c’est le grand jour pour moi car je vais me brûler à Pôle emploi, raconte-t-il dans son courriel. J’ai travaillé 720 heures et la loi, c’est 610 heures. Et Pôle emploi a refusé mon dossier. »

Il tente une première fois de passer à l’acte, mardi 12 février, mais trouve porte close et préfère remettre son geste. Il parviendra à s’immoler par le feu le lendemain, malgré la présence de trois policiers mobilisés pour tenter de l’en empêcher.

 

Jean-Philippe Magnen est vice-président de la Région, Pays-de-la-Loire, en charge de l’emploi et de la formation professionnelle. Il espère que l’émotion suscitée par ce drame permettra d’accélérer la « refonte du service public de l’emploi ». 

 

Politis.fr : Quelle est votre réaction face à ce drame ?


Jean-Philippe Magnen : Nous éprouvons de la stupéfaction. C’est un acte difficile à qualifier, qui dépasse la compréhension qu’on peut avoir des situations de précarité.

Tout a été fait pour tenter de l’en empêcher. Même dans les derniers instants lorsque le demandeur d’emploi avait annoncé ses intentions. Ça a été un traumatisme très important pour les équipes, qui ont été exemplaires dans le drame.

Nous sommes dans un sentiment d’impuissance face à des actes irrémédiables comme celui-ci. Par contre, cela doit servir à nous alerter sur la situation du service de l’emploi. Les agents de Pôle Emplois témoignent d’un réel mal-être. Ils sont en contact quotidien d’usagers en souffrance, qui sont de plus en plus agressifs ou déprimés.

 

Avez-vous vu la situation se dégrader ces derniers temps ?


Cela fait plusieurs années que nous voyons les choses se dégrader et que les syndicats comme la direction régionale de Pôle Emploi nous alertent. Cette dégradation existe partout sur le territoire. Symboliquement, ce drame arrive d’ailleurs dans la région qui connaît le taux de chômage le plus bas de France, même s’il est aussi en augmentation.

La responsabilité est politique. Nous devons faire en sorte que Pôle Emploi ait les moyens de l’ambition qui est la nôtre pour lutter contre le chômage. En 2012, les chiffres étaient de 1 conseiller pour 200 demandeurs d’emploi alors que le ratio est de 1 pour 60 dans d’autres pays d’Europe.

 

Comment souhaitez-vous réagir ?


Il ne faut pas faire d’amalgame entre ce cas individuel et les agents qui gèrent pôle emploi. Personne ne porte la responsabilité individuelle de ce qui est arrivé. Nous avons une responsabilité collective.

Je pense qu’il faut réhumaniser le service de l’emploi et lui donner les moyens de jouer un rôle de proximité qui est de plus en plus nécessaire. Les professionnels sont face à l’agressivité de la question sociale sans avoir les moyens d’y répondre. Ils ont besoin de temps d’écoute.

J’espère que cet acte terrible contribue à accélérer la prise de conscience. Il faut que nous ayons un débat politique, notamment autour du « plan Pôle Emploi 2015 », présenté par la direction. Nous devrions nous mettre autour d’une table avec les organisations syndicales et les acteurs économiques pour une grande convention nationale sur la lutte contre le chômage et l’exclusion.

Personne n’a la solution, cela fait trente ans qu’on a dépassé les 3 millions de chômeurs. Mais si cet acte peut servir à favoriser le travail en commun, ce sera positif. Ne passons pas à autre chose. Il faut refonder le service public de l’emploi, qui a été mis à mal pendant cinq ans. C’est notre responsabilité.


 

AFP  15 février 2013

 

Le porte-parole d'EELV, Jean-Philippe Magnen a jugé que "Pôle Emploi n'a pas les moyens" de réellement accompagner les chômeurs, après l'immolation de l'un d'entre eux à Nantes mercredi et la tentative d'un deuxième vendredi à Saint-Ouen.

"Après la stupéfaction et l'émotion, après le sentiment d'impuissance et l'accablement de n'avoir pas réussi à empêcher de tels drames, après l'affirmation de notre solidarité avec les agents de Pôle Emploi qui en aucun cas ne peuvent être tenus responsables de cette situation (...) vient l'heure de la prise de conscience et de l'action", écrit le porte-parole des écologistes dans un communiqué.

"La situation se dégrade terriblement depuis quelques mois, et les réponses qui lui sont données ne sont plus au niveau. Pôle Emploi en particulier n'a pas les moyens de notre ambition d'accompagnement des personnes en recherche d'emploi et de lutte contre le chômage", dit-il.

"Globalement, c'est le service public de l'emploi qui exige notre attention. Il nous faut rapidement lancer le processus de sa refonte afin de le ré-humaniser et lui donner les moyens de l'efficacité, de la proximité géographique et humaine et de la réactivité. Des décisions stratégiques, organisationnelles et budgétaires, s'imposent et nous faisons confiance au gouvernement pour les prendre au plus vite, en concertation avec les acteurs de terrain", conclut M. Magnen.

 

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Archives pullover-blog: JP Magnen à Notre-Dame-des-Landes le 16/11/2012

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Published by Aurore Boréale
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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 00:19

 

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OUEST FRANCE  14 février 2012

 

Drame devant Pôle emploi. Vive émotion après la mort du chômeur

L’émotion est vive ce jeudi en France, au lendemain de l'immolation par le feu d'un chômeur en fin de droits ayant annoncé ses intentions en début de semaine, mais qui a déjoué avec détermination les moyens mis en place pour prévenir son geste devant son agence Pôle Emploi.


L’ébauche du scénario du drame

Enquêtant en urgence sur la mort de cet homme, dès mercredi soir, les policiers avaient reconstitué un début de scénario. A prendre avec précaution tant l’enquête ne fait que débuter. Voilà comment ils le détaillent.

Première alerte, mardi matin. L’homme se présente à Pôle emploi pour régler son problème mais il trouve portes closes. Il retourne chez lui, passe des coups de fils à Pôle Emploi pour les informer qu’il a pris des médicaments pour se suicider. Les pompiers sont avisés. Ils débarquent chez l’homme. Lequel aurait répondu qu’il ne passerait pas à l’acte. Qu’il avait proféré cette menace sous le coup de la colère.

Mais dans l’après-midi, Pôle Emploi reçoit plusieurs nouveaux coups de fil de protestation. L’homme menace encore de mettre fin à ses jours. Il annonce qu’il s’immolera, mercredi, dans les locaux de l’agence Est dont il dépend. Branle-bas de combat. Pôle emploi alerte la police et fait appel à un vigile.

Ainsi, mercredi, à 8 h, un équipage se présente à l’appartement du quadragénaire. Pas de réponse. Ni au téléphone ni à la porte. La patrouille reste en planque en bas, surveillant les allées et venues. Vers 10 h, une autre patrouille, comptant trois fonctionnaires, est postée à Pôle Emploi. « Le vigile filtrait les entrées. Un fonctionnaire restait à l’intérieur en dernier rempart. Un autre était posté sur le parvis de l’agence, un dernier restait en surveillance dans une voiture sérigraphiée. »

Cela n’a pas suffi. À midi, l’homme a surgi, en flammes, à l’angle de l’agence. Le vigile s’est empressé de le couvrir d’une couverture tandis qu’un policier vidait un extincteur. En vain.

« On est tous responsables »

Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, a affirmé que les agents de Pôle emploi avaient « le sentiment d’avoir fait tout ce qui était dans leur possibilité ».

« On a essayé de lui expliquer […]. Lorsqu’il nous a indiqué qu’il avait l’intention de s’immoler, on a alerté les services de police et de pompiers. On a réussi à le contacter, on lui a proposé un rendez-vous pour examiner toutes les possibilités de faire face à la situation. Il n’a pas voulu venir et le matin même on a encore essayé d’avoir un contact téléphonique avec lui », a raconté Jean Bassères.

Selon lui, « on est tous responsables dans un tel drame ». « Les agents sur place ont le sentiment d’avoir fait tout ce qui était dans leur possibilité pour éviter ce drame », a-t-il ajouté.


Réactions politiques

De la victime, on savait encore très peu : « C’est une personne pas connue des services, de nationalité algérienne, qui bénéficiait d’un titre de séjour de dix ans, une personne tout à fait banale, normale avec une vie normale dans un quartier normal », soulignait encore Philippe Cussac, Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP). Il était marié et aurait notamment fait un stage en chaudronnerie.

Au-delà de l’émotion locale, très vite mercredi, les réactions se sont succédé à l’échelle nationale. Ancien député-maire de Nantes, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a exprimé sa « très vive émotion » tandis que le ministre de l’Emploi Michel Sapin, sur place mercredi, jugeait que « tout a été fait » pour empêcher le drame par les salariés et la direction de Pôle Emploi.

Le Mouvement National des Chômeurs et Précaires a exprimé « sa profonde tristesse » et rappelé que « le taux de suicide parmi les chômeurs est six fois plus élevé que parmi le reste de la population ».

Marie-Arlette Carlotti attendue ce jeudi midi

Le 8 août dernier, en plein entretien avec un conseiller de la Caisse d’allocations familiales (Caf) de Mantes-la-Jolie (Yvelines), un chômeur de 51 ans s’était aspergé de liquide inflammable avant d’y mettre le feu et il était décédé de ses blessures.

Après Michel Sapin, la ministre chargée de la lutte contre l’exclusion Marie-Arlette Carlotti était attendue jeudi vers la mi-journée à la direction régionale de Pôle Emploi, tandis qu’une manifestation, à l’appel notamment de la CGT, est prévue sur les lieux du drame au même moment. François Chérèque, ancien numéro un de la CFDT devenu inspecteur général des affaires sociales, devait accompagner la ministre lors de son déplacement.

 

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Reuters  14 février 2013


 

Pôle emploi : après le drame, l'émotion

Après l'immolation par le feu d'un chômeur en fin de droits devant une agence Pôle emploi, mercredi 13 février à Nantes, les différents intervenants tentent de comprendre.

 

L'émotion était vive jeudi 14 février à Nantes mais aussi en France, au lendemain de l'atroce immolation par le feu d'un chômeur en fin de droits ayant annoncé ses intentions en début de semaine.

Lundi 11 février, cet Algérien en situation régulière de 42 ans, s'était vu signifier que, faute d'avoir déclaré à Pôle emploi du travail effectué fin 2012, il devrait rembourser les allocations perçues et que ces heures travaillées ne lui ouvriraient pas de droits à indemnisation.

Des appels répétés

Une "double peine" prévue par la règlementation que la CGT de Pôle emploi a aussitôt pointée du doigt. Dès mardi, sur le numéro d'appel destiné aux chômeurs inscrits, l'homme a d'abord déclaré qu'il allait se suicider avec des médicaments, selon le Directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) Philippe Cussac. Mais cette personne, que certains témoins sur place ont décrit comme "froid", a rassuré les secouristes envoyés chez lui.

Puis, un peu plus tard mardi, il a envoyé d'autres messages, parmi lesquels un mail glaçant reçu par le quotidien Presse-Océan. L'homme y déclare: "Aujourd'hui, c'est le grand jour pour moi car je vais me bruler à pole emploi car j'ai travaillé 720 h et la loi c'est 610 h et le pole emploi a refusé mon dossier, merci au revoir".

Selon la direction régionale de Pôle emploi, des conseillers l'ont alors appelé pour l'aider à trouver des solutions alternatives, tant d'allocations de solidarité que d'étalement de sommes qu'il devait à l'institution.Mais mercredi matin, au domicile de l'allocataire, les policiers ont trouvé porte close. Et les appels de Pôle emploi sont restés sans réponse.

"Tous responsables dans un tel drame"

Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi, a affirmé que les agents de Pôle emploi avaient "le sentiment d'avoir fait tout ce qui était dans leur possibilité". "On a essayé de lui expliquer (...). Lorsqu'il nous a indiqué qu'il avait l'intention de s'immoler, on a alerté les services de police et de pompiers. On a réussi à le contacter, on lui a proposé un rendez-vous pour examiner toutes les possibilités de faire face à la situation. Il n'a pas voulu venir et le matin même on a encore essayé d'avoir un contact téléphonique avec lui", a raconté M. Bassères. Selon lui, "on est tous responsables dans un tel drame". "Les agents sur place ont le sentiment d'avoir fait tout ce qui était dans leur possibilité pour éviter ce drame", a-t-il ajouté.

"Une vie normale dans un quartier normal"

Un dispositif de sécurité avec des policiers avait été mis en place dans l'agence de Nantes Est, située au milieu d'une morne zone de sièges et entrepôts d'entreprises. Mais à midi, les témoins, impuissants, ont vu "cette personne arrivant en courant, passer l'angle du bâtiment, en flammes", a raconté M. Cussac. Une couverture a été jetée sur lui, les policiers l'ont arrosé avec un extincteur, mais il était trop tard.

Pour parvenir à ses fins, le désespéré se serait aspergé d'essence et enflammé à l'arrêt du bus qui l'amenait à Pôle Emploi puis il a parcouru en courant les quelques dizaines de mètres qui le séparaient de l'agence, en flammes. "Il a fini au sol de manière triste, après ces cent mètres certainement qui ont été très difficiles, très endurants pour lui", a estimé M. Cussac.

De la victime, on savait encore très peu: "C'est une personne pas connue des services, de nationalité algérienne, qui bénéficiait d'un titre de séjour de dix ans, un personne tout à fait banale, normale avec une vie normale dans un quartier normal", soulignait encore M. Cussac. Il était marié et aurait notamment fait un stage en chaudronnerie.Au-delà de l'émotion locale, très vite mercredi, les réactions se sont succédé à l'échelle nationale.

"Taux de suicide six fois plus élevé chez les chômeurs"

Ancien député-maire de Nantes, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a exprimé sa "très vive émotion" tandis que le ministre de l'Emploi Michel Sapin, sur place mercredi 13 février, jugeait que "tout a été fait" pour empêcher le drame par les salariés et la direction de Pôle emploi. Le Mouvement National des Chômeurs et Précaires a exprimé "sa profonde tristesse" et rappelé que "le taux de suicide parmi les chômeurs est six fois plus élevé que parmi le reste de la population".

Le 8 août dernier, en plein entretien avec un conseiller de la Caisse d'allocations familiales (Caf) de Mantes-la-Jolie (Yvelines), un chômeur de 51 ans s'était aspergé de liquide inflammable avant d'y mettre le feu et il était décédé de ses blessures.

 

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Ce livre est dédié aux agents de Pôle emploi et à ceux qu’ils accompagnent chaque jour.

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