7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 20:59

 

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L'Humanité  5 décembre 2014

Les nouveaux effets pervers de la convention d'assurance chômage

Alors que la conven­tion d'as­su­rance chô­mage est at­ta­quée en jus­tice par la CGT et par les as­so­cia­tions, ces der­nières tirent la son­nette d'alarme. Même les me­sures de cette conven­tion pré­sen­tées comme po­si­tives en­gendrent des pertes de droits pour les chô­meurs.
Depuis le 1er no­vembre, son al­lo­ca­tion d'en­vi­ron 500 euros a chuté de près de 200 euros. « Ma conseillère m'a confirmé que c'était dû aux nou­velles règles d'in­dem­ni­sa­tion, alors que j'avais en­tendu dire qu'elles se­raient plus in­té­res­santes, sou­pire Syl­vie. Quand je lui de­mande des pré­ci­sions, elle me ré­pond qu'elle n'y com­prend rien ! Deux cents euros d'al­lo­ca­tion en­vo­lés, c'est ça en moins pour payer la mai­son de re­traite de ma mère. J'ai voté Hol­lande et je trouve cette in­jus­tice ex­trê­me­ment cho­quante. » 1,7 mil­lion de per­sonnes cu­mu­lant un petit contrat et une al­lo­ca­tion chô­mage sont concer­nées par cette re­fonte du cal­cul de l'ac­ti­vité ré­duite. Cer­tains cri­tères ont été as­sou­plis pour per­mettre à plus de pré­caires d'en­trer dans le dis­po­si­tif. Mais les al­lo­ca­tions sont sou­vent moins éle­vées, en contre­par­tie d'un al­lon­ge­ment de la durée de ver­se­ment. Ce chan­ge­ment de règles de­vait avant tout « in­ci­ter les chô­meurs à la re­prise d'em­ploi », idée chère au Medef et au gou­ver­ne­ment.
Après une car­rière dans le prêt-à-por­ter et deux ans de chô­mage, Syl­vie n'a pas réussi à re­trou­ver un em­ploi à temps com­plet. « Je me de­mande pour­quoi je m'em­bête en­core à bos­ser à mon âge, ça me prend trop la tête. »
La quin­qua­gé­naire n'est pas la seule à subir le re­vers de bâton de la conven­tion d'as­su­rance chô­mage. Le piège des droits re­char­geables, vendu pour­tant aux de­man­deurs d'em­ploi comme une grande avan­cée, s'est déjà re­fermé sur de nom­breux pré­caires. Avant, la pro­cé­dure de « ré­ad­mis­sion » était en vi­gueur : un ca­pi­tal de droits était cal­culé en fonc­tion de la pé­riode d'in­dem­ni­sa­tion la plus fa­vo­rable. Dé­sor­mais, avec les droits re­char­geables, si une per­sonne a ac­cu­mulé deux pé­riodes de droits au chô­mage, elles se suc­cèdent l'une à l'autre. Sur le pa­pier, le de­man­deur d'em­ploi de­vrait être mieux pro­tégé. Mais le compte n'y est pas. « Nous ren­con­trons ce pro­blème au quo­ti­dien, ex­plique Em­ma­nuel M'hedhbi, du SNU Pôle em­ploi, il y a, par exemple, le cas d'un chô­meur qui était aide à do­mi­cile. Il a perdu son tra­vail, en­suite, il a oc­cupé un em­ploi de comp­table mieux ré­mu­néré que le pré­cé­dent avant de re­tom­ber à nou­veau au chô­mage. Avec les droits re­char­geables, il sera d'abord in­dem­nisé avec les droits ou­verts pour son pre­mier em­ploi, celui dont le sa­laire est moins élevé. »
Les in­ter­mit­tents du spec­tacle sont clai­re­ment me­na­cés par la mise en place de ce dis­po­si­tif. La per­ma­nence du CIP-IDF, Co­mité des in­ter­mit­tents et pré­caires d'Île-de-France, est as­saillie par les ar­tistes et tech­ni­ciens lésés. La mé­ca­nique est per­verse. Beau­coup d'in­ter­mit­tents ont des pe­tits bou­lots à côté, don­nant par exemple des cours de gui­tare ou de ci­néma, un tra­vail gé­né­ra­le­ment in­dem­nisé par le ré­gime gé­né­ral de l'as­su­rance chô­mage. Au mo­ment du re­cal­cul de leurs droits, ils ont be­soin de 507 heures réa­li­sées en dix mois et demi pour res­ter dans le ré­gime de l'in­ter­mit­tence. Si ce quota d'heures n'est pas rem­pli, Pôle em­ploi peut pio­cher dans ces droits ac­cu­mu­lés au ré­gime gé­né­ral grâce aux cours dis­pen­sés. Les heures d'in­ter­mit­tence se­ront donc per­dues et les ar­tistes se re­trouvent blo­qués dans le ré­gime gé­né­ral avec des al­lo­ca­tions plus faibles.
Pour Sofi Vaillant de la CIP, « main­te­nant, les gens vont y ré­flé­chir à deux fois avant d'ac­cep­ter des contrats hors in­ter­mit­tence. C'est une chausse-trappe pour faire sor­tir les in­ter­mit­tents des an­nexes 8 et 10 et em­pê­cher de nou­veaux d'y en­trer. Ça fait des an­nées que le Medef veut gri­gno­ter nos droits, il y ar­rive d'une ma­nière ou d'une autre ».
Lau­rence, trente-six ans, cos­tu­mière, ne sait pas com­ment se dé­pê­trer de ce bour­bier. Après une rup­ture conven­tion­nelle dans une co­opé­ra­tive de pa­niers de lé­gumes, elle en­chaîne presque im­mé­dia­te­ment sur une for­ma­tion dans un ate­lier de confec­tion, puis trouve un contrat. Quand il finit le 30 sep­tembre, elle dé­pose son dos­sier à Pôle em­ploi le 6 oc­tobre. Mais ne peut pas bé­né­fi­cier du ré­gime in­ter­mit­tent. « On me dit que c'est trop tard, que les nou­velles règles du 1er oc­tobre, les droits re­char­geables, s'ap­pliquent. Je de­vrais donc épui­ser mes droits au chô­mage suite de ma rup­ture conven­tion­nelle, soit 672 jours, avant de pré­tendre au ré­gime in­ter­mit­tent, je l'ai très mal pris ! » Si elle a en­tamé des re­cours au­près de Pôle em­ploi, en at­ten­dant, elle touche ses 868 euros d'al­lo­ca­tion au lieu des 1 330 aux­quels elle au­rait pu pré­tendre en tant que cos­tu­mière.
« Les droits re­char­geables doivent pous­ser les gens à re­tra­vailler, moi, ça m'in­cite plu­tôt à res­ter chez moi en at­ten­dant d'avoir li­quidé mes droits. Je ne sais pas com­ment je vais re­bon­dir. » Phi­lippe Sa­ba­ter du bu­reau na­tio­nal du SNU Pôle em­ploi se sou­vient de la « cam­pagne com­mu­ni­ca­tion­nelle faite au­tour des droits re­char­geables. Or, on as­siste à des éco­no­mies sur les droits des plus pré­caires. Il faut être cos­taud en tant que chô­meur pour se battre contre le sys­tème ». Les conseillers Pôle em­ploi manquent eux aussi d'armes pour dé­cryp­ter la com­plexité d'in­dem­ni­sa­tion. Les agents char­gés de la ges­tion des droits n'ont bé­né­fi­cié que de trois jours de for­ma­tion, les autres, de deux jours. « Pôle em­ploi est di­rigé par des ges­tion­naires ma­lades du chiffre, les ho­raires d'ou­ver­ture des agences vont en­core être ré­duits, la dé­ma­té­ria­li­sa­tion du suivi des chô­meurs, avec le 100 % Web, est en train de se gé­né­ra­li­ser, on as­siste à la désa­gré­ga­tion du ser­vice pu­blic. » Pour dé­non­cer ces dé­rives, les agents de Pôle em­ploi et les chô­meurs ma­ni­fes­te­ront, sa­medi, en­semble à Paris.
par Cé­cile Rous­seau

 

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 18:06

 

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Aujourd'hui 6 décembre à Paris

AFP  6 décembre 2014

Manifestations de chômeurs et de précaires pour l’emploi

Au moins un millier de personnes ont manifesté samedi à Paris, plusieurs centaines d’autres en régions, contre le chômage et la précarité, une démarche se voulant cette année plus particulièrement dirigée contre les récentes actions de patrons, ont constaté des correspondants de l’AFP.

A Paris, «2 à 3.000 manifestants», ensuite estimés à 8.000 par les organisateurs, 850 selon la police, ont défilé de la Place Stalingrad, dans le Xe arrondissement, à la place de Clichy (XVIIIe), à l’appel de plusieurs organisations (AC, Apeis, CGT Chômeurs, MNCP, CIP-IDH, CGT Spectacle...).

Autre cible du mécontentement pour cette 12e édition de la manifestation des chômeurs et précaires: le gouvernement. «Hollande, l’autre pays du chômage», pouvait-on lire sur la banderole en début de cortège.

Pour Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), qui défilait, «cette manifestation prend une importance d’autant plus grande au vu du contexte actuel, alors que des milliards d’euros sont reversés dans les caisses patronales». «Cette manifestation est aussi une riposte à l’action du MEDEF toute la semaine passée», a-t-il déclaré à l’AFP.

«La loi Macron va participer de la dégradation des conditions des travailleurs du dimanche et du soir, et cette manifestation est l’occasion de dénoncer aussi cela», a affirmé à l’AFP Jérôme Gleizes, conseiller de Paris et membre du Groupe écologiste de Paris.

«Actuellement, j’ai 2 contrats et j’arrive à 20h par semaine et 500 euros de salaire par mois: ce n’est pas vivable», déplore Fred, travailleur dans l’animation. «On parle d’abrogation des 35 heures mais beaucoup aimeraient bien pouvoir travailler au moins ce nombre d’heures-là», ajoute-t-il.

D’autres manifestations ont eu lieu en province. A Marseille, quelque 150 personnes se sont rassemblées sous la pluie dans le centre-ville, devant l’antenne locale du Medef. Ils étaient 300 à Bordeaux.

A Toulouse, où le contexte est tendu depuis la mort de Rémi Fraisse, entre 300 et 400 personnes ont défilé. Elles ont dû renoncer à parcourir les rues les plus centrales de la ville dont tous les accès étaient interdits par d’importantes forces de police.

La ville en étant à son sixième samedi consécutif de manifestations, parfois violentes, depuis la mort du militant écologiste tué par l’explosion d’une grenade de la gendarmerie sur le site du projet de barrage de Sivens, la police a canalisé le cortège vers une zone plus périphérique.

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 21:28

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La Tribune  4 décembre 2014

 

JEAN BASSÈRES, directeur général de Pôle Emploi

« Pour Pôle Emploi, le saut dans le numérique

est indispensable »

Services 100 % Web, applications mobiles dédiées, entretiens avec les conseillers par chats et visioconférences, organisation de salons virtuels… Jean Bassères, patron de Pôle Emploi depuis décembre 2011, fait le point sur la stratégie numérique résolue du service public de l’emploi.

 

 

PROPOS RECUEILLIS PAR SYLVAIN ROLLAND ET PIERRE MANIÈRE

Nommé sous Nicolas Sarkozy et très probablement reconduit prochainement par François Hollande à la tête de Pôle Emploi, cet inspecteur des finances dynamique qui a conduit à Bercy la fusion des deux directions clés du ministère des Finances, celle des impôts et celle de la comptabilité publique, pilote depuis trois ans un service public de l’emploi en pleine explosion du chômage. Issu du rapprochement en 2008 des Assedic et de l’ANPE, Pôle Emploi fait front, dans une période de transition économique sans précédent, et réalise sa mue numérique à vitesse grand V.

 

LA TRIBUNE – Votre reconduction pour trois nouvelles années en tant que directeur général de Pôle Emploi est quasiment actée. Quelles sont vos missions dans un contexte de crise et de chômage de masse?

 

JEAN BASSÈRES – La vie de Pôle emploi est rythmée par une convention tripartite, avec l’État et l’Unedic, qui fixe les orientations stratégiques pour trois ans. Dans un contexte économique et social difficile, ma mission est de poursuivre les efforts engagés par le Plan stratégique de transformation 2012-2015 pour accélérer le retour à l’emploi des chômeurs et améliorer la satisfaction des demandeurs d’emploi et des entreprises.

Les trois prochaines années seront donc consacrées à amplifier les évolutions mises en route lors de mon premier mandat. L’objectif est de développer un accompagnement personnalisé et renforcé dès le premier contact avec le demandeur d’emploi. Nous avons mis en place la différenciation des services, qui est une évolution majeure. Il s’agit d’adapter notre offre de services pour mieux aider ceux qui en ont le plus besoin. L’accompagnement renforcé des chômeurs les plus fragiles concerne aujourd’hui 3 600 conseillers et 270 000 demandeurs d’emploi. Nous devons l’amplifier. Nous avons aussi signé des partenariats avec une vingtaine de conseils généraux pour développer l’accompagnement global pour les chômeurs qui présentent des difficultés d’insertion professionnelle et sociale. Notre objectif est d’étendre cette démarche à une soixantaine de départements rapidement.

Enfin, le développement des outils numériques doit permettre d’améliorer nos services à destination des demandeurs d’emploi et des entreprises.

 

 

Justement, Pôle Emploi s’est lancé dans le développement du télétravail et des services 100 % Web, conformément au plan de Thierry Mandon, le secrétaire d’État en charge de la simplification numérique. Que représente le virage du numérique pour Pôle Emploi ?

Aujourd’hui, plus de 85 % des foyers sont équipés d’Internet, et 40 % de la population active est née après 1980 et a grandi avec les nouvelles technologies. On note aussi que neuf DRH sur dix utilisent le Web dans leurs opérations de recrutement (lire page 16).

Prendre le virage du numérique est donc indispensable pour améliorer la qualité du service.

 

Vous avez testé une démarche 100 % Web, qui devrait être généralisée à l’ensemble des régions d’ici à mars 2015. En quoi la dématérialisation est-elle bénéfique pour les demandeurs d’emplois ?

 

Cette expérimentation 100 % Web a mobilisé une centaine de conseillers dans sept régions et a concerné 8 000 demandeurs d’emplois volontaires. Il s’agit de créer une relation entièrement dématérialisée entre le conseiller Pôle Emploi et le demandeur. Les rendez-vous physiques sont remplacés par des chats et des webcams. Contrairement à l’idée reçue, cela crée un service plus personnalisé, plébiscité par les utilisateurs. Le dialogue par webcam permet de l’interactivité. Par exemple, les deux personnes vont cliquer ensemble sur un site Web, discuter plus facilement, le demandeur pose davantage de questions. En outre, cela simplifie les démarches. L’absentéisme à des entretiens en ligne est beaucoup moins important, car les contraintes liées au déplacement peuvent être évitées.

Nous avons aussi mis en place des services en ligne pour améliorer l’efficacité de la recherche d’emploi. Par exemple, des vidéos d’apprentissage en ligne et des ateliers numériques permettent d’apprendre à mettre en valeur son CV ou à bien utiliser les réseaux sociaux. Le demandeur d’emploi peut aussi consulter des vidéos réalisées avec des entreprises pour prendre connaissance des secteurs qui recrutent. Bref, l’opération est un tel succès que nous voulons la généraliser à l’ensemble des régions d’ici à mars 2015. Cent cinquante conseillers supplémentaires participeront à cette deuxième vague, qui touchera entre 40 000 et 50 000 demandeurs d’emploi volontaires. Nous verrons ensuite comment étendre la démarche à davantage de chômeurs, car il faut aussi former les conseillers à ces services. Mais l’usage des outils numériques se généralise dans la société et Pôle Emploi doit suivre le mouvement.

En quoi consiste la démarche      « transparence marché du travail » engagée en 2013 ?

 

Nous sommes partis d’un constat simple : il y a de plus en plus d’offres d’emploi en ligne, éparpillées sur de nombreux sites. Depuis septembre 2013, Pôle Emploi facilite l’accès aux offres en rendant visible sur son site des offres issues des autres acteurs du recrutement. Nous avons construit 40 partenariats avec des acteurs privés de l’emploi en ligne comme Joboolo ou Keljob, des acteurs publics comme l’Apec, ou encore des entreprises comme EDF ou Carrefour. Cela permet à pole-emploi.fr d’héberger 240 000 offres, dont 124 000 proviennent de nos partenaires. Grâce à ce système, les demandeurs d’emploi gagnent du temps dans leur recherche et les offres des entreprises gagnent en visibilité. D’ici à début 2015, 20 nouveaux partenaires rejoindront le dispositif.

 

Comment inciter les entreprises à utiliser davantage Pôle Emploi pour recruter ?

 

Une réorganisation en interne est nécessaire pour avoir dans chaque agence des conseillers spécialisés, par branches ou par secteurs par exemple, dans les services aux entreprises. Quatre à cinq mille conseillers ont vocation à devenir des interlocuteurs permanents et réguliers des entreprises, ce qui nous permettra d’améliorer nos relations avec elles.

Pôle Emploi doit aussi développer de nouveaux services en ligne : donner aux entreprises le maximum d’informations sur le marché du travail, les renseigner sur les aides auxquelles elles peuvent prétendre, sur les caractéristiques des demandeurs d’emploi qui peuvent les intéresser et enfin rendre le dépôt des offres le plus simple possible. C’est un chantier prioritaire, qui devra aboutir sous dix-huit mois. Un « club RH » existe déjà. Il permet de mesurer les attentes des entreprises. Nous avons aussi récemment réalisé 16 salons virtuels de recrutement, en parallèle des événements physiques existants. Ce fut un succès. Dans le futur, la mise en place d’entretiens virtuels de recrutement est aussi une piste à explorer. Tout cela n’existait pas il y a encore trois ans…

 

Malgré ces avancées, le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) évalue à 400 000 le nombre d’offres non pourvues. C’est un chiffre important, surtout dans une période de chômage de masse. Comment le faire baisser?

 

Il s’agit aussi d’un de nos chantiers. Ce chiffre soulève trois problèmes. Certains métiers, notamment ceux de l’hôtellerie et de la restauration, sont victimes de préjugés qui les rendent peu attractifs. Ce problème d’image peut se régler grâce à un travail de pédagogie et de communication. Nous avons élaboré avec les entreprises et les branches professionnelles des kits sectoriels qui présentent et valorisent les secteurs peu attractifs.

Le deuxième problème est la qualité de certaines annonces. Parfois, les conditions de travail ne sont pas jugées assez intéressantes, il faut donc travailler sur le contenu de l’offre. Enfin, il reste le problème de l’inadéquation entre les qualifications recherchées par les employeurs et les qualifications des demandeurs d’emploi. C’est un enjeu majeur car il touche à la formation des demandeurs d’emploi.

 

« Nous ne sommes pas tournés vers la productivité à tout prix mais vers la recherche de la qualité du service »

 

Justement, Pôle Emploi joue-t-il efficacement son rôle d’accompagnement dans le domaine de la formation ?

 

Pôle Emploi investit beaucoup dans la formation, même s’il est exact que nous devons intensifier nos efforts dans les années à venir.

Nous avons fortement contribué depuis 2013 au succès du « plan 30 000 », devenu le « plan 100 000 » en 2014. Il a pour objectif d’offrir 100 000 formations nouvelles à des demandeurs d’emploi, notamment dans les secteurs peu attractifs. Nous avons constaté que le taux de retour à l’emploi est meilleur pour ceux qui ont bénéficié de ce plan.

Dès 2015, Pôle Emploi mettra en place le compte personnel de formation, qui a pour ambition d’accroître le niveau de qualification de chacun et de sécuriser le parcours professionnel. De plus, nous continuerons à travailler étroitement avec les Régions en multipliant les partenariats, car elles disposent des compétences en matière de formation.

 

Développer des services numériques permet-il à vos agents d’effectuer des gains de productivité ?

 

Notre démarche n’est pas tournée vers la productivité à tout prix mais vers la recherche de la qualité du service. Pour un conseiller, le travail est le même dans le cas d’un entretien

via webcam ou de visu. En revanche, l’inscription en ligne offre effectivement des gains de productivité, car le conseiller peut réinvestir ce temps libéré pour accompagner des chômeurs.

L’un de nos objectifs est de faciliter le traitement en ligne de la demande d’allocation, toujours dans l’optique de passer le moins de temps possible à effectuer des tâches administratives. La simplification des outils permet aux utilisateurs de gagner du temps. Par exemple, un nouveau processus a permis de diviser le temps d’une inscription en ligne par deux cette année, de quarante minutes à vingt minutes.

 

Le contrôle des chômeurs est récemment revenu dans l’actualité à la suite de la publication des résultats de l’expérimentation que vous avez menée en 2013. Faut-il le généraliser ?

 

Le contrôle est l’une des missions de Pôle Emploi, mais il ne s’agit pas de faire du flicage. Cette mission ne peut pas être dissociée de la problématique générale d’accompagnement des chômeurs. L’expérience menée dans quatre régions nous a indiqué que certains chômeurs se découragent, en partie car ils n’ont pas de projet précis. J’en déduis que ceux qui ne cherchent pas activement du travail doivent être mieux guidés.

Bien sûr, nous avons identifié des abus et procédé à des radiations, mais que ce soit clair : il n’y a pas à Pôle Emploi de politique de radiation ni de stigmatisation des chômeurs. C’est d’ailleurs la conclusion d’un médiateur de Pôle Emploi. En ce qui concerne la généralisation du contrôle, cela pose la question des moyens humains. Est-ce une priorité? C’est en cours de réflexion.

 

 Comptez-vous utiliser les données dont vous disposez pour créer des services innovants ?

 

Depuis quelques semaines, nous avons lancé un laboratoire avec la communauté du Net et les équipes de Pôle Emploi, chargé de définir le futur « emploi store ». Ce sera une plateforme destinée aux utilisateurs pour accéder à des services en ligne conçus par Pôle Emploi ou par des start-up et des développeurs.

Pôle Emploi mettra à leur disposition des données pour créer de nouveaux services.

 

Allez-vous poursuivre la politique de diminution des coûts mise en place lors de votre premier mandat ?

 

Je ne suis pas un « cost-killer » et Pôle Emploi n’est pas dans une logique de réduction drastique des coûts. Mais la maîtrise des dépenses est essentielle, car nous utilisons l’argent public. Notre plan d’économies a permis de diminuer les dépenses de fonctionnement de 111 millions d’euros en mobilisant des leviers classiques, comme la baisse des frais de communication et de consulting, l’utilisation de la visioconférence pour éviter les frais de déplacement, ou encore la maîtrise des coûts d’affranchissement. Nous poursuivons également le schéma directeur immobilier pour supprimer les agences doublons issues de la fusion ANPE-Assedic.

Vingt-cinq pour cent des sites de Pôle Emploi sont toujours dans ce cas de figure. Mais cette réorganisation ne se fait pas au détriment des demandeurs d’emploi puisque 96 % d’entre eux vivent à moins de trente minutes d’une agence.

 

Pour faire face aux besoins liés à l’augmentation du chômage,        4 000 nouveaux CDI ont été créés à Pôle Emploi en deux ans. Mais les syndicats pointent toujours de mauvaises conditions de travail et un nombre de dossiers à traiter toujours plus important.

Envisagez-vous d’autres recrutements ?

 

Dans la situation actuelle, je ne m’attends pas à de nouvelles créations d’emplois car cette décision est prise par l’État. D’où l’importance de dégager de nouvelles marges de manoeuvre en interne et de développer les services numériques pour déployer les effectifs vers l’accompagnement des demandeurs d’emploi et des entreprises.

Je tiens à préciser que je conteste l’image, largement entretenue dans les médias, selon laquelle nos agents crouleraient sous les dossiers.

Nous sommes confrontés à une situation économique difficile et nos agents font un métier difficile. Mais les objectifs en taille de portefeuille sont respectés à 86 %. Cela ne veut pas dire que certaines agences ne sont pas confrontées à ce genre de problèmes, mais il s’agit d’une minorité. Je constate que pour la première fois depuis 2008, le taux de satisfaction des demandeurs d’emplois est remonté de quatre points, à 69 %. Mais j’ai l’impression qu’on entend toujours les 31 % d’insatisfaits. Bien sûr, il faut tout mettre en oeuvre pour répondre à leurs attentes. Mais le « Pôle Emploi bashing » est risqué, car il accrédite l’idée d’un service public qui n’est pas entièrement tourné vers l’efficacité.

  

Changer l’image de Pôle Emploi, mission impossible ?

 

Je suis un homme de service public et j’essaie de le rendre encore plus performant. Je crois que Pôle Emploi évolue dans le bon sens et que son image commence à changer auprès des entreprises et de nos partenaires, qui nous prenaient pour une citadelle assiégée et repliée sur elle-même. Nous avons démontré que nous sommes capables de nous adapter, nous sommes allés chercher les partenaires pour travailler avec eux. Pôle Emploi aura toujours le syndrome de l’opérateur historique. À nous de convaincre davantage le grand public de notre capacité d’innovation.

  

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 20:56

 

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 19:08

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France Inter  émission du 5 décembre 2014

Le business du marché du chômage 

 

Depuis 2005, Pôle Emploi peut déléguer une partie du flux des demandeurs d'emploi à des opérateurs privés. Un marché juteux de plus de 250 millions d'euros pour ces sociétés qui gèrent plus de 250 000 demandeurs d'emploi. La particularité de ces demandeurs ? Ce sont les plus en difficulté, les plus éloignés du marché de l'emploi.

 

Ces sociétés s'engagent théoriquement à leur fournir un accompagnement individuel et renforcé. Oui ... mais ça c'est la théorie car en pratique, le rendez-vous individuel se transforme souvent en rendez-vous collectif. Une pratique qui choque Jean-Charles Steyger, il est délégué syndical FSU à Pôle Emploi.

 

Un jour, une collègue m'appelle et me dit qu'elle a en face d'elle 45 demandeurs d'emploi convoqués par un opérateur privé. Ils étaient là pour leur premier rendez-vous individuel. Ils les avaient mis dans un entrepôt désaffecté d'un ancien Saint Maclou.

 

Des pratiques à ne toutefois pas généraliser mais qui ont bel et bien existé. Notamment au sein d'une société : C3 Consultants.  Cette entreprise … elle a gagné beaucoup d’argent grâce aux contrats d’autonomie. Des contrats promis à 100 000 jeunes des quartiers sensible, c'était dans le cadre du plan banlieue de Nicolas Sarkozy en 2008. En Seine Saint Denis … l’entreprise affirmait avoir trouvé du travail pour 90% des jeunes qu’elle suivait … Bilan excellent … mirifique même. Mais bilan trop beau pour être vrai pour Pascal Bioret, ancien délégué CFDT. Il s’est rendu sur place pour comprendre comment ces taux pouvaient être atteints.

 

Quand on est arrivé, on a vu 20 jeunes en entretien avec un monteur en télécommunication. On a demandé au conseiller s'il faisait souvent ce genre de choses. Il nous a répondu "oui, oui, là y'a 20 jeunes, ça va faire 20 sorties positives." On lui a dit qu'il ne pouvait faire ça, que tous les jeunes n'étaient pas forcément intéressés. Il nous a dit "Mais nous on sait comment les intéresser les jeunes" Et on a compris après. En fait, ils versaient des primes aux jeunes en leur disant, si tu acceptes ce job, on te file 200-300€.

 

Il faut dire qu’un jeune placé rapportait 7 500€ à la société. Quand on sait que plus de 50 000 contrats ont été signés … faites le calcul ça représente des sommes énormes.

Et puis ce qui a provoqué ces dérives au sein de C3 Consultants … c’est que les conseillers touchaient un pourcentage sur chaque jeune placé.

L'IGAS sanctionne, la Cour des comptes épingle

L’inspection générale des affaires sociales, l’IGAS,  a enquêté sur ces contrats d’autonomie… Verdict : une fraude estimée à 13 millions d’euros. Le parquet de Bobigny a donc ouvert une enquête … qui est actuellement en cours.

 

De son côté … la Cour des comptes a aussi épinglé Pôle Emploi. Selon la Cour, l’opérateur public a fait appel à des sociétés privées pas assez fiables et les contrôles mis en place étaient insuffisants. Des accusations que récuse Thomas Cazenave, c’est le directeur général adjoint de Pôle Emploi.

 

Nous avons des prestataires avec qui tout se passe très bien. Je ne laisserai pas dire qu’il y aurait des pratiques douteuses généralisées dans les marchés Pôle Emploi

 

Pôle Emploi a beau nier … il n’empêche : depuis que ce scandale a éclaté, sa politique a changé. D’abord, les contrôles ont été renforcés. Ensuite l’opérateur public va confier aux sociétés privées, non pas les chômeurs les plus difficiles à suivre, mais les plus faciles.

Malgré toutes les dérives ... le placement privé des chômeurs a toujours la côte. Et l'explication n'est pas dure à comprendre :  les chômeurs suivis par ces opérateurs privés n’apparaissent plus dans la catégorie A des demandeurs d’emploi. Ils restent chômeurs, certes … mais pas dans la catégorie principale, celle dont l’évolution est suivie par tous les médias. Envoyer des chômeurs vers ces opérateurs, c’est cacher … au moins temporairement … une partie des demandeurs d’emploi alors que la barre symbolique des 6 millions de demandeurs d’emploi toute catégorie confondue a été franchie.

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 18:36

 

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La Dépèche  3 décembre 2014

Colette Coutarel : «Promenade romantique à Pôle Emploi»

Conseillère au Pôle Emploi de Decazeville, Colette Coutarel publie son premier livre «Promenade Romantique à Pôle Emploi». Un livre-témoignage sur son métier, sans détours ni mots mâchés, pour en finir avec les clichés. Interview.

Pourquoi ce livre ?

à un moment donné, j'ai éprouvé le profond besoin de l'écrire.

Car l'image de Pôle Emploi telle que nous la subissons, nous les conseillers, est une souffrance. Plutôt, dès lors, être acteur de cette image, réhabiliter l'image des conseillers au lieu de la subir.

Le choix du titre ?

Quand dans les médias on parle de Pôle Emploi on oublie généralement l'humain. c'est aberrant car l'humain est l'essentiel de notre métier. On parle plus souvent de lourdeur administrative et non de la valeur ajoutée ni de la richesse de la relation ; de tout ce que les échanges ayant lieu dans le cadre d'une recherche d'emploi apportent comme richesse.

Comment le définissez-vous ?

C'est un témoignage sur des gens que l'on rencontre. Il montre l'aide et le soutien qu'on peut leur apporter, ainsi que la complexité des échanges. On ne pourra pas empêcher les clichés mais combattre l'amalgame que l'ont fait quand on parle des demandeurs d'emplois. Ils sont tous différents avec des situations différentes. J'essaie aussi d'évoquer sans fausse pudeur, l'évolution du rapport au travail.

C'est-à-dire ?

Il y a des réalités qui font qu'autrefois il n'y avait pas de remise en cause de la nécessité de travailler. Aujourd'hui, l'évolution de la société qui prône l'épanouissement personnel ne va pas toujours dans le sens de l'accès au travail, qui peut-être ingrat et difficile. Ce livre c'est aussi dire que pole emploi n'est pas là pour créer le travail mais faire le lien entre ce qui est proposé est ceux qui cherchent. On ne peut pas être tenu pour responsable qu'il n'y a pas de travail pour tous. C'est un outil de traitement du chômage et non pas une agence de création.

Un livre pour défendre Pôle Emploi ?

Pas pour défendre l'institution mais faire reconnaître le travail des conseillers qui s'investissent dans leur travail. Même à la pause-café, on parle boulot. Je ne voulais pas parler de l'institution en tant que telle mais pour évoquer toute l'humanité de cette relation entre demandeurs d'emploi et conseiller.

Est-ce que votre métier a changé depuis la fusion ANPE-ASSEDIC ?

Forcément puisque depuis chaque conseiller a deux casquettes : il est à la fois le conseiller et l'assureur. Cela complexifie le rapport humain car au moment où le conseiller parle de» relation d'aide», le demandeur d'emploi risque d'entendre «contrôle». Cela perturbe la communication.

Avez-vous des attentes sur l'évolution de Pole Emploi?

Je me refuse à entrer dans un débat sur l'avenir de l'institution. Je ne suis pas à ce niveau de compétence. Je voudrais seulement faire partager un témoignagesur toute la valeur ajoutée que Pôle Emploi peut apporter aux demandeurs. Et on ferait mieux de parler davantage de cette valeur ajoutée plutôt que de s'arrêter uniquement sur les lourdeurs ou les dysfonctionnements.

Ce livre s‘adresse à qui ?

À tout le monde : ceux qui ont connu à un moment donné de leur vie des difficultés dans un parcours de recherche d'emploi, ou le vivent au présent. C'est porter un regard un peu plus proche sur un parcours qui est un moment de vie et ne définit surtout pas une personne. Il faut arrêter les étiquettes. Moi aussi, je suis passé plusieurs fois par cette case de demandeur d'emploi. C'est un passage et non une identité, Personne n'est à l'abri de ce passage.


Bio express

Jusqu'à présent, on connaissait surtout Colette Coutarel pour ses bons résultats en course automobile, en duo avec son compagnon Thierry Lajoie sur Ford Escort, catégorie VHC (véhicules anciens).

Originaire de Melun, Colette Coutarel a connu plusieurs métiers qu'elle décrit dans son ouvrage, a aussi travaillé en Allemagne et en Algérie pour une entreprise allemande.

Conseillère Pôle Emploi depuis 2000 et depuis 2 ans à Decazeville, cette Firminoise de cœur publie ainsi son premier livre, sous l'œil bienveillant de son beau-père, journaliste et écrivain prolifique, notre confrère et ancien maire de Firmi Roger Lajoie-Mazenc qui signe la postface en quatrième de couverture : «Ses encouragements ont largement contribué à l'aboutissement de ce projet d'écriture», précise-t-elle .

«Promenade romantique à Pole Emploi», Colette Coutarel, publié chez l'Harmattan dans la collection «Rue des Écoles». 112 pages.11,50 €. Pour le commander, vous pouvez passer par votre librairie préférée, ou directement par le site de l'éditeur : http ://www.editions-harmattan.fr.

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 22:43

 

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Grève des agents publics de Pôle emploi le 9 décembre

à l'appel des syndicats SNU-FSU, SNAP, SUD et CDMT

 

Communiqué de presse du SNU Pôle Emploi FSU, 

SNAP Pôle Emploi et CDMT Emploi : 

 

Le 9 décembre, les agent-es contractuel-les de droit public de Pôle Emploi seront en grève 

 

Le SNU Pôle Emploi FSU, SUD Pôle Emploi, le SNAP Pôle Emploi et la CDMT Emploi, appellent les agents contractuels de droit public de Pôle Emploi à se mettre en grève mardi 9 décembre 2014 pour défendre leur statut et les droits qui y sont rattachés, pour revendiquer la négociation d’une grille d’équivalence entre les niveaux d’emploi des agent-es publics et les coefficients de la Convention Collective Nationales des agents de droit privé, réadaptée y compris lors de la création de nouveaux emplois : psychologue du travail, Référent Réglementaire et Applicatif ainsi que l’ouverture de négociations pour une réelle revalorisation salariale. A terme ils revendiquent le rattachement au statut général des fonctionnaires. 

Depuis la fusion de l’ANPE et des Assedics et avec l’application d’une Convention Collective Nationale ouvrant un droit d’option à celle-ci pour les agent-es de droit publics, un sentiment bien réel d’isolement, d’exclusion et de discriminations se développe chez ces derniers. 

Aujourd’hui, la Direction Générale affirme entendre et comprendre le malaise ressenti. Pour autant elle continue d’imposer des règles du droit privé et le personnel qui a choisi de conserver son statut de droit public se retrouve le laissé pour compte de la fusion. Malgré nos revendications, la Direction Générale reste sourde et continue de vouloir s’exonérer des textes et des règles de la Fonction Publique. 

 

Seule une mobilisation de grande ampleur leur permettra d’obtenir : 

- un respect de leur droit à la carrière inscrit dans le statut de la Fonction Publique évolution salariale, droit à la mutation et à la réintégration, droit à la promotion ; 

- le retrait immédiat des règles de gestion (gestion des congés, mutation sur candidature CV et lettre,…) issues de la Convention Collective de droit privé pour les agent-es publics; 

- une revalorisation salariale à hauteur des efforts consentis depuis la création de Pôle Emploi à l’égal des agents de droit privé. Il n’est pas concevable que la Direction accorde des avantages salariaux aux seuls agent-es de droit privé ; 

- l’accès à tous les emplois et toutes les filières de la nouvelle classification de Pôle emploi ; 

- à terme l’accès au statut général des fonctionnaires. 

 

Cette journée de grève nationale des agent-es publics, inclue une manifestation nationale et un rassemblement à la Direction Générale 1 Avenue du Docteur Gley 75020 

Paris, afin qu’une délégation soit reçue Le MARDI 9 DECEMBRE 2014 à 13H00. 

 

Une conférence de presse est également prévue à partir de 14H00. 

 

La pétition de soutien: link



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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 22:15

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Webhelp

 

AFP  2 décembre 2014

Pôle emploi compte sous-traiter davantage le 3949

Pôle emploi compte sous-traiter davantage les inscriptions via son numéro d'appel 3949, pour que ses conseillers consacrent plus de temps au suivi des demandeurs d'emploi, selon un document transmis aux syndicats, consulté mardi par l'AFP. 
L'opérateur public sous-traite déjà, depuis 2009, une partie des inscriptions par téléphone à un prestataire externe, Webhelp. Depuis février 2014, ce mouvement d'externalisation a déjà permis de "libérer" les agences Pôle emploi des appels de "demande d'inscription". 

Selon le document transmis fin novembre aux syndicats, le contrat avec Webhelp arrivant bientôt à échéance, Pôle emploi va publier un nouvel appel d'offre "en décembre pour une mise en oeuvre en juillet 2015". 

"Sous réserve du budget, ce nouveau marché permettra la prise en charge d'une plus grande part des appels de la file Inscription du 3949 ainsi que des flux d'inscription web par un prestataire", peut-on lire sur le document. 

Par effet domino, les conseillers Pôle emploi de la plateforme 3949 pourraient davantage se concentrer "sur le traitement d'appels actuellement dirigés en agence", ce qui permettrait, en bout de chaîne, de "libérer du temps en agence pour le suivi et l'accompagnement". 

Selon Jean-Manuel Gomes (CFDT), secrétaire du CCE de Pôle emploi, la direction compterait même externaliser "la totalité" de l'activité Inscription du 3949. 

Son syndicat, qui ne rejette pas par principe toute externalisation, a demandé à la commission économique du CCE d'étudier le coût de la mesure. "Si Pôle emploi arrive à avoir le budget pour payer le sous-traitant, c'est qu'il peut avoir le budget pour le financer en interne", estime M. Gomes. 

De son côté, Jean-Charles Steyger, délégué syndical central FSU, estime que l'externalisation du 3949 "générera plus de flux en agence", parce que "les nouveaux demandeurs d'emploi n'auront pas, au moment de l'inscription, de réponses aux questions qu'ils se posent". 

Son homologue de Force ouvrière, Fabien Milon, est également "foncièrement contre" toute externalisation. selon lui, "c'est une façon de reconnaître que l'on n'a pas assez de moyens et, au lieu de les renforcer, on préfère diminuer les prestations offertes par Pôle emploi et permettre à des entreprises privées de faire du fric là-dessus." 

Selon Pôle emploi, les demandes d'inscription représentent 30% des appels reçus par le 3949, soit en moyenne 9,5 millions d'appels par an. Depuis août 2009, Webhelp a traité 21% de ces appels, permettant à Pôle emploi de limiter à 250, en équivalents temps plein, ses effectifs en charge de cette activité. 



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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 18:11

 

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AFP 1er décembre 2014

La Garantie jeunes, dispositif d'accompagnement des jeunes décrocheurs vers l'emploi déjà expérimenté dans 10 territoires, sera étendue à 61 nouveaux territoires courant 2015, a annoncé lundi le ministre du Travail, François Rebsamen.

Dix nouveaux territoires (départements, agglomérations, villes...) entreront dans le dispositif au 1er janvier, puis 51 supplémentaires "à partir de la fin du premier trimestre 2015", a détaillé le ministre lors d'une conférence de presse.

Objectif de M. Rebsamen: "que la Garantie jeunes concerne, fin 2015, 50.000 jeunes sans emploi, sans formation et sans stage". Le Premier ministre, Manuel Valls, avait fixé lors de la conférence sociale début juillet l'objectif de 100.000 jeunes en 2017.

Le dispositif est déjà expérimenté dans 10 territoires depuis fin 2013, notamment à Marseille, en Seine-Saint-Denis, à La Réunion ou dans les Vosges.

Destiné aux jeunes les plus éloignés de l'emploi, il offre, pour une durée d'un an, un accompagnement renforcé vers l'emploi, des périodes en entreprise et une allocation mensuelle de 450 euros correspondant au RSA sans le forfait logement. La durée peut être prolongée de 6 mois, au cas par cas.

Le projet de budget pour 2015 prévoit une enveloppe de 164 millions d'euros (dont 31 millions de fonds européens) destinée au dispositif. A terme, l'Europe devrait financer 50% du dispositif.

Le cofinancement européen provient de la déclinaison française de l'initiative pour l'emploi des jeunes (IEJ), dotée d'une enveloppe de 310 millions d'euros (2014-2015) et abondée par le Fonds social européen (FSE) à hauteur de 310 millions supplémentaires.

Outre la Garantie jeunes, ces 620 millions d'euros cofinancent le service civique, des accompagnements vers la création d'entreprise, une plateforme de lutte contre le décrochage et le déploiement de 700 conseillers Pôle emploi spécialisés dans l'accompagnement renforcé des jeunes.

Chaque année en France, 140.000 jeunes quittent l'école sans diplôme ni qualification. Beaucoup poussent la porte de Pôle emploi, qui recensait fin octobre 543.000 chômeurs de moins de 25 ans en métropole (+1,3% sur un an). Au 2e trimestre, le taux de chômage des 15-24 ans, mesuré par l'Insee, atteignait 22,8%.

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 12:16

Enfin l'embargo est levé: les agents ont le droit de savoir !

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Le projet d'accord présenté aux organisations syndicales:

TEXTE INTEGRAL

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convention tripartite

La convention tripartite Etat-UNEDIC-Pôle emploi

 

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Rapport sur la sous-traitance    

 

 

 

 

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Le rapport Iborra sur le SPE (texte intégral)

 

PE-copie-2

 LE BUDGET 2013 DE POLE EMPLOI

 

 

 

 

 

  UNEDIC.jpg

Utile et pratique 

 

CHARPY.jpg

 

    texte intégral (gratuit)

 

 

Ce livre est dédié aux agents de Pôle emploi et à ceux qu’ils accompagnent chaque jour.

  (Christian Charpy)

 

 

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La Convention Collective Nationale

 

 

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Histoire de l'Assurance Chômage (VIDEO INA)


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