Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
L'agence Pôle emploi de Rueil-Malmaison
Le Parisien 20 mars 2013
« Cela faisait deux mois que j’allais voir le monsieur à Pôle emploi… Il me baladait tous les jours. Et puis je ne prends plus mes médicaments. » Devant le tribunal correctionnel de Nanterre, c’est ainsi que Kamel, 57 ans, justifie son accès de violence à l’encontre de l’agent de Pôle emploi frappé d’un coup de poing au visage lundi matin à Rueil-Malmaison.
Arrêté immédiatement après l’incident, Kamel a été placé en garde à vue, puis traduit en comparution immédiate hier. Mais le tribunal a reporté son procès, le temps de laisser un psychiatre examiner cet homme souffrant apparemment de trouble du comportement. « Non non, je vais très bien, je n’ai pas besoin de psy. C’est juste que bon, je suis allé en prison et je me suis battu avec les surveillants. Et puis j’ai frappé mon avocat. »
Le passé judiciaire de Kamel atteste une évidente tendance à la violence, surtout à l’égard de l’autorité, relève la présidente du tribunal. Lundi, c’est l’agent d’accueil de Pôle emploi qui a essuyé sa colère, aussi subite qu’incompréhensible aux yeux de la victime, un homme de 56 ans.
Vers 9h20, le chômeur a poussé la porte des locaux de l’avenue Paul-Doumer. Et parce qu’il s’estimait « baladé » et « manipulé » parce qu’on ne lui trouvait pas de travail, il a fichu son poing dans la figure de l’agent. Bilan : un gros hématome et quatre jours d’interruption totale de travail. L’agresseur sera jugé le 23 avril. D’ici là, il reste en prison. « C’est n’importe quoi… Vous vous foutez de la gueule du monde », n’a pu retenir Kamel avant de quitter le box des prévenus, encadré de deux policiers.
Dans l’agence Pôle emploi de Rueil-Malmaison, les agents sont sous le choc. La victime est un agent qui se trouvait à l’accueil, un homme en poste depuis janvier et employé en contrat aidé. « C’était choquant, confie deux employées de l’agence présentes au moment des faits. Avec la crise, les choses ne font qu’empirer, et parfois il suffit d’un petit rien et ça explose… »
Pour rassurer les agents, la direction de Pôle emploi a appelé un vigile à la rescousse. L’agent de sécurité devrait rester dans les lieux quelques jours.