C'est vers 11 h 15 que quelques dizaines de militants d'associations de chômeurs, munis de sacs de couchage, ont investi l'agence Beaumarchais rue Pelée dans le 11e arrondissement parisien. Ils réclament un rendez vous avec le premier ministre Jean-Marc Ayrault et un "fonds social d'urgence", a constaté une journaliste de l'AFP. Ils ont déployé une large banderole "Hollande, l'autre pays du chômage", en criant "le changement c'est pour quand ?".
Cette action menée par trois mouvements de chômeurs – AC! (Agir contre le chômage et la précarité), l'Apeis (Association pour l'emploi, l'information et la solidarité des chômeurs et des travailleurs précaires), le MNCP (Mouvement national des chômeurs précaires) –, avec le soutien de l'association Droit au logement (DAL) et des syndicats SUD et SNU, fait suite à une rencontre mi-mars avec le ministre du travail Michel Sapin , qui avait fortement déçu les associations de chômeurs. Dénonçant le "mépris de M. Sapin", elles ont demandé jeudi à être reçues par le premier ministre. "Nous ne bougerons pas d'ici", a assuré Zalie Mansoibou (MNCP).
Malgré les appels des associations à "accueillir les demandeurs d'emploi" présents, la direction de l'agence a décidé de reporter les rendez-vous. Mettant en avant un "problème de sécurité", la directrice a expliqué que les agents de Pôle emploi avaient "fait valoir leur droit de retrait", ne voulant pas "travailler dans ces conditions". Une "honte", un "scandale", "on n'empêche pas le travail des agents, tant s'en faut", "on n'est pas contre vous", ont lancé en réaction les militants associatifs.
Les manifestants (chômeurs et syndicalistes de Pôle emploi) sont expulsés manu militari par les gendarmes mobiles
L'indignation des chômeurs après l'expulsion
Photos de notre correspondante sur place
Le communiqué des associations:
Occupation du Pôle emploi Beaumarchais : pour la mise en œuvre d’un plan d’urgence
Face à la détresse de nombreux chômeurs, face à l'accroissement sans précédent du chômage et de la précarité, nous avons proposé des mesures d'urgence au ministre Michel Sapin, le 15 mars, lors d'une rencontre que nous avions obtenue avec lui. Celui-ci les a rejetées en bloc.
Ce mépris suscite notre colère et nous avons décidé de passer à l'action en occupant ce Pôle emploi à Paris, solidairement, associations de chômeurs et de précaires et syndicats de Pôle emploi.
Nous adressons donc notre demande près du Premier ministre à qui nous demandons de nous recevoir aujourd'hui même.
PLAN D'URGENCE POUR LES CHÔMEURS ET PRECAIRES :
• Mise en place d'un «fonds social d'urgence» pour faire face aux dépenses vitales immédiates (se nourrir, se loger…);
• Moratoire sur les indus;
• Publication de la circulaire sur les radiations transcrivant les préconisations du médiateur national de Pôle emploi;
• Déclenchement automatique d’une allocation de solidarité (ASS ou RSA) pour tous les fins de droits;
• Rétablissement de l'allocation équivalent retraite (AER) dans son intégralité;
• Augmentation substantielle des minima sociaux afin qu’aucun revenu ne soit inférieur au seuil de pauvreté;
• Rétablissement de la dispense de recherche d’emploi (DRE) pour les chômeurs âgés;
• Organisation d'une conférence nationale pour refonder le «plan stratégique 2015» de Pôle emploi devenu obsolète avec un accroissement substantiel des moyens pour faire face à l'augmentation massive du chômage, mais aussi proposer des solutions aux chômeurs en fin de droits.
Enfin, nous considérons essentiel que des mesures concernant le logement y soient associées : l'arrêt des expulsions, la baisse des loyers, la construction de logements sociaux, l'application des lois concernant l'accueil inconditionnel, le DALO et la réquisition de logements vides.
AC! APEIS, MNCP, DAL, SNU-FSU et SUD-Solidaires Pôle Emploi
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La CFDT condamne les occupations (communiqué de presse)
Suite à l’envahissement du Pôle emploi Beaumarchais le 4 avril
La CFDT emploi soutient une partie des revendications mais condamne les occupations.
La CFDT, première organisation syndicale de Pôle emploi, sollicitée en tant que syndicat pour participer à une plate-forme commune avec les associations pour le 15 mars avait décliné l’invitation. Si la CFDT de Pôle emploi partage une partie des demandes exprimées par les associations, nous avions refusé de participer à une action commune car certaines revendications ne nous paraissent pas justifiées.
De la même façon, nous ne pouvons que condamner ces formes d’action d’occupation, qui sont susceptibles de générer des tensions, voire des heurts entres usagers et entre usagers et salariés. Les situations à l’accueil dans les 975 agences du pays sont déjà tendues, les témoignages sur des situations de tension se multiplient ces derniers mois et ce n’est pas le moment d’en rajouter.
La situation à Beaumarchais doit revenir à la normale rapidement en évitant toute violence.