Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
Jean Bassères définit les "éléments de langage" pour la hiérarchie de Pôle emploi
Questions AFP à Jean Bassères 5 juin 2013
1) Que pensez-vous de la proposition de confier le pilotage régional du service public de l’emploi à une structure unique pilotée par la région, à côté de Pôle emploi ?
La proposition porte moins sur le Service Public de l’Emploi que sur l’insertion, la formation professionnelle, l’orientation et l’apprentissage, champs sur lesquels il y a effectivement un enjeu de plus grande lisibilité et de cohérence. Je me félicite que la mission reconnaisse la nécessité de conserver, avec Pôle emploi, un opérateur national et note que ce rapport constitue un encouragement clair à la poursuite de la mise en œuvre de notre plan stratégique, Pôle emploi 2015.
2) La mission critique le manque de coordination avec les autres acteurs (particulièrement missions locales et départements) la trop forte centralisation, parcellisation des tâches et poids des indicateurs à Pôle emploi. Où en êtes-vous des réorganisations annoncées ?
Oui Pôle emploi était trop centralisé. Avec Pôle Emploi 2015, nous sommes engagés dans un puissant mouvement de déconcentration. Notre nouvelle offre de services pour les demandeurs d’emploi et les entreprises repose sur de nouvelles marges de manœuvre pour le conseiller, et sur l’assouplissement drastique de notre cadre budgétaire qui s’appuie désormais sur la fongibilité des moyens d’intervention. Je souhaite, par ailleurs, impulser une nouvelle dynamique partenariale, naturellement avec les Régions, mais aussi avec les Conseils généraux. Comme la Mission le souligne, nous devons repenser nos relations pour le suivi des bénéficiaires du RSA et plus généralement, des demandeurs d’emploi confrontés à des difficultés sociales.
3) Elle demande de « modifier l’organisation du travail » à Pôle emploi, et notamment développer « des équipes spécialisées » plaide la mission. Etes-vous d’accord sur ces deux points ?
Nous avons commencé à fortement modifier l’organisation du travail en responsabilisant les conseillers et les managers de proximité, en simplifiant à tous les niveaux les procédures, en renforçant la dimension collective de l’accueil, et avant tout, en faisant confiance au professionnalisme des agents. S’agissant de la mise en place d’équipes spécialisées dans le suivi des relations avec les entreprises, nous menons une expérimentation dans 5 régions qui débutera le 3 juillet prochain et sera évaluée en 2014. Je crois beaucoup à cette logique d’expérimentation qui concrétise la forte capacité d’innovation de Pôle emploi. Cette année, nous lancerons 10 expérimentations.
4) Etes-vous également d’accord quand la mission dit que le demandeur d’emploi « doit revenir au premier plan », suggérant qu’il ne l’était pas/plus ?
Cette recommandation s’adresse à tous les acteurs du Service Public de l’Emploi. S’agissant de Pôle emploi, je ne veux pas laisser penser que ce n’était pas déjà le cas.
En revanche, c’est bien l’objectif de notre nouvelle offre de service pour les demandeurs d’emploi de mieux tenir compte de leurs besoins. La mission souligne la pertinence de cette orientation et soutient le principe d’un accompagnement différencié en fonction de la situation du demandeur d’emploi.
5) La mission préconise que le deuxième entretien ait lieu pour tous moins de 4 mois après l’inscription (contre 4 mois et 9 mois dans le plan prévu), en auriez-vous les moyens ?
Je comprends le sens de cette proposition au regard de l’objectif de retour rapide à l’emploi. C’est pourquoi, nous avons déjà prévu pour les demandeurs d’emploi qui bénéficient d’un accompagnement renforcé, que le 1er entretien intervienne avant le 4eme mois .Aller au-delà aujourd’hui ne me parait pas réaliste.
6) Elle réclame au plus vite la publication des taux de retour à l’emploi, globaux et avec le retour à chaque conseiller. Vous l’aviez annoncé, est-ce opérationnel maintenant ?
Notre objectif est d’installer un pilotage par les résultats. D’ici la fin de l année, grâce à l’exploitation des déclarations préalables d’embauche, nous allons enfin pouvoir communiquer aux conseillers les informations qu’ils attendent depuis des années sur les demandeurs d’emploi qu’ils suivent et qui retrouvent un emploi.
7) Elle réclame aussi que les conseillers soient capables de fournir au demandeur d’emploi une estimation du montant de son indemnisation à l’occasion de l’entretien d’inscription. Quand cela sera-t-il possible de façon systématique ?
Lors de l’entretien d’inscription qui intervient dans près de 8 cas sur 10 dans les 10 jours qui suivent le premier contact avec Pôle emploi, nous sommes capables d’informer le demandeur d’emploi sur son indemnisation si le dossier est complet et pour les situations les plus simples (activité salariée sans interruption, réinscription simple,….).
Par ailleurs, nous devons mieux informer le demandeur d’emploi de l’état d’avancement de son dossier d’indemnisation et travaillons à l’amélioration de l’outil de simulation mis à sa disposition. Des progrès devraient être accomplis dès 2013.
68 % des demandeurs d’emploi interrogés deux mois après leur entretien d’inscription se déclarent satisfaits des informations communiquées sur leur indemnisation. Nous souhaitons améliorer ce résultat.
8) La mission vous demande de préciser la notion de personne éloignée de l’emploi
Il faut se garder de définir des critères rigides et automatiques qui iraient à l’encontre de la personnalisation de l’accompagnement. Je considère qu’il faut laisser un maximum de marges de manœuvre aux conseillers pour apprécier la situation du demandeur d’emploi.
Pour nous, l’éloignement du demandeur d’emploi du marché de travail doit se mesurer en étudiant des éléments objectifs tels que son profil professionnel au moment de l’inscription, son projet professionnel au regard du marché du travail sur lequel il se positionne, son autonomie, etc.
Ces éléments permettent de définir les besoins prioritaires du demandeur d’emploi. Le conseiller peut ainsi déterminer les axes de travail sur lesquels des actions seront engagées. Il s’agit d’outiller le demandeur pour sa recherche d’emploi, l’aider à mieux cibler ses candidatures, à développer ses compétences ou à s’orienter. L’idée est d’apporter une cohérence dans les actions qui seront menées, avec pour objectif bien entendu le retour direct à l’emploi.
C’est pourquoi notre offre de service ne prévoit pas de critères nationaux précis pour l’affectation dans une des trois modalités de suivi et d’accompagnement. Il faut faire confiance au professionnalisme des équipes auquel la mission rend hommage.
Naturellement, il faudra d’ici quelques mois tirer un premier bilan de déploiement de notre nouvelle offre de service et si nécessaire procéder aux ajustements utiles.
9) Au Conseil d’administration, elle milite pour une représentation des demandeurs d’emploi (via assos), des personnels et plus de sièges pour les collectivités. Qu’en pensez-vous ?
Je n’ai pas, en tant que Directeur général, à prendre de position publique sur la composition du Conseil d’administration de Pôle emploi. Ce que je peux vous indiquer, c’est que nous travaillons très régulièrement avec les représentants des chômeurs au sein des comités de liaison. Au sein de Pôle emploi, je veille, dans le cadre du dialogue social, à ce que les représentants du personnel puissent débattre des orientations stratégiques.
10) Attendez-vous une simplification des règles de l’Assurance chômage, comme l’entourage par la mission ?
Nous avons pour la première fois conduit d’importants travaux avec les services de l’Unedic pour identifier les questions qui soulèvent régulièrement des interrogations ou des incompréhensions de la part des demandeurs d’emploi et de nos conseillers. J’espère que ces travaux nourriront utilement les réflexions et les négociations des partenaires sociaux qui ont en charge ce sujet important