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Les chômeurs exclus de la Conférence Sociale

 

Médiapart  21 juin 2013 par Robert Crémieux

Violences ordinaires contre les chômeurs

Jeudi 20 juin au matin la place d'Iéna accueille les participants à la Conférence sociale. Une trentaine de militants des associations et syndicats portant le T-shirt de la Marche des chômeurs  se placent le long du trottoir, à cent cinquante mètres de l'entrée, pas question d'être plus près, vu le dispositif policier. Pas de pancartes, pas de drapeaux ni même de mégaphone, juste des T-shirts.

Le dispositif policier, un peu surpris, réagit avec violence, se précipite sur les manifestants pacifiques, les poussent sans ménagement, certains tombent à terre. Les manifestants s'indignent, font de la résistance passive, crient leur colère : les chômeurs et précaires, leurs représentants (MNCP, AC!, APEIS, DAL) sont exclus de la Conférence et maintenant le droit de manifestation leur est interdit.

Les gardes mobiles, habillés par Robocop, arrivent en renfort, les manifestants sous le nombre et les coups sont expulsés, conduits dans une rue adjacente puis escortés, encadrés, jusqu'à la station de métro Alma. Voilà, voilà, la place Iéna est nette de tout chômeur, le Président de la République, son ministre du Travail peuvent inverser la courbe du chômage devant un auditoire choisi.

Des caméras de chaînes télé accourues filment la scène, les journalistes font leur travail quoi, mais aucune image ne sortira, les directions de chaîne savent aussi servir : le pouvoir ou les chômeurs, y a pas photo. Quelques passantes (pourquoi surtout des passantes ?) viennent s'informer de ce qu'on nous reproche. Etre chômeur ou solidaire des chômeurs ? Porter un T-shirt ? Ah ben non, on n'est pas des terroristes, juste des manifestants, c'est insupportable parce que témoins vivant des résultats d'une politique. On dit souvent que les chômeurs ne bougent pas, sont invisibles mais quand ils sont debout pour se rendre visible, ils sont réprimés, censurés. Trop explosif, trop dangereux le chômage, on redoute une explosion sociale. Alors pensez, des chômeurs en marche pour leurs droits... avec en soutien des syndicalistes de Solidaires ou de la FSU. Non mais, circulez.

Bon, ben, on va continuer à circuler, à défier la pesanteur médiatique, narguer la majorité des syndicats qui nous snobe, tenter de sortir de leur stupeur les citoyens et citoyennes qui détournent la tête devant les chômeurs qui passent. Il en sortira quelque chose, je prends le pari. Même pas peur, même pas écoeuré. Et je vous attends samedi 22 juin pour l'étape Colomiers Toulouse. Rendez-vous à 13 h gare de Colomiers. Venez comme vous êtes, avec ou sans T-shirt de la marche, la préfecture n'a pas interdit la manifestation. Toulouse c'est loin de la Conférence sociale.


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AI and how Chek.
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J
Bonsoir Camba,<br /> <br /> C'est bien de poser le problème car c'est déjà la preuve qu'une question reste en suspend pour toi et beaucoup de nos collègues.<br /> <br /> La réponse est pourtant simple quand tu connais les montants des mouvements financiers de la protection sociale comparés à ceux de l'Etat.<br /> <br /> Bonne chance à toi,<br /> <br /> Jean-Pierre NGUYEN
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C
Oui...je me souviens<br /> <br /> MaQis ce n'est toujours pas fait...<br /> <br /> uelle raison vois tu à ce retard à l'allumage ?
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J
Bonsoir Camba,<br /> <br /> Pour te permettre d'établir un jugement étayé sur la profitabilité de notre système social, je te fais parvenir un extrait journalistique de 1996 à propos des visées de Monsieur Claude Bébéar sur<br /> la couverture sociale en France dans la droite ligne de son intervention de 1983 auprès du Président François Mitterrand membre de la même obédience maçonique.<br /> <br /> <br /> <br /> Claude Bébéar plaide pour une sécurité sociale privée<br /> <br /> <br /> <br /> Le futur président du directoire du nouvel ensemble AXA-UAP réitère sa proposition d'ouvrir la Sécurité sociale au privé. D'ores et déjà, le patron du numéro un mondial de l'assurance spécule sur<br /> les conséquences négatives qu'entraînent le plan Juppé à l'égard de la population.<br /> <br /> CLAUDE BEBEAR a les dents longues et un franc parler. Invité mardi soir du journal télévisé de France 2, le président du groupe d'assurances AXA a déclaré qu'il peut y avoir, à côté de la Sécurité<br /> sociale publique, «des sécurités sociales privées» qui «respectent les conditions définies par l'Etat». Claude Bébéar, futur président du directoire du nouvel ensemble AXA-UAP, compte sur la<br /> naissance de ce géant financier mondial de l'assurance pour mettre en pratique une de ses idées sur laquelle il travaille et milite depuis plusieurs années: «On peut imaginer que vous avez un<br /> groupe de personnes, que ce soit un groupe dans une entreprise ou une région, qui, au lieu de s'adresser à la Sécurité sociale nationale, s'adresse à une sécurité sociale qui pourrait être une<br /> espèce de mutuelle si vous voulez, qui, à partir du premier franc, couvrirait leurs problèmes de sécurité sociale.» Du mot à mot, tiré de son interview à la télévision.<br /> <br /> Il dit ainsi tout haut ce que le gouvernement tente de mettre en place en douceur, comme si de rien n'était. La logique du plan Juppé tend à aboutir «à un régime a minima et au développement de la<br /> privatisation, avec un rôle accru des compagnies d'assurances», a expliqué hier Marc Blondel, le secrétaire général de FO, en réaction aux propos de Claude Bébéar. «Le plan Juppé est en fait le<br /> cheval de Troie des intérêts privés», a estimé la Fédération des mutuelles de France. D'aucuns constatent que l'allongement de la vie, les progrès de la recherche médicale, ainsi que l'apparition<br /> de nouvelles maladies entraînent une augmentation inéluctable des dépenses de santé. Si bien que l'objectif du gouvernement n'est pas d'arrêter un tel phénomène, mais de réduire considérablement la<br /> part des dépenses remboursées par la Sécurité sociale. Du coup, pour continuer à se soigner correctement, il restera, pour ceux qui en auront les moyens, le recours aux assurances privées.<br /> <br /> Les déclarations de Claude Bébéar confirment que ces assurances s'intéressent de très près à ce juteux secteur. Tout comme celui des fonds de pension. «Je crois qu'il est nécessaire de compléter<br /> les retraites par répartition par des retraites par capitalisation», estime-t-il. Ajoutant: «Je crois que l'on n'échappera pas à une certaine diminution des retraites. Donc, ce qu'il faut que nous<br /> fassions (...), c'est d'économiser de l'argent. Mais l'économie, si on la fait ensemble, cela s'appelle des fonds de pension.» Là encore, la réforme des retraites, initiée en 1993 par l'ancien<br /> premier ministre Edouard Balladur, marque bien la fin de près d'un demi-siècle d'amélioration continue de la situation des retraités, en diminuant de façon importante le niveau des pensions de<br /> base.<br /> <br /> Une porte largement ouverte à la création des fonds de pension que le gouvernement envisage de mettre bientôt à l'ordre du jour de son action. Déjà en 1993, le CNPF expliquait que la mise en place<br /> de ces fonds permettrait à la France «d'intervenir de façon beaucoup plus importante sur le marché des actions». L'organisation patronale notait: «En Grande-Bretagne comme aux Etats-Unis, les fonds<br /> de pension détiennent environ un tiers de la capitalisation boursière, alors qu'en France les établissements de crédit, les entreprises d'assurances et OPCVM ne détenaient en 1991 que 8,8% de<br /> l'ensemble des actions. Un rapport récent de l'Association française des sociétés de Bourse rappelle d'ailleurs à ce sujet que c'est l'institution des fonds de pension qui, dans les années<br /> cinquante, est à l'origine de l'essor de la place de Londres.»<br /> <br /> Répliquant hier aux dires de Claude Bébéar, Jacques Barrot a estimé que «la réforme en cours n'a rien à voir avec l'instauration de sécurités sociales concurrentes», visiblement gêné par le franc<br /> parler du patron du numéro un mondial de l'assurance. Selon le ministre des Affaires sociales, «le projet du gouvernement, c'est l'assurance maladie universelle, c'est-à-dire une expression de la<br /> solidarité de tous au sein de la nation». Toute l'action gouvernementale dans ce domaine contredit ces propos qui se veulent rassurants.<br /> <br /> Bonne chance à toi Camba,<br /> <br /> Jean-Pierre NGUYEN
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