Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr

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Pôle emploi: 5 ans déjà !

 

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AFP  31 mai 2013

Retour sur la laborieuse création de Pôle emploi

 

"Aujourd'hui, un chômeur a un interlocuteur qui indemnise, conseille et place", se félicitait Nicolas Sarkozy fin 2009, un an après avoir imposé la fusion ANPE-Assedic. Lancée en pleine crise, la création de Pôle emploi est loin d'être achevée et d'avoir tenu ses promesses.

Cette gigantesque réorganisation relevait du "bon sens" pour l'ex-président et allait simplifier et personnaliser les démarches des chômeurs, avec guichet et interlocuteur uniques.

Le rapprochement entre l'Agence nationale pour l'emploi (chargée des offres d'emploi, 30.000 agents en CDI) et les Assedic (chargées des allocations chômage, 14.000 salariés) devait permettre aux conseillers de suivre au maximum 60 demandeurs d'emploi. Des économies d'échelle étaient espérées.

Mais c'était oublier que les "Jobcentre Plus" britanniques, qui l'inspirèrent, distribuaient une allocation forfaitaire alors que l'assurance chômage française est un calcul de droits compliqué.

Rien, ou presque, ne se déroulera comme prévu.

De 2009, Marie Lacoste, de l'association MNCP (chômeurs et précaires), conserve le souvenir "d'une pagaille noire" et de "retards graves d'indemnisation".

Entre "pressions" de l'exécutif et hostilités syndicales, cette fusion entre deux "maisons" aux "cultures, statuts et métiers profondément différents", a été "compliquée", a raconté dans un livre Christian Charpy, premier patron de Pôle emploi (2008-2011).

Elle a été d'autant plus difficile qu'à la tourmente de la fusion s'est ajoutée la crise.

Rien qu'en 2009, Pôle emploi inscrira 600.000 chômeurs supplémentaires. "La crise a rebattu toutes les cartes", estime un ancien dirigeant. La fusion avait été pensée "dans un contexte d'euphorie où l'on projetait de descendre à 1,5 million de chômeurs", rappelle-t-il.

La désorganisation qui suivit, notamment matérielle (bureaux, informatique), a été dénoncée par tous les syndicats. Des grèves massives ont eu lieu en 2009 et 2010.

Pour le député PS Jean-Patrick Gille, la fusion "n'a pas tenu toutes ses promesses" et "dans un premier temps, le service aux demandeurs d'emploi s'est même dégradé". Dans un rapport fin 2012, l'élu pointait d'autres échecs collatéraux: la baisse des offres d'emploi collectées et l'intégration manquée des 900 psychologues de l'Afpa transférés en 2009.

Malgré tout, "la fusion a été menée" et "il n'y a pas eu de retards dans l'indemnisation", revendique M. Charpy. Depuis 2010, 94% des paiements sont faits dans les délais, selon Pôle emploi.

L'explosion du chômage suffit-elle à expliquer ces ratés? "Pas uniquement", la fusion a été "mal conduite", selon "un modèle trop centralisé" et une "conception fausse du métier unique", estime le professeur Michel Abhervé, spécialiste des politiques de l'emploi.

La direction proposera trois jours de formation aux ex-ANPE. Une injure pour les ex-Assedic.

Pôle emploi fera discrètement marche arrière et encourage maintenant "un socle commun de compétences" pour l'accueil des nouveaux inscrits.

Reste encore a "donner du sens" à la fusion

Mais même cette polyvalence partielle reste difficile. 40% des ex-Assedic ne font pas l'entretien d'inscription. Et aujourd'hui encore, Kader Nemer, ex-ANPE, se sent "frustré de ne pas savoir répondre à toutes les questions d'indemnisation, qui sont les principales posées". Dans un spectacle qu'il présentera en juillet à Avignon, il raille l'impossible "idéal du super conseiller". Beaucoup d'agences prévoient un double accueil.

Du point de vue immobilier, la fusion du millier d'agences ANPE avec les 650 Assedic est loin d'être terminée et coûtera plus de 500 millions d'euros. Si l'objectif de 900 sites mixtes est réalisé à 45% (en cours à 75%), 92% des demandeurs d'emploi sont à moins de 20 km d'une agence, avance la direction.

Pour harmoniser statuts et salaires (+20% en moyenne pour les ex-ANPE, sauf 5.700 ayant refusé de renoncer au statut d'agent public), la facture s'est alourdie de 300 à 380 millions.

Le "changement a été si monumental" et violent qu'"on ne reviendra pas en arrière", admet Philippe Sabater, du syndicat SNU. Conscient qu'il ne s'agissait que d'une "première étape", il s'inquiète maintenant de la réorganisation du suivi des chômeurs engagée début 2013.

Avec le "suivi différencié", Pôle emploi vit depuis quelques mois une seconde révolution. Le but: "faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin". Pour eux, la charge des conseillers sera limitée à 70 demandeurs d'emploi, les autres pourront accompagner jusqu'à 350 personnes.

Pour M. Gille, cette réforme, qui donne plus d'autonomie aux conseillers, permettra peut-être d'en finir avec des "modalités d'organisation inefficaces". "Une vraie armée mexicaine", se souvient l'ancien médiateur de Pôle emploi Benoît Génuini, alors que le taux de cadres n'a pas chuté (13%).

La réorganisation en cours "est une réponse sous-dimensionnée" à la crise, estime M. Sabater (SNU). Malgré le renfort de 4.000 CDI depuis 2012, après la suppression de 1.800 CDD en 2011, "nous n'avons toujours pas assez de conseillers", juge-t-il.

Il pointe la souffrance silencieuse des agents. Entre 2010 et 2011 les absences pour maladie ont augmenté de 27%. En 2012, 63% des salariés jugeaient que la situation allait "plutôt en se dégradant", selon un sondage commandé par la direction.

Une expertise en région Bretagne sonnait récemment l'alarme sur "des conditions de travail pathogènes". Elle relevait aussi "des identités professionnelles fragilisées" et "une +culture commune+ à ce jour difficile à trouver".

"Moi, ex-ANPE, j'ai eu l'impression d'avoir été privatisée, les ex-Assedic étatisés, tout le monde a un peu raison", relève Emilie Cantrin (CGT). Il reste à "donner du sens" à la fusion, admettait il y a quelques mois l'actuel patron de Pôle emploi Jean Bassères.

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K
Quant à l'accordéon, mon cher Verschuren, c'est tout simplement l'accordéon du chômage qui dirige l'orchestre...mais la tendance lourde sur les décennies passées c'est une augmentation permanente<br /> du chômage et la création d'un noyau dur indestructible.<br /> C'est un accordéon qui gonfle plus qu'il ne dégonfle en fait...
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K
S'il y a perte d'influence des partenaires sociaux c'est bien que l'état ne s'est pas auto-effacé en créant PE mais au contraire a gagné en puissance. Je suis d'accord avec ça.<br /> Le bricolage juridique de la réforme a laissé d'un côté l'Unedic qui ne contrôle plus les entrées ( Urssaf ) ne contrôle plus les sorties par ouvertures de droits ( PE ), de l'autrecôté PE reste<br /> une agence de l'état dans les faits.<br /> C'est pour ça que je dis que l'Unedic devrait être l'objet de tous les questionnement sur sa raison d'être et de persister. Son utilité n'est pas évidente à comprendre.<br /> Une assurance chômage alignée sur les autres organismes de sécu aurait l'avantage de simplifier et rationaliser le truc et de permettre l'unification de l'unedic et de PE, ce machin pourrait être<br /> l'organe et l'opérateur NATIONAL du SPE me semble-t-il, à moins que ce ne soit pas possible légalement, faut voir.
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J
Re-Bonjour Krymsky,<br /> <br /> Pour ce coup là, Mister Krymsky, tu as encore faux !<br /> <br /> L'UNEDIC n'est plus le partenaire de l'Etat pour le recouvrement des cotisations chômage depuis plusieurs années mais c'est l'URSSAF.<br /> <br /> L'ancien responsable du syndicat patronal de la métallurgie qui s'était opposé à la fusion des ASSEDIC avec l'ANPE avait anticipé une perte d'influence et de financement des partenaires sociaux. Le<br /> pouvoir politique et l'Etat ont eu sa peau et à terme la restructuration de PE sera brutale.<br /> <br /> Les spécialistes des fusions-restructurations appellent celà "jouer de l'accordéon". Dans un premier temps, on gonfle l'instrument et dans un deuxième temps, on souffle l'air par compression.<br /> <br /> Bonne chance à tous,<br /> <br /> Jean-Pierre NGUYEN
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K
Le "coup" de la création de PE a fonctionné quelques années, le temps de produire son effet médiatique "opinionesque" et sondagier, tout le monde y a cru, ou fait semblant d'y croire.<br /> Et puis la réalité est revenue par la fenêtre, la fusion était un fusil à un coup et le pouvoir ne dispose plus de la possibilité de réformer sans faire mal d'un côté ou de l'autre...L'Unedic est<br /> désormais exposé en première ligne mais sa réforme ou sa dissolution est une autre paire de manche. Cette fois il faudrait affronter le vrai dur des " parenaires sociaux " qui défendront le machin<br /> quoi qu'il en coûte.
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J
Bonsoir Krymsky,<br /> <br /> Voici un extrait de mon prochain post :<br /> <br /> Alors que l'Etat se désengage financièrement de sa fonction dans le Service Public de l'Emploi. Ainsi le déficit de PE atteint plus de 57 millions d'euros pour 2012, soit une situation nette<br /> négative de plus de 265 millions depuis 2009.<br /> <br /> La subvention de l'Etat qui s'élève à 1,412 milliard d'euros ne permet que de couvrir que la moitié des salaires et charges sociales (2,722 milliards d'euros). etc...<br /> <br /> La députée PS Monique IBORRA rapporteuse du projet se permet de dire que l'augmentation des moyens ne saurait suffire. Mais de qui se moque-t'elle ?<br /> <br /> A t'elle lu le bilan social de l'établissement pour comprendre la situation tragique du personnel d'exécution, les 20.000 en "front feed" au contact des demandeurs d'emploi.<br /> <br /> L'évolution des arrêts maladie, des internements, des décès depuis 2009 et particulièrement depuis 2011 en raison de directives contradictoires, de missions impossibles à tenir, de multiplication<br /> exponentielle de tâches nouvelles, etc....<br /> <br /> A t'elle compris que le SMP, c'est fini !<br /> <br /> A t'elle compris qu'il n'est pas possible de faire une estimation du montant de l'allocation chômage lors de l'inscription au risque de ne dire que des conneries au répercussions dramatiques.<br /> <br /> A t'elle pris sa règle-à-calcul ou son boulier chinois pour remplacer sa calculette défaillante pour comprendre qu'avec 20.000 conseillers en "front feed" on ne peut suivre les bientôt 6 millions<br /> de chômeurs avant un délai de X mois pour le premier suivi puis de Y mois pour le suivant et enfin au Z mois pour le troisième, il se sera écoulé un an.<br /> <br /> Si les élus prônent la "décentralisation au niveau régional" pour gérer le SPE, alors on ouvre tout droit l'inéquité de traitement de nos concitoyens selon leur lieu géographique de résidence entre<br /> régions riches ou pauvres en matière d'emploi......<br /> <br /> Bonne chance Krymsky et à tous les collègues,<br /> <br /> Jean-Pierre NGUYEN
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