Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
Charente Libre 14 mars 2013
Elle voulait crier son désespoir au directeur de l’agence Pôle Emploi du Champ-de-Mars à Angoulême. Au final, une demandeuse d’emploi s’est retrouvée internée pendant trois jours en soins psychiatriques et placée en garde à vue.
«Si vous ne m’accordez pas de rendez-vous, je reviendrai avec un jerrican et des allumettes», a lancé Isabelle Hay, 56 ans qui vit à Vouthon, à une conseillère de Pôle Emploi, le jeudi 7 mars. Mal lui en a pris. Pôle Emploi ne badine pas avec les menaces depuis l’immolation d’un chômeur le 13 février à Nantes.
Le soir même, une dizaine de policiers et de gendarmes sont venus la cueillir à son domicile à Vouthon. Isabelle Hay a été admise de force à l’hôpital de Girac puis en soins psychiatriques au centre hospitalier Camille Claudel de jeudi soir à dimanche matin.
« Ce n’était que des mots. Je ne suis pas suicidaire. Je ne voulais faire de mal à personne », explique la demandeuse d’emploi, qui s’estime victime d’un internement abusif.
Laurent Coppin, directeur territorial de Pôle Emploi, justifie son appel à la police. «La dame a réitéré ses menaces. Nous avons donc pris la décision de prévenir les services compétents. Mieux vaut prendre plus de précautions que pas assez».