Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr

Publicité

Pôle emploi, ne quittez pas !: sortie le 19 novembre

 PONQP.jpg

AFP  14 novembre 2014

Le désarroi des conseillers de Pôle Emploi mis en relief dans un documentaire naturaliste

Paris, 14 nov 2014 - Avec "Pôle Emploi, ne quittez pas!", en salles mercredi, la documentariste Nora Philippe met en relief les effets dévastateurs de "la bureaucratisation des relations humaines", qui accable autant les conseillers de l'agence que les chômeurs.
Le film, tourné en immersion dans une agence Pôle emploi de Seine-Saint-Denis pendant trois mois au printemps 2013, montre, sans commentaire ni interview, le quotidien de quarante agents face à 4.000 demandeurs d'emploi.  

Leur mission, quasi impossible: "faire du chiffre", et "trouver du travail là où il n'y en a pas", résume la réalisatrice.  

"Je voulais aller derrière le guichet", explique la documentariste, qui a choisi d'utiliser une équipe cinématographique (cadreur, perchiste) plutôt que des caméras cachées traquant le dérapage. Un refus du sensationnel revendiqué par Nora Philippe qui cite le sociologue Pierre Bourdieu: "Le fait-divers fait diversion". 

Résultat: 110 heures de rushes résumées en 1H20, où la caméra, qui a su se faire oublier, capte des instants de vie et la violence sourde du chômage.  

"La violence est multiple", explique Mme Philippe. "C'est celle de l'impuissance et de la marginalisation", énumère-t-elle, s'emportant contre la "stigmatisation" des chômeurs. "En trois mois, je n'ai jamais vu de gens dans cette situation qui jubilent en s'en mettant plein les poches", affirme-t-elle. 

Une première version du film, amputée de 20 minutes, avait été diffusée sur la chaîne LCP en novembre 2013, causant l'ire de la direction de Pôle Emploi, qui avait pourtant collaboré à la réalisation. 

Une projection privée devant les conseillers qui avaient pris part au tournage avait été décommandée à la dernière minute. Nora Philippe, qui voulait s'expliquer auprès des agents, avait trouvé portes closes à l'agence.  

Un porte-parole de Pôle Emploi avait alors expliqué au Monde que "la direction régionale et la directrice de l'agence (s'étaient) senties trahies par la réalisatrice après avoir vu son film", justifiant l'annulation de la séance par crainte de "la réaction" des conseillers "vis-à-vis de Mme Philippe si elle était présente".  

Une version vivement contestée par la réalisatrice, qui évoque "un moment douloureux". "Ils m'attendaient avec du pop-corn dans l'agence. Ces personnes ont été terrorisées, il y a eu des pressions", affirme-t-elle. 

- 'Trop de demandeurs, pas assez de ressources' - 

Si certaines scènes montrent l'insensibilité du traitement réservé à certains demandeurs, le film humanise les conseillers, pris en tenailles entre un marché de l'emploi sinistré et des directives inapplicables. 

Épuisés par les "chamboulements informatiques", la "paperasserie" et une gestion des rendez-vous incompréhensible, ils ne demandent qu'à rencontrer les demandeurs d'emploi. 

"Soit on ne reçoit pas les travailleurs, soit on les voit en groupe", explique la directrice de l'agence dans le film. "Trop de demandeurs, pas assez de ressources", constatent les conseillers.  

Dans cette nouvelle mouture, la réalisatrice a ajouté quelques scènes mettant en avant les usagers, des "moments d'humanité, bouleversants et complexes". 

Comme ce chômeur qui voit sa formation annulée à cause d'un retard administratif, l'empêchant de partir travailler à l'étranger comme prévu. "Je suis de banlieue, je n'ai pas de vécu. Ça aurait été l'occasion de vivre quelque chose", dit-il dépité.  

Pour Mme Philippe, la "bureaucratisation des relations humaines" fait des victimes des deux côtés du guichet. "Ils viennent généralement du même milieu. Les employés de Pôle Emploi ne sont pas des nantis", remarque-t-elle. 

Un constat que la documentariste étend au-delà de l'agence. "Le film parle à toutes les personnes qui travaillent dans d'énormes structures de service public - comme l'hôpital, l'Education nationale - où l'on applique sans réfléchir des techniques de management brutales", conclut-elle.


LA BANDE-ANNONCE: https://vimeo.com/107142147

 

LE DOSSIER DE PRESENTATION: ICI

LES SEANCES: ICI

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
Bonsoir JP,<br /> <br /> J'ai souvent critiqué tes propos style "garde rouge", JP mais tu as raison sur le fond et de nombreux "capitalistes" comme moi le savent bien.<br /> <br /> Ces conneries vont mal finir.<br /> <br /> La France ne créée plus suffisamment de richesses et la répartition de celles-ci de plus en plus inégalitaire.<br /> <br /> Bonne chance à toi JP,<br /> <br /> Jean-Pierre NGUYEN
Répondre
J
Il est vrai que les visages des agents ont l'air plus "fatigué" que celui des usagers (le stress de toute évidence).<br /> <br /> Cela dit, énième spectacle cinématographique "proactif" en empathie, voire en compassion.<br /> <br /> Ca fait plaisir aux agents et ça ne fait pas de mal, ni aux dirigeants, ni aux perfides politiques au pouvoir.<br /> <br /> Une espèce de "reconnaissance" sur grand écran finalement.<br /> <br /> Bigre, plus de 5 millions de chomeurs...on pouvait s'en douter que les agents de pole emploi trinqueraient dans cette situation.<br /> <br /> L'emploi, tiens tiens. Comment bercer d'illusions la populasse avec l'emploi quand une politique générale est tout orientée vers "l'inactivité"?<br /> <br /> Il suffit tout simplement d'en montrer les conséquences sur des salariés confrontés à "l'armée de réserve", une petite dose de propos lénifiants à leur encontre, un grosse dose de constats bien<br /> assénés, et l'affaire est dans le sac...on passe à autre chose...<br /> <br /> Le pole emploi est un instrument, rien qu'un instrument. Celui qui concourt à démontrer les quelques humanités dont sont encore capables les tenants économico-politiques...au travers de ses agents<br /> dévoués...cassés mais dévoués...<br /> <br /> Le pole emploi est un merdier politique qu'il conviendrait de "défusionner" dans un premier temps (les chomeurs s'y retrouveraient au final, et bien des agents).<br /> <br /> Avez vous remarqué que durant ce temps c'est la protection sociale qui est démantelée.<br /> <br /> Le leurre pole emploi semble faire oublier, y compris aux agents, que l'objectif politique se situe avant tout dans la destruction des apports sociaux majeurs que constituent le paiement des<br /> allocations chomage, la sécurité sociale, le soutien financier aux familles, aux handicapés, à l'hopital publique, bref tout ce qui fait qu'une société est civilisée.<br /> <br /> Leurre car tant qu'une politique d'ensemble revisitée de fond en comble ne favorisera pas "l'activité", les agents de pole emploi (enfin celles et ceux qui pensent encore y etre utiles) pourront se<br /> faire filmer à foison, fatigués, épuisés, chialants, aucun remède sérieux ne leur sera dédié...finalement ça ne flatte que l'égo des p'tits chefaillons qui discourent face caméra sur un nonos<br /> qu'ils pensent etre sérieux...<br /> <br /> Une bonne vieille réaction collective, si possible majoritaire, et croyez moi, les solidarités apparaitraient, et les gueux gras, gominés, qui gouvernent le pole emploi (et autres) ravaleraient<br /> leur méprisante observation des crimes qu'ils commettent.<br /> <br /> Ah au fait...je sais il est de mode de ringardiser le syndicalisme...mais cette mode est avant tout distillée par le patronat et le reste...alors, malgré tout, une foule de syndiqués ça vaut<br /> beaucoup plus que des "coups de gueule de couloir", ou des "messe basse" de bureau...alors n'hésitez pas à etre "proactifs" dans les faits en la matière...et actifs par la mobilisation...
Répondre
B
La marquise superstar ! (Elle se reconnaitra)
Répondre
N
Derrière ces 2 collègues médusés devant leurs indicateurs un store bancal qui reflète lui aussi la situation ubuesque de ce quotidien...<br /> Bon reportage cela dit!<br /> <br /> Bonjour chez vous!!
Répondre
A
Oui, il est paru sur la chaine parlementaire en version courte. Il va désormais sortir en salle en version longue.
Répondre