Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
L'Union 31 octobre 2013
FAGNIERES (51). Il voulait recruter quatre salariés et a eu bien du mal à arriver à ses fins. Bernard Whuithier livre un hallucinant parcours du combattant.
Il décolère enfin et souhaite que la société aide et prenne en considération les jeunes qui veulent travailler.
Après plus de 45 ans d’activités au compteur, Bernard Whuithier, figure connue dans le domaine commercial et de surcroît membre élu de la Chambre de commerce, souhaitait embaucher rapidement quatre jeunes dans le cadre de l’expansion de sa société Expo 2000, à Fagnières. Au regard de la conjoncture, il pensait que sa démarche allait être facilitée par le Pôle emploi. Et pourtant… « Je ne souhaitais pas des bac plus 25, des énarques, ou des élèves d’écoles de commerce car ils sont souvent nuls », explique ce self- made-man avec une gouaille bien à lui.
Après avoir repéré 17 candidats demandeurs d’emploi ; quatre, présentant un profil correspondant aux attentes du cuisiniste sortent du lot. « Je souhaitais comme le veulent les textes les évaluer en milieu de travail préalable au recrutement ». Pour être plus clair, les former aux spécialités maison et leur faire signer un CDI. Sauf que notre pays tourne sur lui-même comme si le plein-emploi était d’actualité. « Je suis venu au Pôle emploi en janvier avec les quatre dossiers, pour intégrer ces quatre jeunes gens dans mon entreprise », poursuit Bernard Whuithier, baba par ce qui lui fut répondu par une conseillère. « Vous n’avez pas le droit de choisir, et vous avez droit à une personne sur les quatre ». Hallucinant d’autant qu’un CDD était imposé à l’issue de la période de formation.
Un coup de gueule
et de vrais effets
« J’ai demandé qu’on sorte le patron du Pôle emploi de son bureau », témoigne M. Whuithier, connu dans le Landerneau pour monter dans les tours assez rapidement. Après avoir fait état de cet immobilisme à tous les chefs d’entreprise de son carnet d’adresses, et au secrétaire général de la préfecture, la situation s’est alors décantée. Car en début de mois, alors qu’il s’apprêtait à ouvrir un nouveau magasin sur la zone de Fagnières (lire par ailleurs), rebelote. Bernard Whuithier cherchait deux jeunes nouveaux collaborateurs, mais ce fut bingo en l’occurrence. « Je ne sais pas si c’est à cause de mon coup de gueule ou en raison des interventions que j’ai sollicitées, mais tous les verrous ont sauté. Au Pôle emploi, le directeur a bien compris, tout comme le conseiller de premier ordre qui fut un vrai professionnel. Mais ailleurs ? Applique-t-on des textes qui ne sont pas en phase avec nos attentes ? » Deux candidats ont été sélectionnés par la structure, des CCD seront signés à l’issue de la période de formations, et aboutiront normalement à des CDI. Enfin…