Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr

Publicité

Aurore est triste ce soir: Robert Castel est mort

robert-castel.jpg

AB et Robert Castel

 

AFP  13 mars 2013

Le sociologue Robert Castel est mort

Agé de 79 ans, il s'était fait notamment fait connaître par ses travaux sur la psychiatrie et sur le monde du travail.

Le sociologue français Robert Castel est décédé mardi à l’âge de 79 ans, à Vincennes (Val-de-Marne), a-t-on appris mercredi auprès de l’école des hautes études en sciences sociales (EHESS) où il était directeur d’études.

«Robert Castel est décédé mardi à Vincennes à l’âge de 79 ans», a déclaré à l’AFP un porte-parole de l’EHESS à Paris, confirmant une information du Monde.

Né le 27 mars 1933, Robert Castel s’est fait connaître par ses travaux critiques sur la psychiatrie dans les années 70 en publiant une dizaine d’ouvrages collectifs ainsi que plusieurs livres personnels et de nombreux articles sur le sujet, traduits en plusieurs langues.

Mais ce sont surtout ses travaux sur le monde du travail et le salariat qui lui ont valu une large notoriété. Il a notamment publié «Les métamorphoses de la question sociale» aux éditions Fayard en 1995, devenu un classique pour les sociologues et les chercheurs s’intéressant aux inégalités sociales.

Ses recherches analysent la façon dont la société salariale s’est constituée puis son effritement à partir du milieu des années 1970. Elles étudient aussi les conséquences sur l’intégration sociale et le statut de l’individu contemporain, pointant des menaces sur la cohésion sociale, avec l’apparition d’un monde parallèle constitué de précarité, de jeunes diplômés sans emploi, de salariés à temps partiel, de chômeurs.

Selon son ami et collègue Marc Bessin, interrogé par l’AFP, Robert Castel «admirait les grands hommes, Pierre Bourdieu et Michel Foucault, mais il a toujours refusé de faire école». «Il a laissé une grande oeuvre avec tout le travail qu’il a fait sur la psychiatrie et la manière dont il s’est engagé dans une réflexion critique qui a accompagné tous les mouvements anti-autoritaires», a-t-il souligné.

Robert Castel a notamment publié «La gestion des risques» (éditions de Minuit, 1981), récemment réédité, une réflexion sur l’individu contemporain, «La montée des incertitudes» (Seuil), et, plus récemment «Changements et pensées du changement, échanges avec Robert Castel» avec Claude Martin, publié en 2012 aux éditions La découverte.

 

VIDEO

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
Après Hessel, Castel. Nous voilà un peu plus orphelins.<br /> que va t'il nous rester?<br /> <br /> voir interview à L'Huma/rubrique Eco/social. Un grand homme, un visionnaire, un scrutateur s'en est allé<br /> <br /> http://www.humanite.fr
Répondre
A
Je suis aussi triste qu'Aurore. "Les métamorphoses de la question sociale" est un ouvrage majeur pour comprendre à la fois de quelles tensions et de quelles luttes est né le salariat, mais aussi<br /> pour comprendre la force structurante des systèmes de représentations et la façon dont les institutions modernes gardent la trace des modèles qui les ont précédées. Mais Robert Castel a aussi<br /> contribué à éclairer des notions telles que l'insécurité sociale, la propriété de soi, propriété sociale, la propriété privée. Fils d'ouvrier, avec une existence précocement marquée de deuils<br /> violents, Robert Castel n'avait rien d'un héritier, et l'importance de sa réflexion sur les systèmes de protection sociale était autant un hommage à ses origines sociales qu'un moyen de surmonter<br /> ses fragilités. S'il n'y a pas eu comme l'écrit l'auteur de l'article d'école Castel, c'est aussi que l'humilité de cet homme l'empêchait de se concevoir comme fondateur. Il est et restera un très<br /> grand sociologue.
Répondre