Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
cliconoo.re 8 février 2013 - 6H
Saint-Benoît
Débuté hier matin, le blocage du Pôle emploi de Saint-Benoît se poursuivait en début de soirée. Alors qu’une intervention des forces de l’ordre était dans l’air à la suite d’une demande en référé d’expulsion déposée par Pôle emploi, une quinzaine de manifestants de plusieurs associations s’apprêtaient à passer les nuits dans les locaux dont la grille avait été baissée.
Des vigiles d’une société privée de gardiennage ont pris le relais des gendarmes. Parmi les manifestants toujours présents, plusieurs membres de l’ARCP (Alliance des Réunionnais contre la Pauvreté), dont Jean-Hugues Ratenon. Interrogé, ce dernier précisait qu’il comptait passer la nuit dans les locaux.
À l’origine, un bras de fer technique entre les emplois verts, l’État et la Région. Un courrier de Pôle emploi indiquant aux premiers leur cessation d’inscription sur la liste des demandeurs d’emploi a mis le feu aux poudres. Titulaires d’un contrat de six mois, ces derniers devaient être renouvelés fin janvier. Problème : faute d’accord entre la Région et l’État les quotas ne sont toujours pas libérés.
"Notre système enregistre automatiquement les dates de fin de contrat et envoie les avis de cessation si sous huit jours il n’y a aucun acte volontaire d’inscription sur la liste des demandeurs d’emploi", explique un cadre de Pole emploi. Sauf qu’en se réinscrivant, les emplois verts perdent la possibilité d’être éligible à un nouveau contrat (inscription depuis au moins 6 mois).
"S’ils touchent l’allocation de retour à l’emploi, ils ne sont plus éligibles. En attendant, ils n’auront plus de revenus", affirme Jean-Hugues Ratenon. Ce dernier renvoie la faute à la Région "qui a déjà 700 contrats à sa disposition. Elle peut aussi dégager des emplois d’avenir". Même grief vis-à-vis de Pôle emploi "qui a à sa disposition un quota de contrats associatifs".
Impossible, répond ce dernier, en renvoyant la balle vers la Région, gestionnaire des emplois verts. Pour le président de l’ARCP, la "rétroactivité" promis par l’État lundi "n’a pas été respectée". Le blocage devait se poursuivre ce matin. À moins que d’ici là, l’ordre d’expulsion ne soit parvenu aux forces de l’ordre...
P.M.
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clicanoo.re 8 février 2013 - 16H
Fin du conflit au Pôle emploi de Saint-Benoît. Cet après-midi, les membres du collectif « emplois verts en danger » soutenus par Jean-Hugues Ratenon, président de l’ARCP, sont ressortis satisfaits de la rencontre qu’ils ont eu avec le directeur de la structure. Ce dernier leur a en effet annoncé le déblocage de 900 contrats aidés dans les prochains jours.
Tout a commencé hier matin lorsque plusieurs membres du collectif se rendent au Pôle emploi pour manifester.
A l’origine du conflit : des courriers que Pôle emploi aurait envoyé pour leur signifier la fin de leurs droits. En effet, faute d’accord entre l’État et la Région, certains contrats ne sont pas renouvelés. Pôle Emploi a donc indiqué par courrier à certains emplois verts la cessation d’inscription sur la liste des demandeurs d’emploi, mettant ainsi le feu aux poudres.
Craignant que le mouvement ne dégénère, les responsables de Pôle emploi ont décidé de fermer le service. Une décision qui n’anéantira pas la volonté des manifestants d’aller jusqu’au bout de leur mouvement.
Après discussion, décision est donc prise de passer la nuit sur place. Dans la foulée, une partie des manifestants entame une grève de la faim.
Ce matin, des gendarmes ont été appelés en renfort. Les agents réussissent à bloquer l’entrée de la structure à la soixantaine de manifestants qui demandent à rejoindre les 8 grévistes présents dans les locaux.
Un peu avant 13h00, une délégation est reçue par le directeur du Pôle emploi. Au sortir des négociations, Jean-Hugues Ratanon annonce la création de 900 contrats aidés sur le compte du Pôle emploi, mettant ainsi fin à un conflit qui aura duré presque 24 heures.
Occupation et grève de la faim à l'intérieur du Pôle emploi