Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
Le Figaro 30 septembre 2014
Pôle emploi: un bug en prévision
Alors que le dispositif des droits rechargeables doit entrer en vigueur demain mercredi 1er octobre, le système pourrait connaître des problèmes informatiques.
La mesure phare de la convention d'assurance chômage qui doit entrer en vigueur le 1er juillet pourrait connaître un bug, à en croire Le Parisien-Aujourd'hui en France. De fait, « le logiciel censé mettre en musique cette petite révolution des droits rechargeables ne serait pas opérationnel avant le 20 octobre», selon le quotidien.
Résultat : des milliers de chômeurs indemnisés par l'Unedic pourraient ne pas être indemnisés. Ces derniers pourraient être contraints d'attendre fin novembre pour toucher l'allocation de solidarité spécifique (ASS) versée sous conditions de ressources aux plus démunis.
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Le Parisien 30 septembre 2014
Chronique d'un bug annoncé à Pôle emploiChômeurs.
Selon nos informations, le système informatique censé gérer les droits rechargeables a du retard à l'allumage.
DEMAIN, C'EST LE JOUR J de la mise en oeuvre différée d'une des mesures phares de la convention d'assurance chômage entrée officiellement en vigueur le 1 er juillet, celle des droits rechargeables. Déjà, dans les couloirs de Pôle emploi, les agents redoutent le pire. Des milliers de chômeurs indemnisés par l'Unédic -- et visés par ces changements -- risquent de se retrouver sans un centime à la fin du mois d'octobre. Et ce n'est pas tout : les dossiers des demandeurs d'emploi en fin de droits à l'assurance chômage qui seront déposés à compter du 1 er octobre pourraient ne pas être traités avant le 19 novembre. En clair, ils risquent d'attendre fin novembre (soit deux mois) pour toucher l'allocation de solidarité spécifique (ASS) versée sous conditions de ressources aux plus démunis. Au coeur de ce bug annoncé, le logiciel censé mettre en musique cette petite révolution des droits rechargeables qui ne sera pas opérationnel avant le 20 octobre, selon nos informations.Quatre mois de délais supplémentaires n'auront donc pas suffi à adapter le système informatique. Certes, les 39 000 agents de Pôle emploi sont aujourd'hui fin prêts pour ce nouveau calcul des droits, car ils ont reçu une formation accélérée (entre un et deux jours). Mais beaucoup en sont ressortis estomaqués par ce qu'ils ont entendu de la bouche même de leurs formateurs : « On nous a dit, sans s'en cacher, qu'on ne pourrait pas entrer sur le système informatique avant le 20 octobre pour actualiser la situation des demandeurs d'emploi ; que cela allait générer de gros retards dans le versement des allocations, voire des ruptures de paiement. Je préviens déjà les gens. Car on va voir arriver à l'accueil des chômeurs très en colère. Et rien n'est prévu », raconte, angoissé, cet agent de Pôle emploi de banlieue parisienne qui ne sait déjà plus où donner de la tête tant l'afflux des chômeurs est continu depuis des mois. Et de reconnaître : « Il y a toujours des petits couacs avec les nouvelles règles, mais là, c'est trop ! »La situation pourrait bien tourner au vinaigre en cette période sociale très tendue. Les signataires de la nouvelle convention d'assurance chômage (CFDT, FO et CFTC), déjà vivement contestés par les intermittents du spectacle et les cadres, s'en seraient certainement bien passés. Dans les QG syndicaux, c'est d'ailleurs… le silence radio. Pas un mot, pas même une mise en garde tant l'embarras semble grand. Seul un tract sur le blog de FO-Pôle emploi d'Ile-de-France -- assez confidentiel -- a tiré la sonnette d'alarme le 24 septembre.L’entrée en vigueur d’un nouveau mode de calcul des droits à l’assurance chômage implique d’adapter les logiciels de Pôle emploi. Les agents craignent qu’ils ne soient pas opérationnels à temps.
A l'Unédic, on se voulait pourtant rassurant hier soir : « Pôle emploi nous a assuré que des mesures avaient été prises pour que les dossiers soient traités dans les temps. » « C'est un sujet assez compliqué, nous répond-on à Pôle emploi. Mais il y a des mesures qui seront mises en place. » Ainsi, explique un des responsables, « toutes les agences se sont organisées de façon à pouvoir étudier et gérer les dossiers entre le 20 octobre et le début novembre, les allocations chômage n'étant versées qu'à partir du 8 du mois ». Quant aux dossiers de demande d'ASS, Pôle emploi s'engage à verser, à titre transitoire, les allocations avant de recalculer les droits. « On va libérer du temps aux agents pour qu'il n'y ait aucun retard de paiement ni rupture de versement. »
L'Unédic, l'organisme qui gère l'assurance chômage, a pronostiqué hier une poursuite de la hausse du chômage, avec 44 000 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires d'ici à la fin de l'année et 96 000 de plus en 2015.
par Catherine Gasté-------------------------
Le logiciel de gestion des nouveaux "droits rechargeables", qui entrent en vigueur mercredi, ne sera opérationnel que le 20 octobre, a confirmé mardi Pôle emploi, assurant que ce décalage n'aurait "aucun impact" sur l'indemnisation des chômeurs.
Le Parisien avait révélé l'affaire, dans son édition de mardi. "C'est vrai, ça fait longtemps qu'on a cette date en tête, mais en aucun cas il ne s'agit d'un bug informatique", a réagi Thomas Cazenave, directeur général adjoint de Pôle emploi, auprès de l'AFP. "C'est un sujet d'organisation interne à Pôle emploi qui n'a aucun impact sur les demandeurs d'emploi et, en particulier, sur le versement de leurs allocations", a-t-il assuré.
Selon Le Parisien, des milliers de chômeurs indemnisés risquent de se retrouver sans un centime à la fin du mois d'octobre. Le quotidien affirme également que les chômeurs arrivant en fin de droits risquent d'attendre deux mois pour toucher l'allocation de solidarité spécifique (ASS).
Faux, rétorque Pôle emploi, qui assure "s'être organisé en interne pour gérer la période transitoire entre le 1er et le 20 octobre". L'opérateur a demandé à ses équipes de traiter les dossiers non concernés par les "droits rechargeables" avant le 20 octobre. Au cours des dix derniers jours d'octobre, ils devront traiter les autres dossiers, "sans incidence sur les demandeurs d'emploi" qui sont indemnisés début novembre. En outre, concernant l'ASS, "il n'y aura pas de rupture d'indemnisation" non plus, assure Thomas Cazenave.
Auparavant, les demandeurs d'emploi remplissaient leur demande d'allocation trente jours avant expiration de leurs droits à indemnisation chômage. Mais avec le nouveau système, un demandeur d'emploi en fin de droits peut, s'il a retravaillé au cours des vingt-huit derniers mois, gagner de nouveaux droits. En théorie, il faut donc attendre la date d'expiration pour vérifier que de nouveaux droits n'ont pas été obtenus, avant de faire la demande d'ASS. "Effectivement, si on appliquait texto ces règles-là, il risquait d'y avoir un décalage d'un mois entre l'indemnisation chômage et l'allocation de solidarité, concède M. Cazenave. Mais nous avons choisi, avec l'Unédic, de continuer d'envoyer la demande trente jours avant pour les demandeurs d'emploi pour lesquels nous n'avons pas détecté de droits rechargeables, quitte à régulariser la situation ensuite s'ils ont retravaillé durant les trente derniers jours."
Côté syndical, "c'est loin d'être aussi catastrophique que ce qu'écrit Le Parisien", estime Bernie Billey, déléguée syndicale centrale CFDT, interrogée par l'AFP. "Les conseillers vont certainement se retrouver en surcharge à un moment, c'est normal que ça leur fasse peur, concède-t-elle. Mais il n'y aura pas de rupture de paiement."