Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
Les Echos 13 mai 2013
Paris et Berlin lancent une initiative en faveur de l’emploi des jeunes. 24 % des jeunes, soit 5,6 millions, n’ont pas d’emploi en Europe.
Est-ce la difficulté à trouver un terrain d’entente franco-allemand sur l'avenir de l'union économique et monétaire ? Ou plus simplement l’état de déliquescence de l’emploi des jeunes dans de nombreux pays de la zone euro ? Toujours est -il que les priorités sont en train de se déplacer. L’urgence est bien désormais se s’attaquer au fléau du chômage des jeunes qui touchait à la fin du mois de mars 24 % des moins de 25 ans dans l’Union européenne. Les chiffres sont au plus haut depuis 30 ans en Grèce (59,1 %) en Espagne (55,9 %), au Portugal (38,3 %), en Italie (38,4 %), en Irlande (30,3 %) et au Royaume-Uni (20,7 %). En France (26,5 %), le nombre des jeunes sans emploi était plus important qu’aujourd’hui dans les années 1990. Le chômage des jeunes est le « plus gros défi de l’Europe » a concédé hier le porte-parole de la chancelière Angela Merkel.
L’initiative lancée par les ministres français et allemand des Affaires sociales, à laquelle se sont joints les ministres des Finances des deux pays doit être présentée lors d’une conférence à Paris le 28 mai, en présence de grands industriels allemands, dont le patron de Siemens, Peter Löscher. Le projet, nommé à l’origine « New Deal for Europe », a toutefois été débaptisé au profit de « Putting Europe to work » (« Remettre l’Europe au travail »), moins keynésien… Il s’agit d’associer la Banque européenne d’investissement (BEI) à la lutte contre le chômage des jeunes. Werner Hoyer, le président de la BEI, qui réunit ce matin à Bruxelles son conseil des gouverneurs – autrement dit les ministres des Finances de l’Union européenne, actionnaires de la banque – doit présenter des idées visant à « créer un lien entre les crédits distribués aux entreprises et l’embauche de jeunes » selon une source européenne.
Les dirigeants européens ont décidé au Conseil des 7 et 8 février d’allouer 6 milliards d’euros entre 2014 et 2020 au financement d’une « Garantie pour la jeunesse ». Celle-ci consiste à proposer aux régions les plus touchées d’Europe un emploi, une formation ou une insertion aux jeunes de moins de 25 ans sans emploi qui ne suivent ni études ni formation. Mais pour avoir accès à ces fonds, les gouvernements devront attendre au minimum le 1er janvier 2014. L’intervention de la BEI pourrait permettre une action plus rapide en faveur de l’emploi. La Commission européenne a déjà redéployé des fonds structurels qui n’étaient pas encore affectés début 2012 au profit des 8 pays qui pâtissaient des plus forts taux de chômage des jeunes : début 2013 près de 16 milliards d’euros de fonds européens avaient été utilisés, soutenant 55.000 PME et 780.000 jeunes.