Réduire les emplois non pourvus. C'est une "urgence" pour François Hollande. Le Président a ainsi annoncé ce mardi, lors d'un déplacement à Dunkerque, que le nombre de formations aux emplois non pourvus s'élèverait à 100 000 en 2014. D’ici la fin de l'année 2013, le gouvernement prévoit d'en créer 30 000. 70 000 autres s'y ajouteront en 2014, a détaillé François Hollande. La formation aux emplois prioritaires est, pour la présidence, "une urgence" et "un enjeu de croissance".
Sauf que cela ne va pas durablement faire reculer le chômage. En effet, selon les données de Pôle emploi, en 2012, "les offres annulées pour faute de candidat représentent 4 % des offres déposées à Pôle emploi", soit au total 116 300 offres. A titre de comparaison, fin mai 2013, les demandeurs d'emploi de catégorie A (sans aucune activité) étaient 3 264 500 en France métropolitaine. Dans l'hypothèse – assez peu probable – où les mesures annoncées par François Hollande permettent de résorber l'ensemble des emplois non pourvus, cela ne fera que faiblement reculer le chômage. Difficile donc d'y voir "un enjeu de croissance".
Le manque de compétences n'est pas l'unique cause
De surcroît, les offres non pourvues ne le sont pas qu'à cause d'un déficit de formation. "Les raisons sont multiples : inadéquation entre l’offre et la demande, ce qui suppose de la formation, métiers mal connus ou encore problèmes de mobilité géographique", expliquait fin mai à metronexs Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi. Lutter contre ce phénomène par la formation est donc nécessaire, mais loin d'être suffisant.
Enfin Pôle emploi n'a pas attendu les annonces de François Hollande pour traiter le problème, notamment en lien avec les acteurs locaux. "En Bretagne, où il manque des bouchers dans le secteur de l'agroalimentaire, nous avons mis en place des préparations opérationnelles à l'emploi, explique à metronews Pole emploi. Ainsi des personnes, sans compétences dans ce domaine, sont formées à ces métiers pour ensuite être embauchés."