Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
AFP 29 janvier 2013
Le médiateur national de Pôle emploi, Jean-Louis Walter, préconise d'abolir les radiations pour absence à convocation et de leur substituer "un dispositif de graduation ou de sursis", selon un rapport consulté par l'AFP qui sera présenté fin février en conseil d'administration.
"Si l'on peut débattre de la portée de l'absence à une convocation et de l'interprétation à lui donner, systématiquement lui attribuer la valeur d'un refus de remplir ses obligations est exagéré, particulièrement au regard de certains motifs ponctuels et involontaires : retard de train, retard de 10 minutes au rendez-vous, erreur de calendrier, etc", écrit le médiateur.
"Radier est une décision grave", qui équivaut pour le demandeur d'emploi à "vivre deux mois sans revenus", "une épreuve que même un salarié socialement inséré ne saurait surmonter sans dommages", estime Jean-Louis Walter en préambule.
Selon lui, "pour contourner cette sévérité, de nombreux conseillers et directeurs d'agences font preuve de bienveillance", "une pratique évidemment louable, mais qui a aussi ses inconvénients", notamment de voir "le sort du demandeur d'emploi lié à la personnalité du décideur".
Le rapport affirme par ailleurs qu'il n'y a "pas de politique de radiation" chez Pôle emploi, où le nombre de rayés des listes est en baisse (plus de 49.600 en 2007 contre 41.300 en 2012).
Le motif "absence à convocation" représente 15% des radiations, derrière les défauts d'actualisation mensuelle (35%) et la reprise d'emploi (30%).
M. Walter demande aussi "la généralisation de l'interdiction des radiations pour absence à un entretien téléphonique" et une "amélioration de l'information" sur la dématérialisation des courriers. Les association dénoncent un nombre croissants de radiations dues à des mails non reçus.
Depuis le 1er janvier 2013, les chômeurs rayés des listes de Pôle emploi ne pourront plus l'être de manière rétroactive et se voir réclamer, en conséquence, le remboursement des allocations indûment perçues.
"Nous avons fait tomber la rétroactivité, nous voulons désormais que l'on soit radié pour une raison juste, et pas par erreur. On est à mi-chemin", a déclaré Jean-Louis Walter à l'AFP.
