De fait, les fonds consacrés à la formation des chômeurs augmenteront, passant de 600 à 900 millions d'euros par an. En outre, le contrat personnel de formation, tel que défini par l'accord du 14 décembre, est une réelle avancée pour les demandeurs d'emploi. Chaque Français aura le même CPF tout au long de sa vie active, sur lequel il accumulera des droits à la formation jusqu'à un maximum de 150 heures. Et ces droits seront conservés en cas de changement d'entreprise ou de perte d'emploi. Une garantie que n'offre pas le système actuel. En outre, les chômeurs«pourront partir en formation sans demander l'autorisation de Pôle Emploi s'ils mobilisent leur CPF pour ces 150 heures ou moins», ajoute-t-on au ministère du Travail. De quoi faire sauter un verrou, Pôle Emploi étant réputé pour la lenteur de ses procédures.
Application tardive
Reste un problème: avec 150 heures, il est impossible de suivre une formation vraiment qualifiante. Pour y pallier, les partenaires sociaux ont prévu que les entreprises et les pouvoirs publics complètent les droits au delà. Mais pour obtenir un abondement de la région ou de Pôle Emploi, le chômeur devra monter un dossier. Fini l'utilisation rapide du CPF! «Cette nécessité de recourir à l'abondement concernera d'abord les personnes peu qualifiées qui ont besoin de formations longues, et celles n'ayant pas accumulé leurs 150 heures, car elles ont travaillé en CDD ou viennent d'entrer sur le marché du travail. Il y a là une faille», explique le consultant Michel Fourmy. Sans parler de la nécessité d'adapter enfin la formation aux besoins des entreprises.
L'autre grande avancée de la réforme concerne les entreprises dont la contribution obligatoire au financement de la formation baissera de 1,6% à 1% de leur masse salariale. «Cela allégera les procédures. Et les entreprises investiront tout autant en formation. L'Allemagne et le Royaume-Uni n'ont pas de contribution obligatoire et dépensent davantage que nous», souligne Jean Wemaëre, le président de la Fédération de la formation professionnelle (regroupant les entreprises et associations du secteur). Seule ombre au tableau: le Medef regrette que l'effet de toutes ces mesures ne soit visible qu'en 2016.
