Les emplois d'avenir sont l'un des dispositifs-clé du gouvernement pour lutter contre le chômage et inverser la courbe d'ici la fin de l'année. Et pour ce faire, l'exécutif a fixé des objectifs chiffrés très précis : 100.000 emplois d'avenir doivent être signés d'ici la fin 2013, puis 150.000 tous les ans. Et pour l'année en cours, 20% des contrats signés - soit 20.000 emplois d'avenir - devront l'être avec des jeunes issus de Zones urbaines sensibles (ZUS). Or, seuls 4.662 d'entre eux avaient signés ce type de contrat au 31 juillet dernier, a annoncé mardi François Lamy, le ministre délégué à la Ville. "On tombe même à 10% dans le secteur marchand", a-t-il précisé.
Interrogé devant une mission d'information de l'Assemblée nationale consacrée à ces emplois aidés, François Lamy a tenté d'expliquer ce qui commence à ressembler à un échec. Selon lui, cela tient au profil de ces jeunes qu"'il faut aller chercher car ils ne sont pas inscrits à Pole Emploi". Ils sont "souvent sortis très tôt du système scolaire", cumulent des problèmes de logement, de transport, etc. De plus, dans les ZUS, certaines collectivités et associations qui pourraient souhaiter signer des contrats d'avenir ne le font pas car "elles sont en grandes difficultés financières", a avancé le ministre.
Les emplois d'avenir, créés par une loi entrée en vigueur le 2 novembre 2012, s'adressent à des jeunes de 16 à 25 ans dépourvus de tout diplôme et qualification et comportent une exigence de formation. Pour les jeunes de ZUS, une dérogation permet de les ouvrir aux diplômés jusqu'à BAC +3. Lors d'un comité interministériel en février, le gouvernement a décidé de réserver 20% de ces contrats aux jeunes résidant en ZUS en 2013 et 30% en 2014.
Au-delà des ZUS, c'est l'ensemble du dispositif qui peine à s'enclancher. A la fin août, 50.000 emplois d'avenir avaient été signés. Il reste donc quatre mois pour parvenir à l'objectif des 100.000. Une nette augmentation a toutefois été constatée au cours de l'été, François Hollande ayant décidé en juin l'élargissement des emplois aidés au secteur privé. A ce titre, les jeunes issus des zones sensibles étaient aussi concernés. Mais là encore, François Lamy a constaté "une certaine réticence des entreprises à embaucher ces jeunes", liée selon lui, à "l'image des quartiers".