Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr
Les Echos Par Leïla de Comarmond | 18 févier 2013
La tension monte autour de Pôle emploi. Avant-hier à Nantes, quelque 200 personnes ont rendu hommage au chômeur qui s'est immolé devant une agence de la ville, mercredi, tandis qu'à Saint-Ouen, en région parisienne, un autre demandeur d'emploi a tenté de se suicider. Une réunion du Comité national de liaison de l'opérateur public avec les associations de chômeurs a été convoquée le 15 mars.
Ces événements pourraient raviver une revendication ancienne de ces organisations, celle de l'entrée d'un représentant des usagers de Pôle emploi à son conseil d'administration. Une révision de la composition de ce dernier est à l'ordre du jour, mais pas dans cette direction.
Le ministre du Travail, Michel Sapin, a souhaité que le président de Pôle emploi, François Nogué, lui fasse des propositions sur son élargissement aux collectivités territoriales, acte III de la décentralisation oblige, ainsi que sur l'entrée de représentants des salariés de l'opérateur. Pour ces derniers, il s'agirait de mettre Pôle emploi en conformité avec l'esprit et non la lettre de la future loi transposant l'accord sur l'emploi qui ne concerne que les entreprises privées.
Pôle emploi a 50.000 salariés et le minimum prévu par l'accord est de 5.000 salariés. « C'est une question que nous débattons au sein du conseil et sur laquelle je ferai prochainement des propositions au ministre du Travail. déclare François Nogué. Notre conseil a cette particularité qu'il est déjà largement paritaire par construction et que les confédérations syndicales y occupent déjà une place importante. » Du côté patronal, le sujet n'en est pas un : personne ne souhaite une telle entrée. Les confédérations qui siègent en tant que telles au conseil sont, elles, divisées.
La CFDT, signataire de l'accord emploi, est pour des administrateurs salariés, mais avec une voix consultative. La CGT, non signataire mais favorable à cette disposition, est pour avec droit de vote. FO est résolument contre : « Pôle emploi n'est pas une entreprise commerciale, la composition du conseil d'administration comporte déjà des syndicats. Cela risque de le transformer en super comité central d'entreprise. »
L. de C., Les Echos