Je suis une jeune salariée de Pôle emploi. aurore-boreale@orange.fr

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Sous le pseudonyme de Richard Tréguier, un groupe de cadres de Pôle emploi s'exprime sur internet

 

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Sur le blog de Michel Abhervé  7 août 2013 (Dans les commentaires)

Richard Tréguier dit :


Bonjour,

Ne cherchez pas un Richard Tréguier à Pôle emploi car d’emblée nous pouvons confirmer qu’il n’y est pas ; il s’agit d’une manière de nous cacher derrière une identité factice tant il est vrai que paroles et écrits qui font sens circulent de plus en plus mal, sans risques pour leurs auteurs, dans la belle institution que pourrait être pôle emploi.
Manœuvre piteuse donc mais que l’impérieuse nécessité de nous exprimer nous a fait choisir néanmoins. Nous sommes un groupe interrégional de cadres de pôle emploi , pas encore réunis en association mais déjà fonctionnant en réseau de partage d’expériences et de vécus, en réseau de solidarité car la tâche est parfois rude –en interne comme à l’externe-, en réseau d’expressions critiques car là aussi réside la vie d’une institution, en réseau de propositions « petits ruisseaux » de peu de force face aux flots grondants de la Pensée Nationale, en réseau de professionnels qui veulent croire encore à leurs métiers.

La tribune (23 mars) dans les colonnes du Monde de notre Directeur Général, bienvenue quoique tardive, probablement contre-nature si l’on en juge par les propos qu’il tient par ailleurs dans ses « rencontres » régionales (en résumé : anti-syndicalisme caricatural, culpabilisation (eh oui : on a un emploi !), critique systématique et sans nuance du passé de l’institution, doutes exprimés sur l’encadrement,…), nous a amenés à quelques réflexions qui nous semblent opportunes et surtout frappées du coin du bon sens dans la situation difficile que nous connaissons actuellement.
Ce texte se veut aussi un écho de l’intérieur au texte de M..Yves Clot, publié aussi par Le Monde (7 mars) : il y a effectivement tant de choses à mieux faire !

Rien à dire sur la défense indispensable des agents de pôle emploi effectivement soumis de plus en plus fréquemment à de rudes épreuves, agressés, critiqués, calomniés de façon désormais si commune qu’on pourrait la croire organisée ; en général, les réponses apportées dans ces épreuves sont réactives : sécuritaires (vigiles, liens avec les forces de police,..) et « hygiénistes » (protection de la santé physique et psychologique des agents). La réponse professionnelle est, elle, plus difficilement audible et ce n’est pas le plaidoyer pro domo du Directeur Général avec la mise en avant de « Pôle emploi 2105 » qui y suffit, tant s’en faut et tant la mise en œuvre même de ce « projet » est elle-même source de difficultés internes.
Des organisations syndicales essaient d’aller -au delà des indispensables défense et protection des salariés- sur des questions de (bon) sens mais le dialogue social est , de part et d’autre, trop rude pour faire la place à un véritable dialogue.
Qu’on ne s’y trompe pas : toute ambition est la bienvenue et à cet égard, depuis juillet 2012, « Pôle emploi 2015» joue un rôle fédérateur dans la construction de pôle emploi, les lignes de forces en sont connues, les axes de travail aussi tandis que de récents « repères managériaux » pourraient, sous réserve d’apports d’un peu plus de « chair », en construire l’armature fonctionnelle.
Les modalités de transmission du présent texte témoignent toutefois du fait que du côté du « pari de la confiance », il y a encore des choses à faire et surtout à prouver…

Alors quoi ? Où se niche le malaise souvent exprimé, sur quoi repose le mal-être de tant de collègues et d’agents, que dit la souffrance qui surgit parfois ? Les enseignements de la fusion et ses conséquences (y compris individuelles) sont-ils tous tirés ? Où en débat-on ? Et –surtout- pourquoi les utilisateurs de nos services semblent-ils de moins en moins satisfaits (quoi qu’en disent les inénarrables enquêtes qualité) ?

Nous ne prétendons pas avoir toutes les réponses, nous voulons juste porter au sein de l’agora quelques réflexions que nous jugeons utiles au lieu de poursuivre, têtes ô combien baissées, dans cette fuite en avant technocratique.

Sur Pôle emploi 2015

Dans la mise en œuvre de cette ambition, nous subissons aujourd’hui une bousculade de projets qui tombent sur le réseau des agences chargé –par l’intermédiaire de ses cadres- de résoudre à ses frais l’équation insensée suivante : gérer : [travail quotidien de plus en plus « surbooké » (cf situation économique actuelle) + déploiement de multiples et incessants nouveaux projets et outils nécessitant de nouvelles connaissances voire de nouvelles compétences] avec : [de moins en moins de temps d’appropriation partagée + de plus en plus de critiques mais aussi (l’humain n’excluant pas le paradoxal) de sollicitations de tous niveaux]. Les équipes font face, puisant dans leurs ressources mais s’effrayant du fait que celles-ci semblent se dissoudre petit à petit dans la résignation, le défaitisme, le recroquevillement. Effectivement, le « pari de confiance » est loin d’être gagné et que dire de l’« innovation » quand celle-ci ne veut s’inspirer que de travaux gestionnaires, économiques, comptables, procéduriers : la réflexion sur les ressources et les relations humaines au travail n’est à l’évidence pas la tasse de thé de nos dirigeants qui, n’entendant qu’une cloche (la comptabilité gestionnaire), n’entendent qu’un son ( les coûts et le moyen de résorber ceux-ci). Peu avare de clinquant communicationnel, « Pôle emploi 2015 » ne nous promet-il pas une « université du management » ? Qui serait contre ? Mais pourquoi faire quand on voit combien le débat d’idées est confisqué et combien l’approche des situations est univoque ? Les nombreux cabinets externes de retour en force à la Direction Générale renforcent cette coloration « économico-gestionnaire » : une technocratie nourrie d’ « experts » extérieurs est désormais en place. Les laissés pour compte de cette approche, jugés peu fiables ou peu obéissants, jugés trop critiques ou trop « humanistes », se comptent désormais par dizaines dans nos structures, pour commencer à la Direction Générale. Les temps sont durs pour ceux qu’ils veulent juste penser leur travail et pouvoir le situer dans les exigences sociétales actuelles.

Sur l’accueil

L’actualité le démontre à l’envi : c’est un poste éminemment complexe à pôle emploi (comme ailleurs), mais avant d’être un poste, c’est aussi une fonction qui, que ce soit par téléphone ou bien en face à face, exige des aptitudes et des postures, un savoir-faire, pour tout dire des compétences, s’autorisant d’une formation spécifique. Nombre d’agents occupent parfaitement ce poste mais la réalité devenant plus complexe, c’est devenu un vrai sujet professionnel nécessitant du temps et de la réflexion ; des pistes sont tracées qui ne sont pas négligeables : construire des équipes accueil, superviser celui-ci par un membre de l’encadrement ,.., mais de formation globale en tant que telle, point ; si ce n’est des formations « orientées » vers l’accueil « difficile » (situations d’agressivité ou autres) qui renforcent en creux l’appréhension des agents. Une des nouvelles réponses complémentaires prévues serait des « bornes d’accueil » : bel exemple de mise à distance d’autrui, de refus de la rencontre et de l’écoute ; in fine, exclusion garantie de nombre de personnes encore peu au fait de ces outils et augmentation du ressentiment contre la froideur de pôle emploi. La soi-disant rationalisation poursuit son chemin, on fait dire à la technique ce que l’humain tait de plus en plus : nos technocrates patentés n’ont plus le temps ni la volonté de lire ce qui pourrait les détourner du seul chemin que leurs œillères les autorise à voir. André Leroi-Gourhan et Jacques Ellul seraient un bon début…

Nous reviendrons prochainement (si votre blog continue à accueillir notre prose) sur 1 sujet qui nous semble aujourd’hui central : la question du partenariat et la relation avec les élus (de tous bords !)


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P
Rassures toi, je ne me fais aucune illusion, ces managers "rebelles" ont eu un coup de chaud un jour mais le temps s'est rafraîchi depuis !!<br /> <br /> Ils n'ont même pas été capables d'arriver jusqu'ici, et déjà du temps de LAFUSIONPOURLESNULS ils n'étaient pas légion à venir témoigner, tous occupés qu'ils étaient à se ranger du côté de la<br /> Direction pour avoir une bonne place
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K
Paule Hochon,<br /> <br /> c'est ce qu'on appelle "petits ruisseaux" ou "grandes rivières" ?<br /> Les mystérieux "encadrant rebelles" n'ayant pas diffusé leur texte sur "les irritants" d'Aurore et leur première préoccupation étant les relations avec "les élus" je doute que tu obtiennes un<br /> réponse de leur part,<br /> mais qui sait...
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P
Vous faîtes comme vous voulez
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O
... Donc, je peux mettre les 2 commentaires pré-cités dans ma rubrique "cuisine interne"? C'est "libre de droits"?
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P
Il suffit de bien lire, celui ci était parfaitement clair, il commençait pas ces mots : "Je serai curieuse de connaître l’avis des « encadrants rebelles » sur ces 3 « organisations » mises en<br /> places et/ou à mettre en place en ILE DE France...."<br /> <br /> Néanmoins l'évolution de la fonction accueil n'est un secret pour personne, pas plus que la future agence TOUT WEB et on sait que toute équipe de management "qui se respecte" applique gentiment les<br /> consignes sans se poser de questions.<br /> <br /> Par ailleurs je suis d'autant plus inquiète que jusqu'à présent la majorité des informations diffusées "en avant première" dans des tracts syndicaux s'est avérée vraie.
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