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Un éclairage sur la mort de Jacques Potelet

 

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Le Monde  (blog de JB Chastand)  18 septembre 2013

Malaise à Pôle emploi après le suicide d’un cadre

Jacques Potelet, 55 ans, cadre de Pôle emploi, s'est suicidé en se jetant sous le TGV qui devait le mener au siège national de l'organisme, à Paris, lundi 9 septembre. Ce suicide, le troisième d'un cadre à Pôle emploi depuis le début de l'année, mais le premier qui se produit dans un cadre professionnel, a profondément choqué au sein de l'organisme.

Les syndicats, jusqu'ici très prudents, ont en effet tous convenu de demander l'ouverture d'une enquête du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) sur les circonstances de ce drame. Une demande acceptée par la direction, mardi 17 septembre. L'enquête devrait aboutir d'ici fin octobre. "Cette série de drames doit conduire à interpeller sévèrement et profondément notre institution dans toutes ses composantes", a notamment requis la CFE-CGC dans un communiqué. "Il y a actuellement une ambiance délétère à la direction générale", assure Frédéric-Paul Martin, de la section CFE-CGC de la direction générale. "S'il faut s'interdire de tirer des considérations hâtives sur ce drame, (...) Pôle emploi doit à minima investiguer sur la situation", a également écrit la CFDT, premier syndicat de l'organisme, à la direction.

Réorganisations internes

Les syndicats estiment notamment que les profondes restructurations que connaît l'organisme depuis l'arrivée du directeur actuel, en janvier 2012, a déstabilisé en interne. Après avoir géré la fusion entre l'ANPE et les Assedics, les cadres doivent en effet mener le déploiement du plan stratégique 2015 de Jean Bassères, qui prévoit de revoir en profondeur le fonctionnement de Pôle emploi. "L'encadrement est véritablement entre le marteau et l’enclume, en devant gérer simultanément la mise en œuvre de changements toujours plus urgents et les difficultés vécues quotidiennement par les agents placés sous leur responsabilité", dénonce la CFE-CGC.

Tout cela dans un contexte où les cadres, plutôt nombreux à Pôle emploi, ont dû subir des réorganisations. Le premier cadre qui s'est suicidé, en mars à Montpellier, avait récemment vécu une mutation, tout comme M. Potelet.  "Après avoir tout donné à l’établissement pendant des années, de nombreux cadres se trouvent déclassés, voire mis au placard, sans explication, sans accompagnement", estime ainsi le SNU.


"Mon mari n'a pas été placardisé"

Le malaise est d'autant plus grand au sein de l'organisme, que M. Potelet était largement reconnu pour ses qualités professionnelles dans le Rhône, où il assurait jusqu'à juillet la direction territoriale. Les syndicats de la région ont d'ailleurs rendu hommage à son travail. Début août, M. Potelet avait été muté à la direction générale. "Cette mutation était volontaire, il voulait en effet progresser dans la hiérarchie et un passage au siège était nécessaire dans cette logique", assure la veuve de M. Potelet, jointe par Le Monde. "Mais il l'a mal vécu", explique Monique Potelet, qui est persuadée que le geste de son mari est dû à des raisons professionnelles, tout en assurant que "Pôle emploi n'est pas responsable". "Je n'en veux pas aux syndicats de réagir, mais je refuse de mettre de l'huile sur le feu. Mon mari n'a pas été placardisé", assure-t-elle.

Depuis début août et sa mutation, ce cadre de l'organisme quittait tous les lundis son domicile à Bourg-en-Bresse pour la direction générale de l'organisme, d'où il revenait seulement le vendredi soir. Après avoir piloté une équipe de plusieurs dizaines de personnes, M. Potelet avait hérité d'un poste de "correspondant réseau". Bien que situé à la direction générale, ce poste n'était pas un travail de manager, mais plutôt de coordinateur avec les directions régionales de Pôle emploi.


Relations difficiles avec la hiérarchie

"Ce profil de poste ne correspondait pas à celui qu'il espérait et l'équipe de Paris ne l'attendait visiblement pas", explique Mme Potelet, qui a vu la déception de son mari grossir en quelques semaines. En plus, les relations avec sa hiérarchie directe sont difficiles : M. Potelet s'était publiquement fâché avec sa supérieure, le vendredi précédant son suicide. A cela s'ajoute le lourd sacrifice financier consenti pour obtenir ce poste : M. Potelet n'était pas indemnisé pour les nuits d'hôtel passées à Paris et n'avait pas obtenu d'augmentation de salaire, selon sa veuve.

M. Potelet n'a toutefois laissé aucun message et n'a prévenu personne de son geste. Mais les circonstances de son suicide, sur le chemin du travail, laissent penser que son malaise professionnel était réel, estiment les syndicats et Mme Potelet. "Je ne veux nullement accuser qui que ce soit, prévient toutefois Mme Potelet, je pense que le geste qu'il a accompli n'est pas propre à Pôle emploi, mais au monde actuel du travail. Cela aurait pu se produire dans n'importe quelle entreprise. Je n'en veux à personne en particulier." "Sa vie était simplement basée sur sa réussite professionnelle. Aider les chômeurs le passionnait", explique Mme Potelet, en laissant entendre que son mari n'aurait pas supporté de se retrouver en situation d'échec. La direction de Pôle emploi n'a pas donné suite aux demandes d'entretien du Monde.


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J
Bonsoir Krymsky,<br /> <br /> En revenant de ma soirée entre amis à parler du "bon vieux temps" où seuls comptaient les expéditions de grimpe à Fontainebleau, les falaises du Saussois dans l'Yonne, les hautes montagnes de la<br /> Vallée de Chamonix dont le toit de l'Europe, les Calanques de Sormiou et de Cassis mais aussi les pentes enneigées frisant la verticale descendues à ski comme le couloir des poubelles ou le derby<br /> des Grands Montets.......et de tous ceux qui ont disparu du fait de leur passion.<br /> <br /> Je reviens sur ce blog et tombe sur l'article concernant : "un éclairage sur la mort de Jacques Potelet" où j'ai pu lire l'intervention très judicieuse de Mr KRYMSKY sur le formatage du défunt<br /> expliquant cette fin inéluctable.<br /> <br /> Bonne chance à tous,<br /> <br /> Jean-Pierre NGUYEN
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K
"...sa vie était simplement basée sur sa réussite professionnelle..." "...il n'a pas supporté cette situation d'échec...".<br /> Au risque de paraître déplacé je trouve que ces paroles illustrent en effet un cas d'école du risque que Potelet portait en lui, et qui n'est absolument pas spécifique aux cadres d'ailleurs.<br /> On comprend le désarroi de la veuve bien sûr mais je ne sais pas s'il faut dédouaner la DR et la DG comme elle le fait, enfin si j'en crois l'article.<br /> Peut-être que le temps n'est pas venu encore, si près du décès.
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M
pile dans la vérité Krimsky<br /> cela a été assurément le ressenti malheureux de Jacques.<br /> j'en sais quelque chose ayant vécu en grande partie ce parcours, pas jusqu'à son dénouement dramatique heureusement. Et il est vrai que mon entourage et surtout mon époux n'avaient pas idée de ce<br /> qui se tramait intérieurement ou en tous cas pas toute l'intensité.<br /> Je me reconstruis loin de PE et ne pourrait pas réintégrer (PE n'ira plus en s'améliorant, j'y crois plus). Je témoigne pour que d'autres n'aillent pas au bout du désespoir mais acceptent d'être<br /> aidés par les pro (médecine du travail ,psy etc)<br /> comment il dit déjà<br /> "bonne chance" à vous
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K
Encore que "brusquement" c'est la mutation qui s'est passé ainsi... mais que sait-on de ce qui se passait ? La perte de sens ne datait-elle pas de plus loin ? L'impression de travailler sans y<br /> croire, de faire à contre-sens, le sentiment d'imposture du "faire-semblant ", et le silence de cet homme que l'on sent dans le témoignage de son entourage, hélas... Ces parcours vers<br /> l'autodestruction sont pas brusques, mais longs et lointains, les évènements eux sont brusques.<br /> <br /> Je pense au témoignage de Témoin, aux autres témoignages sur les remugles de la DR Rhône Alpes.<br /> Je pense au silence de la DG !
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K
Un reportage ce soir au journal de FR3 " la direction de Pole-Emploi n'a pas souhaité s'exprimer "...<br /> <br /> Et on comprend entre les lignes de ce que dit sa veuve ce qu'était Mr Potelet : ce que sont de nombreux cadres " même " à Pole Emploi : des gens totalement investis dans leur travail et totalement<br /> structurés par lui tout au long d'une carrière longue... il faut bien dire que c'est là justement parmis ces profils et ces personnalités souvent fortes, marquantes et humaines ( comme on dit...)<br /> que le risque de passage à l'acte suicidaire est le plus fort quand être au travail n'a plus de sens, brusquement.
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