En Allemagne, une salariée d'un jobcenter a vu sa requête en référé rejeté par le tribunal du travail de Hambourg (Arbeitsgericht) qui a estimé qu'elle n'avait pas pu infirmer les infractions à la loi que lui reprochait son employeur dans le cadre de son travail (avoir refusé de suspendre les aides aux chômeurs de longue durée ainsi qu'aux jeunes).
Inge Hannemann, 45 ans, travaillait depuis 2005 au sein du Jobcenter (équivalent Pole Emploi) de Hambourg-Altona (un quartier de la ville hanséatique). Chargée de faire appliquer la loi Hartz-IV et ses sanctions toujours plus nombreuses, sous la pression des statistiques toujours plus forte, elle a commencé à dénoncer les injustices de la loi Hartz-IV par courrier dès 2006 auprès du Gouvernement fédéral, puis à partir de 2011, sur des blogs (ici ou là). Son employeur, après lui avoir demandé en vain de cesser ses écrits, l'a finalement dispensé de toute activité au mois d'avril dernier au motif que son attitude pertubait la paix de l'entreprise (der Betriebsfrieden) et surtout qu'elle n'avait pas dans le cadre de son travail respecté les dispositions légales en refusant d'appliquer des sanctions aux bénéficiaires récalcitrants de la loi .
Afin de retrouver son travail, Inge Hannemann avait saisi le tribunal du travail de Hambourg qui l'a aujourd'hui déboutée de son action.
L'ancienne salariée, soutenue par des syndicalistes, des juristes, des associations de chômeurs, envisage à présent d'aller jusque devant les juridictions européennes pour faire reconnaître la loi Hartz IV contraire à la loi fondamentale allemande (das Grundgesetz) et obtenir son abrogation.
Bref rappel: la loi Hartz IV, du nom de Peter Hartz, ancien directeur du personnel de Volkswagen, est entrée en vigueur sous le gouvernement Schröder en 2005. Elle prévoit qu'au-delà de 12 mois d'allocations chômage, la personne privée d'emploi est considérée comme chômeur de longue durée et perçoit de l'Etat une aide mensuelle d'un montant dez 364€ - montant calculé au plus près par le Ministère du travail allemand - à laquelle s'ajoute le paiement plafonné à 280€ d'un logement décent - contre l'obligation d'accepter toutes les offres de travail: temps partiel, emploi payé à un taux inférieur au minimum conventionnel, et le fameux « ein euro job », etc.
L'information « dans le texte »:
- « Gerichtsentscheidung: Jobcenter darf Hartz-IV-Rebellin rauswerfen », Der Spiegel (30/07/2013)
- « Urteil gegen Hartz-IV-AktivistinKein Job beim Jobcenterhttp », Taz (30/07/2013)